Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Ouche aux Canons (l')

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Terre agricole (hors vigne) Masquer
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  • Nature : Terre agricole (hors vigne)
  • Localisation : "L'Ouche aux Canons" était située entre les actuelles rue de Bel-Air et rue du commandant Delahet.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : B 294, 296 à 302
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AH

Etymologie

Dans la région, une "ouche" désignait un champ qui, situé à proximité d’un lieu habité était fertilisé par les effluents des étables. En conséquence, il était généralement cultivé d’une année sur l’autre, en continu. Un pré pareillement situé et avantagé était appelé une "noue", et il était souvent aussi qualifié de "pré gras". 

Données historiques

Histoire et archéologie

Lors de la troisième guerre de Religion (1568-1570), Montaigu avait été occupé le 3 mars 1568 par les protestants qui ravagèrent tout le pays environnant : églises et autres monuments religieux incendiés, traitements les plus indignes infligés aux gens soupçonnés de catholicisme, vols et meurtres… Pour y mettre bon ordre, les gouverneurs de Nantes et d’Angers décidèrent d’envoyer une armée sous le commandement de Charles Rouault du Landreau. Au début de 1569, après avoir vainement tenté un assaut contre la "porte Nantaise", celui-ci réussit à obtenir la reddition de Tiffauges aussi occupé par les protestants. Revenu devant Montaigu et ayant reçu de Nantes le renfort d’artillerie, il plaça ces canons dans un champ au sud de "l'étang Saint-Michel" qui occupait à l’époque le creux du vallon de l'Asson, et il entreprit de faire une brèche dans les fortifications près de la "porte Notre-Dame" située de l’autre côté, à moins de 300 m (distance à mettre en rapport avec la portée utile limitée des canons d'alors) : "Landreau […] conseilla de remuer l'artillerie vers l'étang, ou ayant divisé leur batterie, firent telle brèche qu'aucun ne s'y osèrent présenter pour la débattre, tellement que avertis par le son de la clochette, que la vedette qui était au donjon leur fit, pour signal qu'on écholait la muraille par un autre endroit, tous se retirèrent au château […]"[1]. C’était le 23 mars, la ville était prise et les assiégés réfugiés dans le Château, en nette infériorité numérique et en plein désarroi, capitulèrent dès le lendemain.

C’est de ces siège et prise de Montaigu que "l’Ouche aux Canons" tire son nom. Il n’est cependant pas certain que les différentes parcelles ainsi nommées par la suite[2] correspondent rigoureusement au positionnement des canons de 1569.

Autres mentions

C’est aussi probablement de ces événements de 1569 que peut être datée la ruine du moulin à eau qui était sur l’Asson, un peu en amont de la queue de l’ancien "étang Saint-Michel", et dont on voit encore des vestiges en 2016 : éléments de radier, reste d’un mur avec l’entrée voutée du coursier, canal d’amenée d’eau…
Il arrive encore que l’on trouve des boulets métalliques de canons dans les champs, ici ou là autour de Montaigu. Bien qu’on n’ait que peu d’indices pour les dater, ils semblent plus récents que ceux qui furent utilisés lors des guerres de Religion à partir de "l’Ouche aux Canons". En voici, ci-dessous, quelques-uns rassemblés par Frédéric Girard[3]. Leurs diamètres, plus ou moins réguliers, sont autour de 40 mm, 60 mm, 92 mm, 130 mm, ce qui correspondrait à des canons de calibres de : 1, 2, 6, 16 livres (une livre pesant environ 489 g).

Illustrations

montaigu_ouche_aux_canons_2.jpg

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"L’Ouche aux Canons" sur une vue aérienne de 2009 (environ 290 x 580 m, © GEOPORTAIL),
avec en face : l’église et la porte Notre-Dame, les remparts et les douves, l’étang Saint-Michel, 
comme ils se trouvaient lors du siège de Montaigu au début de l’année 1569.
Au nord de la vue, la rue de Tiffauges, et au sud de la vue, la rue de Bel-Air.
En bas à droite, les petites parcelles de
"l’Ouche aux Canons" sur le plan cadastral de 1814.

[1]

La Popelinière (Henri Lancelot Voisin de), Histoire de France depuis l'an 1550 jusqu'à ce temps, édition 1582, tome 1er, livre 2nd, p. 368-372. 

 
[2]

Plan, état de sections et matrice du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146). 

 
[3]

Frédéric Girard est brocanteur professionnel, natif de Montaigu où il exerce son activité ("Antiquités Brocante", 56bis, avenue Villebois-Mareuil), et bon connaisseur du patrimoine local.

 

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