Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Pierre blanche (moulin de la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Moulin à vent Masquer
Titre Image
  • Nature : Moulin à vent
    Précision sur la nature du lieu : moulin
  • Localisation : Le "moulin de la Pierre blanche" se situait à un kilomètre et demi à l’ouest du village de "la Grande-Roulière".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : K 536
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section Z

Données historiques

Histoire et archéologie

Le "moulin de la Pierre blanche" était à 1,5 km du village le plus proche. Il existait déjà au début du XIXe siècle mais est aujourd’hui disparu. Il était accompagné d’un petit "toit" bâti sur la parcelle voisine alors en lande[1].

Comme souvent pour les moulins, il appartenait conjointement à plusieurs propriétaires. Ainsi en 1836, trois meuniers se le partageait pour un tiers chacun : Etienne Gillaizeau et Louis Gillaizeau de "la Grande-Roulière", et Joseph Jauffrit de "la Prévisière"[1]. Quand il fut démoli en 1909, il appartenait à Victor Bouhier qui était maçon au "Cerny"[2].


Photo du "moulin de la Pierre-blanche", prise autour de 1900,
très probablement par Pierre Tenailleau (1871-1938)[3]
.

En 1989, on pouvait encore voir l’emplacement du moulin marqué par un rond de chardons, des restes de murs de son petit "toit" et quelques morceaux de meule[2]. Il n'en subsistait plus rien vingt-cinq ans plus tard.

On racontait autrefois une histoire curieuse sur ce "moulin de la Pierre blanche". Le lundi 29 juillet 1901, sur les coups de midi, un violent orage y éclata, obligeant le meunier et plusieurs de ses amis de passage à s’y réfugier. Parmi eux se trouvait Pierre Guillet (né en 1866), de "la Grande Roulière", avec le plus jeune de ses enfants, Edmond, qui venait d’avoir deux ans. Alors qu’espérant y être à l’abri tous s’y tenaient assis, la foudre tomba sur le moulin : elle tua le père mais elle épargna le fils qui se trouvait sur ses genoux[4].

Cette histoire avait fini par confiner à la légende, mais elle se trouve être confirmée et précisée par la presse de l’époque :
"L’orage de lundi a causé une véritable catastrophe près du Poiré-sur-Vie. La foudre est tombée sur un moulin situé à la Pierre blanche, commune du Poiré-sur-Vie. Treize personnes à la récolte d’un champ de blé, qui avaient été surprises par l’orage s’étaient réfugiées dans ce moulin. Les treize personnes ont été couchées à terre par un coup de tonnerre épouvantable. Au bout de quelques instants huit personnes seulement ont pu se relever saines et sauves. Elles constatèrent immédiatement que la foudre avait tué deux de leurs compagnons dont l’un, nommé Guillet Jean, cultivateur, âgé de 36 ans, laisse une veuve et quatre enfants en bas âge. Trois autres avaient été grièvement blessées. Ce terrible accident a jeté la consternation dans la région où les victimes étaient très estimées."[5]
Les articles des autres journaux locaux comportent de sensibles variantes quant à la relation de l’événement, ainsi :
"Lundi, pendant un violent orage, trois hommes ont été foudroyés [au Poiré-sur-Vie]. L’un d’eux prenait son repas dans un moulin, son enfant sur ses genoux. L’enfant n’a rien éprouvé. L’inhumation des victimes a eu lieu mardi soir à quatre heures."[6]
D’autres encore évoquent les brûlures causées par la foudre, l’état désespéré de M. Rocheteau, ou… un chien lui aussi foudroyé[7].


A environ 500 m vers le nord-ouest : le "moulin de la Pierre-blanche" ;
  en hiver entre 1902 et 1909, date de sa démolition
[3].
Le maillage des haies semble avoir été à cette époque plus lâche
qu’il ne le sera dans les années 1950-1960, avant la période de remembrements
.

Autres mentions

Au début du XXIe siècle, alors qu’il ne reste du "moulin de la Pierre-blanche" que son souvenir - et encore ! - son emplacement se trouve être dans l’alignement des six éoliennes toutes proches, installées entre 2003 et 2007 sur la commune voisine de Beaufou, et qui sont désormais omniprésentes dans le paysage local.

Ce site venté car légèrement prééminent avait en son temps justifié l’implantation d’un moulin. Ces deux caractéristiques expliquaient qu’il soit éloigné de toute zone habitée. Autour de l’année 2000, ces mêmes caractéristiques ont fait partie des raisons qui l’ont fait choisir pour y installer un "parc éolien"..


Les éoliennes du "parc éolien de Beaufou" mis en service en décembre 2007,
vues en 2016 de l’emplacement de l’ancien
"moulin de la Pierre blanche".
Leurs localisations sur un extrait de carte de l’IGN [8],
à la limite entre les communes de Beaufou et du Poiré-sur-Vie
(environ 4,5 km sur 1,6 km).

[1]

Plan, états de sections et matrices du cadastre de 1836 du Poiré-sur-Vie (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 178).

 
[2]

Vincent (Eugène-Marie), les Moulins du Poiré-sur-Vie, 2012, 42 p. Cette étude inédite, mais exhaustive et incontournable, s’appuie sur la carte de Cassini, les documents cadastraux, les registres d’impositions et des relevés systématiques sur le terrain.

 
[3]

Négatifs sur plaques de verre, 13 x 18 cm, entre 1898 et 1908 (collection particulière). Des enquêtes et repérages sur le terrain ont, en 2016-2017, précisé leurs localisations et datations.

 
[4]

Témoignages nombreux et divers en 2016, confirmant des entretiens des années 1970 avec Mme Marie-Antoinette Remaud (1908-2001, cafetière dans le bourg du Poiré-sur-Vie), qui en son temps a confié les deux photos de ce moulin et ses parges vers 1900. Une enquête généalogique a permis de rétablir les souvenirs devenus un peu incertains d’Edmond Morinière de "la Grande Roulière". Né en 1926, celui-ci est par sa mère un petit-fils de Pierre Guillet (lequel avait, comme son père, "Jean" comme premier prénom à l’état civil).

 
[5]

Journal des Sables et Courrier de la Vendée réunis, du jeudi 1er août 1901. L’état civil de 1901 du Poiré, donne le nom de l’autre mort qui était Pierre Loué, âgé de 62 ans, veuf et vivant seul à "la Grande Roulière".

 
[6]

L’Avenir et l’Indicateur de la Vendée, du jeudi 1er août 1901, et le même entrefilet dans l’Étoile de la Vendée du même jour.

 
[7]

Cf. Le Patriote de la Vendée, du dimanche 4 août 1901, et l’Étoile de la Vendée du même jour.

 
[8]

Institut géographique national, cartes au 1 : 25 000, 1225 E "Legé - Palluau", et 1226 E "le Poiré-sur-Vie - Aizenay", éditions 2008.

 

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