Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Olivettes (esplanade des)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Calvaire (promenade du) source : Avant 1836, on utilisait pour cet endroit les noms de "Promenade de la Croix" ou de " Promenade du Calvaire". Plus tard on utilisait celui de "la Promenade" ainsi que celui de "Promenade des Olivettes". En 2012, on utilisait plus brièvement le nom de "les Olivettes".


Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
Titre Image
  • Nature : Voie de communication (rue)
    Précision sur la nature du lieu : "L'esplanade des Olivettes" est une esplanade bordée d'arbres.
  • Localisation : "L’esplanade des Olivettes" est la promenade bordée de marronniers qui longe, à l'est, les "Douves extérieures" de Montaigu, de la "place de la République" à la "rue de la Robinière".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AE

Etymologie

"À son origine, la rue des Olivettes était bordée par des vignes dont les grains de raisin ressemblaient à de petites olives, d'où son nom" (Ouest-France, 22 août 2011 : entretien avec Alexandre Marchand, animateur-patrimoine de Montaigu).

Données historiques

Histoire et archéologie

Avant 1789, "l'esplanade des Olivettes" était comprise dans la "rue des Fossés" ou "Champ de foire", dont elle constituait le prolongement au-delà de la route de Clisson. Ce lieu était planté d’arbres, ou peut-être de treilles (ce qui pourrait être à l’origine de son nom) comme sur le célèbre champ de foire de L’Herbergement à la même époque. Au milieu de cette esplanade, on avait érigé en 1774 un calvaire constitué par une croix de fer établie sur un monticule de terre et de pierres, et qui avait peut-être eu un prédécesseur. Cela valait à cet endroit d’être aussi appelé la "promenade du Calvaire"[1].

Sur l’espace plat, d’environ 20 m sur plus de 60 m, allant de ce calvaire au chemin de Clisson, se trouvait alors un jeu de paume en plein air qui ne survécut pas à la Révolution[2]. La présence de ce jeu dans la région n’était pas quelque chose de récent. Ainsi, le 7 février 1637, François-Nicolas Dubuisson-Aubenay, qui venait de Nantes pour parcourir les Marches de Poitou et de Bretagne, et passait à Vieillevigne y décrit le château situé à environ 4 km à l’ouest du bourg : "La maison est assise en une plaine, avec basse cour et avant cour entourées de fossés à eau ; puis le logis de deux pavillons, à dessin de quatre ; à vue des fenêtres, le jardin, puis un jeu de longue paume et, le long d'un bois de haute futaie, un pail mail…"[3]. Un siècle et demi plus tard, en 1772, une procuration faite par le Marquis de Juigné, parle d’un "terrain qui est au-dessus du fossé du Château dit Le jeu de Paume"[4], indiquant qu’un autre jeu de paume, alors disparu, avait existé précédemment sur l’actuelle "place Louis-Marie de La Revellière-Lépeaux".

C’est devant ce calvaire situé sur "les Olivettes" que, le mardi 6 avril 1790 en début d’après-midi, la "milice nationale" locale prêta un "serment civique" devant la nouvelle municipalité, le clergé et les habitants de Montaigu, après quoi tout le monde se joignit à ce serment puis se rendit dans "l'église Saint-Jean" pour y chanter un Te Deum, entonné par le doyen de la "collégiale Saint-Maurice". Le déroulement de cette cérémonie est relaté à cette date dans le registre des naissances, mariages et sépultures de 1790 de la paroisse Saint-Jean[5].

En 1836, le Conseil municipal, décida de déplacer cette croix de fer à l’autre extrémité des "Olivettes", près de l’ancienne "porte Notre-Dame", et il fit aplanir le terrain avant d’y planter des arbres[6]. Au moment des foires, la partie de "la Promenade" proche de la route de Clisson fut dès lors utilisée pour accueillir les vaches et les veaux.

Ce n’est à partir de 1837 que l’on trouve dans les registres des délibérations du conseil municipal l’utilisation du terme de "promenade des Olivettes" pour ce lieu.

Jusqu’au début de la deuxième moitié du XXe siècle "les Olivettes" accueillaient les "gens du voyage" lors de leurs passages à Montaigu. Ils étaient à cette époque, communément appelés : "Bohémiens" ou "Romanichels". Elles étaient aussi un lieu qui avait une plus ou moins bonne réputation[7].

Autres mentions

"L’impasse des Olivettes" est le nom donné à une venelle débouchant au milieu des "Olivettes".

Illustrations

montaigu_olivettes.jpg

montaigu_olivettes.jpg


Au XIXe siècle, "l’esplanade des Olivettes" était un lieu de promenade
qui faisait la fierté des élus municipaux de Montaigu.
C’est surtout entre les deux guerres que des constructions s’y développèrent.
(photos prises vers 1950 et en 2012,
de l’endroit où se trouvait le jeu de paume de Montaigu avant 1793)

[1]

Plan géométrique du champ de foire de Montaigu, 1786, Archives Nationales (CP / N / III / Vendée / 1). 

 
[2]

Mignen (Gustave), les Maîtresses et Maîtres d'école de Montaigu avant et depuis 1789, p. 66, note.

 
[3]

Dubuisson-Aubenay (François-Nicolas), Itinéraire de Bretagne en 1636, éd. 1902, t.2, p. 162. Le "pail-mail" (prononcer "paille-maille") était lui aussi un jeu d’origine médiévale, utilisant une boule de bois et un maillet ("mail"), et se pratiquant sur une large allée.

 
[4]

Minute du 15 février 1775 d’André Bégaud, notaire à Montaigu (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 27/231). 

 
[5]

Registre paroissial de Saint-Jean, 6 avril 1790 (Arch. dép. de la Vendée : BM Nantes). Le "serment civique" en question était un "serment de fidélité à la Constitution" demandé aux milices locales appelées aussi "gardes nationales" par les députés de l’Assemblée constituante le 7 janvier 1790.

 
[6]

Délibérations du conseil municipal, 6 août 1836 (Arch. dép. de la Vendée : 146 D1).

 
[7]

Entretiens en 2012 avec Denise Favreau-Bourquie (1920-2015), née et ayant toujours vécu à Montaigu.

 

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