Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Notre-Dame de Saint-Sauveur (couvent)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Saint-Sauveur (couvent de) source : Au XVIIIe siècle, ce couvent était plus couramment appelé : le "couvent de Saint-Sauveur".


Nature(s) du lieu

Catégorie : Église, établissement religieux Masquer
Titre Image
  • Nature : Église, établissement religieux
    Précision sur la nature du lieu : couvent
  • Localisation : Le "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur" se situait entre l'Asson et l'extrémité est de la rue de Tiffauges.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 170 à 184, 191 à 200, B 208 à 217
    • Coordonnées cadastrales moderne : AH 91, 93-94, 101-102, 115 à 120, 138-139, 435 à 441

Données historiques

Histoire et archéologie

En 1626, Charlotte et Pauline de Fiesques fondèrent en ce lieu le "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur". L’année suivante, elles se firent attribuer et restaurèrent l’ancienne "église Notre-Dame", qui avait été ruinée par les guerres de Religion, et elles la convertirent en chapelle. Ces deux religieuses venaient de la Regrippière. En 1643, après d’adroites démarches, elles réussirent à quitter la tutelle de l’évêque de Luçon en rejoignant l’ordre royal de Fontevrault : question de règles monastiques ? désir de retrouver les liens de leur monastère d’origine ? volonté d’indépendance ? ou parce que dépendre cet ordre leur paraissait plus prestigieux que de n’être qu’un simple monastère diocésain ?

Elles et leurs successeurs s’efforcèrent d’agrandir leur couvent et de lui donner des moyens d’existence. En 1725, ayant atteint son extension définitive, il fut entouré d’un mur qui, en 2012, existe encore dans sa totalité.

Dès avant 1669, elles ouvrirent, en dehors de "la clôture conventuelle", un pensionnat pour jeunes filles accueillant les enfants de l’aristocratie et de la bourgeoisie locales. Elles accueillaient aussi des personnes âgées issues des mêmes milieux, qui venaient y terminer leur vie en tant que pensionnaires, telle la mère du futur conventionnel, Philippe-Charles-Aimé Goupilleau de Villeneuve. Les pensions versées par les unes et les autres s’ajoutaient aux fermages de cinq métairies et aux dots apportées par les religieuses, pour faire vivre le couvent et ses activités.


Le "
Couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur" sur un plan schématique de 1804,
avec, en bleu, quelques éléments de ce secteur de la vieille ville,
antérieurs à la fondation du couvent en 1626. (1 toise = 1,95 m)

Mais le 4 octobre 1792, le couvent fut fermé et la trentaine de ses religieuses furent mises sans ressources à la rue[1]. Pillé et incendié ainsi que les maisons voisines par Kléber le 30 septembre 1793, il fut vendu comme bien national le 31 août 1796. Il passa de mains en mains, et les propriétaires successifs en revendirent les restes comme matériaux, y compris la terre des jardins et du cimetière comme engrais. En 1814, la chapelle, le cloître et la quasi-totalité des bâtiments avaient disparu. Il fut alors acquis durablement et, sur les bases d’un des anciens bâtiments, ses nouveaux possesseurs, firent construire une demeure qui existe encore aujourd’hui, à laquelle ils donnèrent le nom de "domaine du Rocher"[2].

Par la suite, ce domaine devint une simple ferme. A la fin des années 1950, l’agriculteur qui en était propriétaire fit don à la municipalité de Montaigu de quelques restes provenant de ce couvent (tronçons de colonnes, pierres tombales…)[3]. Ils furent confiés aux services techniques municipaux, ce qui semble avoir entraîné leur destruction ou tout au moins leur disparition.

En 2012, en dehors du mur d’enceinte, il ne reste du "couvent de Notre-Dame de Saint-Sauveur" qu’une cave voûtée dans laquelle se trouve un puits, désormais recouvert, où furent jetés les cadavres coupés en morceaux de trois des chanoines de la "collégiale Saint-Maurice", massacrés le 30 septembre 1793, et dont les restes furent retirés autour de 1815 par le maçon Désiré-Martial Poulain (1782-1854)[4].

Autres mentions

Cet ancien "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur" était bordé par la "rue Notre-Dame", dont le nom fut remplacé par "rue du Vieux couvent" par ceux qui dressèrent le premier cadastre en 1814.

Illustrations

montaigu_notre_dame_de_st_sauveur_1.jpg

montaigu_notre_dame_de_st_sauveur_1.jpg


Plan de 1804 de l’ancien "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur"
(dimensions données en toises : 1 toise = 1,95 m),
sur une vue aérienne de 2009 (220 x 170 m,
© GEOPORTAIL).

[1]

Bourloton (Edgar), "Saint-Sauveur de Montaigu", in Revue du Bas-Poitou, 1906, p. 257-263.

 
[2]

Mignen (Gustave), les Religieuses Fontevristes de Notre-Dame de Saint-Sauveur à Montaigu, Bas-Poitou (1626-1792), 1902.

 
[3]

Entretien avec Philippe Bossis, actuel propriétaire et professeur émérite de la faculté d’histoire de Nantes. Relevés sur le terrain. 

 
[4]

Mignen (Gustave), l'Ancien Montaigu, conférence du 13 mars 1910.

 

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