Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Notre-Dame (porte)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Tiffauges (porte de) source : La "porte Notre-Dame" est parfois appelée "porte de Tiffauges". En effet, à cette porte qu’arrivait jusqu’en 1833 le chemin allant vers la ville de Tiffauges et en venant, et qui est aujour-d’hui appelé "rue de la Robinière".


Nature(s) du lieu

Catégorie : Fortification, tour Masquer
Titre Image
  • Nature : Fortification, tour
    Précision sur la nature du lieu : fortification
  • Localisation : La "porte Notre-Dame" est située à l'extrémité est de la "rue de Tiffauges", à la sortie est de la Vieille Ville de Montaigu.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 174 à 176
    • Coordonnées cadastrales modernes : AH 94, 96, 487

Données historiques

Histoire et archéologie

La "porte Notre-Dame" tient son nom de l’église et de la paroisse Notre-Dame voisines. Il est très probable que jusque vers la fin du XIIe siècle, celles-ci n’ont été qu’un faubourg hors les murs de la ville Montaigu puis, à cette époque d’essor démographique, elles furent englobées dans la nouvelle enceinte qui fut alors construite et dont on peut voir encore plusieurs tours.

Celle subsistant au nord de cette "porte Notre-Dame", le long des "douves extérieures", montre que lorsque le roi de France Louis XI décida, en 1476, d’adapter et de moderniser les défenses de Montaigu, il le fit en reprenant le tracé des fortifications antérieures[1]. Les fossés furent cependant approfondis, et les défenses des différentes portes de la ville améliorées afin de mieux résister aux progrès de l’artillerie. Ainsi la "porte Notre-Dame" fut-elle précédée d’un bastion, qui se substituait peut-être à une barbacane plus ancienne. Le dessin de ce bastion était encore nettement visible sur les photos aériennes de l'IGN des années 1950, mais sa partie sud a été nivelée depuis.

Durant la troisième guerre de Religion (1568-1570), la paroisse Notre-Dame fut particulièrement touchée en mars 1569 lors du siège de Montaigu par Charles Rouault du Landreau, ce qui aurait été la cause de son irrémédiable déclin. Les fortifications au sud de la "porte Notre-Dame" furent bombardées par des canons positionnés à quelques centaines de mètres de là, sur "l’Ouche aux canons", de l’autre côté de l’Asson. La brèche faite dans les remparts, et encore visible en 2016, permit aux assiégeants d'entrer dans la ville et d’en chasser les huguenots qui l’occupaient depuis l’année précédente : "On fit venir du canon de Nantes, la tranchée fut ouverte vers un moulin en face de la porte de la ville : on dressa encore une batterie du côté de l'étang. La garnison, qui n'était que de 50 hommes, abandonna la brèche et se sauva dans le château ; la ville fut prise et saccagée"[2].

Trois siècles plus tard, en 1847, ce qui subsistait de la "porte Notre-Dame" proprement dite, en mauvais état, s'écroula lors d’une nuit d’orage, et les derniers vestiges en furent détruits vers 1970 afin d’élargir la "rue de Tiffauges" de quelques dizaines de centimètres.


La "porte Notre-Dame" de Montaigu en 1841.
En arrière-plan : la
"rue de Tiffauges" et le clocher de l’ancienne "église Saint-Jean"
(dessin de Fortuné Parenteau, 1814-1882)[3].

 

Autres mentions

Le 12 août 1943, dans la maison contiguë de l’ancien bastion de la "porte Notre-Dame", les occupants allemands arrêtèrent Raymond Deflin. Né à Saint-Dié en 1884, réfugié à Montaigu, il était responsable pour la Vendée du mouvement de résistance Libération Nord. Après avoir été emprisonné à la Pierre levée de Poitiers, il fut déporté en Allemagne à Buchenwald. Libéré, très affaibli, le 29 avril 1945, il décéda à Nice en janvier 1969[4].

Illustrations

montaigu_notre_dame_porte_2.jpg

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La "porte Notre-Dame" (ou "de Tiffauges") et son bastion en 1814, 1950 et 2009
(vues aériennes de 2009 et 1950, environ 200 x 200 m,
© GEOPORTAIL, et extrait du cadastre de 1814).

[1]

Entretiens en 2012 avec Philippe Bossis, professeur émérite de la faculté d’histoire de Nantes et originaire de cet endroit même de Montaigu.

 
[2]

Cité par Boutin (Hippolyte), in Chronique paroissiale de Montaigu, 1895. 

 
[3]

Parenteau (Fortuné), Carnet à dessins, 1841, 146 p. 18,5 cm de large sur 14,8 cm de haut, p. 52, collection particulière.

 
[4]

Coutaud (André), "Montaigu traversé par la Résistance", in Recherches vendéennes, n°11, 2004.

 

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