Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Nilière (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "La Nilière" est située à 1 kilomètre au nord du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : sections A 3e feuille et L 3e feuille
    • Coordonnées cadastrales modernes : section W

Données historiques

Histoire et archéologie

Sur certaines cartes ou plans anciens, on trouve parfois le village de "la Nilière" nommé "la Grange Nilière".

"La Nilière", en 2019 : la ligne des bâtiments d’habitation
avec à droite le chemin menant à "Pont-de-Vie",
et le petit étang multi-séculaire vers l’extrémité duquel fut trouvé un
"trésor"en 1978 ;
Et ses agriculteurs dans les années 1950 :
Eugène Rocheteau (né en 1888) devant son journal
et Marie-Rose Praud (née en 1887), son épouse, tricotant une chaussette.

 

Avant la Révolution, "la Nilière" faisait partie de l’amenage de "Pont-de-Vie", c’est-à-dire des terres en constituant le domaine, et ainsi appartenait aux La Sayette[1]. Ceux-ci ayant alors émigré, leurs biens furent séquestrés, dont la métairie de "la Nilière" exploitée alors par Jacques Buton[2], et qui s’étendait sur 195,5 boisselées (soit environ 22,3 ha)[3]. Elle fut vendue le 9 septembre 1799 aux frères Crucy, architectes et urbanistes nantais[4], par le gouvernement révolutionnaire qui était en dette avec eux. Moins de dix ans plus tard, sous l’Empire, "la Nilière"  fut revendue à Joseph Tireau qui, entre autres biens biens nationaux, avait acheté en 1799 le château voisin de "Pont-de-Vie". Louis Gendreau, devenu par la suite propriétaire de celui-ci, acquit à son tour "la Nilière" dans les années 1860, et sa famille la conserva jusqu’en 1980. Cette proximité et cette dépendance font que l’on trouve dans les constructions (ou reconstructions) de "la Nilière", des réemplois d’éléments de charpente pouvant provenir d’anciens bâtiments du château de "Pont-de-Vie" ou de ses annexes.

Un peu avant 1900, dans un de leurs champs bordant
le chemin donnant accès à
"la Nilière",
des membres de la famille des Gauvrit, alors métayers de "Pont-de-Vie",
posent pour le photographe

(photo par Pierre Tenailleau, 1871-1938).
Et ce même endroit en juin 2017 :
le mur du pourpris de
"Pont-de-Vie"
y présente les mêmes brèches que 120 ans plus tôt.

 

"La Nilière", divisée en deux autour de 1885, a été exploitée à partir des années 1920 par la famille Rocheteau. L’une de ces fermes fut la dernière a être en métayage au Poiré. Auguste Rocheteau (1920-2004), son métayer, peu enclin au changement et vivant en bonne entente avec son propriétaire et compagnon de chasse, conserva ce statut jusqu’à sa cessation d’activité en 1980[5].

 

Autres mentions

En bordure est de "la Nilière", coule un petit ruisseau sur des terres dépendant du château de "Pont-de-Vie" et appelé "parc de l’étang". Il y existe une petite et ancienne pièce d’eau qui, en amont, a longtemps servi de lavoir. C’est près de celui-ci qu’en défrichant une haie, Eugène Rocheteau (né en 1920) a trouvé un sceau en or en 1978. Etant sourd-muet, il n’a rien dit de plus sur l’endroit de sa trouvaille.

Ce sceau (ou, au sens strict, cette "matrice de sceau") est de petite taille : 10,6 mm dans sa plus grande largeur, 15,7 mm de hauteur, et d’un poids d’environ 4 g. Sur son tenon se terminant en feuille de trèfle est gravé de part et d’autre : "amor meus" et "perennis" ("mon amour éternel"). Son empreinte mêle les lettres "F", "A" et "M", qui se rapportent très probablement aux seigneurs de "Pont-de-Vie", car vers 1560 y vivaient Charles d’Aulnis et son épouse Renée de Montauzier[6]

Les terres de "la Nilière" en 1790 (dans les 26 ha selon le cadastre)
et sur une vue aérienne (environ 1,2 x 1 km) le 27 juillet 1950.
Le sceau en or trouvé en 1978,
et l’emplacement du lavoir près duquel sa découverte eut lieu ;
une trouvaille qui ne peut que renforcer les rumeurs
courant autour d’un mythique
"trésor" du château voisin de "Pont-de-Vie"[7].

 

Sources et références

[1]

Raigniac (Guy de), De Châteaux en Logis, itinéraires des familles de la Vendée, t. IV, 1992, p. 90 sq.

 
[2]

Voir "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré" effectuées entre 1793 et 1795 auprès des habitants de "la Nilière.

 
[3]

Procès-verbal d’estimation de la métairie de "la Nilière", du 21 novembre 1798 (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212).

 
[4]

Selon Yves Cossé (La famille Crucy, 1993, 157 p.), les frères Crucy achetèrent en Vendée "dix métairies dans les cantons de Belleville et des Essarts"… ainsi que la métairie de "la Nilière" dans le canton du Poiré, et d’autres.

 
[5]

Entretiens en 2018 et en 2019 à "la Nilière" avec Claude Rocheteau, qui y est né en 1952 et qui en a été le dernier agriculteur.

 
[6]

Recherches et enquêtes sur ce sceau réalisées à cette époque par l’auteur des photos, Eugène-Marie Vincent, en particulier auprès de Guy de Raigniac.

 
[7]

Dans les années 1950, Auguste Gendreau, de "Pont-de-Vie", fit faire de vaines recherches pour trouver ce mythique "trésor". De passage peu après à "la Nilière", le Père Praud (né en 1895), beau-frère d’Eugène Rocheteau et aux dons de radiesthésiste incontestés, prétendit qu’il y avait bien "quelque chose" en terre, mais à côté de l’endroit fouillé et sans pouvoir en dire la nature. Auguste Gendreau, mortifié par son échec, jugea trop grande l’incertitude sur le lieu, sur la nature et sur l’existence même de ce "quelque chose", pour reprendre de nouvelles recherches. Seul fut conservé le souvenir de l’endroit précis repéré par Ferdinand Praud.

 

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