Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Notre-Dame (église)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Sainte-Marie (église) source : On trouve aussi pour cette "église Notre-Dame", l’appellation "église Sainte-Marie"[1].


Nature(s) du lieu

Catégorie : Église, établissement religieux Masquer
Titre Image
  • Nature : Église, établissement religieux
    Précision sur la nature du lieu : église
  • Localisation : "L'église Notre-Dame" était située à peu près à l'angle est de la "rue de Tiffauges" et de la "rue du Vieux Couvent".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : dans A 177
    • Coordonnées cadastrales modernes : AH 91

Données historiques

Histoire et archéologie

L’existence de la paroisse Notre-Dame, et donc d’une église, est attestée en 1182, dans une charte de fondations de l'Aumônerie de Montaigu[2]. Elle s’étendait, à partir de la "rue de la Communauté" et de la "rue Saint-Lucas", sur la partie orientale de la ville. Il est probable qu’elle correspondait à un ancien faubourg, englobé dans la nouvelle enceinte édifiée à la fin du XIIe siècle.   

L’église de la paroisse Notre-Dame mesurait extérieurement environ 10 m sur 21. En 1568, elle fut incendiée par les huguenots et, l’année suivante, mise à mal par l’artillerie de l’armée royale, lorsque celle-ci reprit Montaigu. A la fin des Guerres de religion (1562-1598), la population de la ville ayant fortement diminué, en particulier dans sa partie est, les habitants demandèrent que les deux paroisses intramuros soient réunies : "il n’y a pas en celle de Saint-Jean six-vingt communiants et y a en celle de Notre-Dame seize communiants seulement"… un nombre trop faible pour assurer leur entretien matériel. Cette réunion devint effective en 1627[3].

Charlotte et Paule de Fiesques, religieuses bénédictines de La Regrippière, demandèrent alors qu’on leur confiât cette ancienne église fortement dégradée afin de la réparer et d’en faire la chapelle du couvent qu’elles venaient de fonder l’année précédente à Montaigu. Elle leur fut attribuée avec son cimetière ainsi que les vestiges de sa cure, et leur couvent prit le nom de "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur"[4].

En septembre-octobre 1793,  cette ex-"église Notre-Dame" subit le même sort que le reste du couvent dont elle faisait partie depuis cent soixante-six ans : elle fut pillée et incendiée par les troupes de Kléber. Dans les années suivantes, ses matériaux furent vendus en détail par ses différents acquéreurs successifs[4]. En 1814, le plan cadastral n’en montrait plus aucune trace ; son souvenir et son nom finirent par être oubliés.

Le seul objet connu provenant de cette église est la lampe de sanctuaire, autrefois à huile, suspendue depuis le début des années 1800 dans le chœur de "l’église Saint-Jean", devenue "l’église Saint-Jean-Baptiste" (photo ci-contre). Réalisée en 1745 par l’orfèvre parisien Alexis Porcher, elle avait été soustraite des confiscations opérées en décembre 1792, en conséquence des lois visant à la suppression des établissements religieux : "une femme Faverou l’emporta, cachée sous sa mante"[5]. Mise en sécurité, elle fut redonnée au culte, quand la fin des persécutions fut assurée par le Concordat.

Dans les années 1950, d’ultimes vestiges provenant de cette "église Notre-Dame" (tronçons de colonnes, pierres tombales…) furent donnés à la ville de Montaigu par le propriétaire de son emplacement[6]. Ils furent confiés aux services techniques municipaux, ce qui semble avoir entrainé leur destruction, ou tout au moins leur disparition.

Autres mentions

Avant qu’au début du XVIIe siècle "l’église Notre-Dame" disparaisse en tant qu’église paroissiale, elle avait donné son nom à la rue descendant vers le "pont Jarlet" et connue depuis 1814 sous le nom de "rue du Vieux couvent".

La porte est de la ville, la "porte de Tiffauges", était communément appelée "porte Notre-Dame" en raison de la proximité de cette église.

En plus des églises de ses différentes paroisses, Montaigu et ses faubourgs comptaient alors une demi-douzaine d’autres édifices religieux. Dans le Château subsistait au moins la crypte de l’ancienne chapelle, tandis que dans la vieille ville la "collégiale Saint-Maurice" avait été édifiée en 1613, et le "temple protestant" voisin un peu avant 1638. A l’extérieur, au-delà de la "porte Notre-Dame", se trouvait la chapelle Saint-Michel, ou ses restes, dans le cimetière du même nom. Dans le "faubourg Saint-Jacques", existaient la "chapelle Sainte-Croix", indiquée comme presqu’en ruine en 1564, et celle de Saint-Léonard qui servait de chapelle à l’hôpital[7].

Le long du "chemin de Vieillevigne", la "chapelle Saint-Lazare" dépendait encore à cette époque de la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay dont elle ne sera détachée qu’en 1726.

Illustrations

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Les églises et les limites des paroisses, de Montaigu, et ses autres édifices religieux
au début du XVIIe siècle (sur le plan d’assemblage du cadastre de 1814)
.

[1]

Aillery (Eugène), Pouillé de l'évêché de Luçon, 1860, p. 76-77.

 

 
[2]

Mignen (Gustave), Chartes de Fondations pour l'Aumônerie-Hôpital de Montaigu (Bas-Poitou), 1904, p. 22.

 
[3]

Mignen (Gustave), Paroisses, églises et cures de Montaigu (Bas-Poitou), 1900, p. 55-74.

 
[4]

Mignen (Gustave), les Religieuses Fontevristes de Notre-Dame de Saint-Sauveur à Montaigu, Bas-Poitou (1626-1792), 1902.

 
[5]

Idem, p. 121, note. 

 
[6]

Relevés sur le terrain et entretiens en 2012 avec Philippe Bossis, fils du propriétaire des lieux dans les années 1950, et professeur émérite de la faculté d’histoire de Nantes.

 
[7]

Bellouard de Jémonville (François-Frédéric), Anecdotes de la ville de Montaigu en Poitou, 1742 (Bibl. mun. de Nantes, Fonds Dugast-Matifeux, dossier 204).

 

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