Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Poiré-sur-Vie, Le > Petits Oiseaux (les)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Les Petits Oiseaux" sont situés à 7,5 km à l’est-sud-est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section D, 2e feuille (cadastre du Poiré)
    • Coordonnées cadastrales moderne : section ZT (cadastre de Belleville)

Données historiques

Histoire et archéologie

Le village des "Petits Oiseaux", est situé en bordure de la commune de Dompierre. Il a été de la commune du Poiré jusqu’en 1850, date à laquelle il fut réuni à celle de Belleville, avec dix-huit autres villages, tels que "l’Aubonnière", "la Basse Sauvagère", "le Bossé", "Lande Blanche", "les Tuileries" ou "le Deffend"…

Vue des "Petits Oiseaux" en 2019, cinq ans après la fin de son activité agricole.
Et l’extension de sa métairie avant la Révolution et en 1836.
(Institut Géographique National, 2014 ; environ 1540 x 1300 m)

Avec ce dernier village et celui de "la Vieille Verrerie", il a fait partie jusqu’en 1857 des domaines des gentilshommes-verriers de "Rortheau" : d’abord les Bertrand, venus y installer leur activité au XVe siècle, puis les Rossy, et enfin, au début du XIXe siècle, à l’héritier de ceux-ci, Zénon Turbulent Brunet de la Grange[1].

Lors de la Révolution, le passage des troupes républicaines ne laissa de la maison principale "que les murs encore en est-il de tombé", tandis que les autres bâtiments étaient "en masure [en ruine] et le reste incendié". Les propriétaires étant considérés émigrés ou rebelles, les "Petits Oiseaux" et leurs autres biens furent séquestrés comme biens nationaux. Leur mise en vente, retardée par la persistance locale de la résistance ne put débuter qu’en 1798-1799[2]. N’ayant pas encore trouvé preneur quand furent décrétées les lois d’amnistie de 1800, les "Petits Oiseaux" revinrent alors à leurs anciens propriétaires.

En 1836, sur les 25 ha de l’unique métairie des "Petits Oiseaux", 10,7 ha étaient qualifiés de landes[3]. Quatre grandes parcelles qui n’étaient pas sous utilisées pour autant, vu les besoins en "fagots de fournille" des tuileries voisines de "Monicq" et surtout de "Lande Blanche".

Au début du XXe siècle, les "Petits Oiseaux" furent partagés en deux métairies de 18 ha et vers 1920, une nouvelle grange et une nouvelle maison furent construites. En 1960 Joseph Thomas, qui avait dû quitter La Roche en raison de l’expansion urbaine, acheta la première et s’y établit, la seconde disparaissant quelques temps plus tard. Son fils lui succéda de 1982 à 2014 et y sera le dernier agriculteur[4].

Autres mentions

La métairie des "Petits Oiseaux" ayant été un bien national, on en connait la composition en 1798 grâce à l’estimation qui en a été faite à cette date par H.-J. Caillé (1753-1804) et par le notaire A.-Ph. Danyau (1762-1813). L’un et l’autre étaient qualifiés pour ce travail, étant tous deux bons républicains, propriétaires fonciers nantis, et ayant de ce fait été nommés membres de l’administration de la municipalité cantonale du Poiré. Sa surface totale était de 80 boisselées ; soit 9,12 ha[2], "l’hectare valant 8 boisselées 232 toises mesure locale" (soit 1 boisselée = 0,114 ha)[3].

Chose exceptionnelle, trente-huit ans plus tard on peut retrouver chacune des parcelles de cette estimation lors de la levée du cadastre du Poiré en 1836, le périmètre de la métairie n’ayant pas changé, et chacune d’elles s’y retrouvant sous son nom de 1798. La seule différence se trouve dans leurs surfaces qui, au total, est de 25 ha en 1836, le cadastre donnant à chaque parcelle une surface deux à trois fois plus grande qu’en 1798[2].

Cette comparaison ne peut pas être faite parcelle par parcelle pour les villages voisins du "Deffend" et de "la Vieille Verrerie", eux aussi ex-biens nationaux, les noms de celles-ci ne pouvant être repérés. Cependant, "le Deffend" est estimé 150,25 boisselées (17,3 ha) en 1798 et est mesuré 67 ha en 1836 ; et "la Vieille Verrerie" 135 boisselées (15,4 ha) et 34 ha.

De même, les terres d’autres ex-biens nationaux comme celles dépendant de "la Bouchère" ("la Bouchère", "la Noue", "la Flotterie" et "la Loge") sont estimées, toujours par les mêmes, 660 boisselées (75 ha) en 1798, et mesurées 210 ha en 1836. Et celles, dans le même cas, dépendant de "la Métairie" (les quatre métairies de ce village et celle de "la Brossière") estimées, encore par les mêmes, 817 boisselées (93 ha) en 1798, et mesurées 162 ha en 1836… Le rapport hectare / boisselée indiqué sur le cadastre vérifié, il est possible qu’on soit en présence d’erreurs intentionnelles de la part des estimateurs qui, avec leurs relations, faisaient partie des acquéreurs des biens qu’ils avaient eu à estimer auparavant.

Entourées en rouge, les terres sur le Poiré (126 ha) à la fin du XVIIIe siècle,
des Rossy, de
"Rortheau",
et entourées en vert, celles dépendant à la même époque de "la Bouchère" (210 ha).

[1]

Raigniac (Guy de), De Châteaux en Logis, 1998, t. VIII, p. 39 et 192 ; voir en particulier la succession des propriétaires de "Rortheau" et des terres en dépendant, dont "le Deffend", "la Vieille Verrerie" et "les Petits Oiseaux".

 
[2]

Comparaison des "Petits Oiseaux" en 1836 et en 1798 (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212).

 
[3]

Plans et registres cadastraux de 1836 du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178).

 
[4]

Entretiens en 2016 et en 2017 avec Jean-Luc Thomas, dernier agriculteur des "Petits Oiseaux".

 

Nous écrire