Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Chaillé-les-Marais > Plessis (le)

Graphies connues

le Plessis (vers 1800) source : carte de Cassini


Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : écart
  • Coordonnées
    • Coordonnées LAMBERT : 344-2157

Données historiques

Histoire et archéologie

La cabane du Plessis, avec ses bâtiments et ses 84 arpents (environ 28 ha), est située au village du Sableau, dans le marais aux Ablettes[1] ; elle appartient en 1735 à Marguerite Bodillon, épouse de Pierre Savignac, sieur des Roches, qui demeure à Niort ; elle est baillée à ferme à Paul-Louis Blanchet pour lui, son épouse Marie Gaudineau et son père, Pierre Blanchet, déjà fermier de la cabane du Bot-Nau (Petit-Poitou)[2] contre 500 livres ; les menus suffrages sont de 10 livres de beurre en pot, 10 livres de lin en poupée, 2 dindons. Mais le fermage ne doit commencer qu'à la Saint-Michel de 1738[3] et se poursuivre jusqu'en 1745[4].

Le contrat de mariage de Paul-Louis Blanchet "laboureur" et Marie Gaudineau stipule, en 1730, que les apports de la proparlée sont de 200 livres qui comptent pour un quart du montant mobilier de la nouvelle communauté, constituée des mariés, de Pierre Blanchet et Marie Pageaud, parents du futur[5].

Après le décès de Marie Pageaud en août 1735[6], le ménage élargi s'est perpétué jusqu'en 1738 et agrandi par de nouvelles naissances[7]. Mais leurs engagements, ou plus probablement les activités de marchand de Pierre[8] et de Paul-Louis[9], ont mal tourné avant leur entrée en jouissance de la cabane du Plessis.

En juin 1737 encore, Pierre-Paul avait pu racheter la part de l'héritage maternel d'un frère, Pierre, "journalier"[10] ; mais en mars 1738, pour protéger le plus de biens possibles, la communauté, initiée en 1730, est dissoute et les biens partagés, y compris la jouissance de la cabane du Bot-Nau qui doit théoriquement durer encore 4 ans[11]. Pourtant, un mois plus tard, c'est encore la communauté qui cède à Louis Biaille de la Roulière une pièce de marais inondé ; les 607 livres de la vente venant en déduction d'une dette de 1420 livres pour vente de blé aux vendeurs par l'acheteur[12].

Paul-Louis Blanchet devenu insolvable, a cédé une partie de ses meubles à son épouse par sentence du 24 avril 1738 qui prononce la séparation de biens[13] ; n'ayant plus ni domicile ni meubles, il est accueilli par Marie Gaudineau comme "pensionnaire" à la cabane du Bot-Nau, pour l'amitié qu'elle lui conserve, et contre 90 livres par an[14], mais quelques semaines plus tard, le bail de la cabane est résilié en raison "de l'état triste et fâcheux dans lequel ils se trouvent"[15] ; il est parti pour Rochefort et devenu soldat dans une compagnie franche de marine lorsque les ventes à Louis Biaille reprennent pour solder la dette de l'ancienne communauté [16] ; il doit vendre ses terres propres pour réduire ses autres dettes [17] et on retrouve son père, Pierre, laboureur à Vouillé [18].

Paul-Louis Blanchet doit encore reconnaître trois obligations personnelles, pour d'autres achats de blés et marchandises  : une envers René Seguin, une envers la communauté de Louis Seguin et René Couzinet, la dernière à l'égard de Jean Faivre l'aîné, lui-même "marchand" à Puyravault ; le total de ces trois dettes se monte à 1200 livres, mais est réduit à 890 : les prêteurs ont examiné le peu de valeur des biens et effets qu'il possède et disent vouloir bien contribuer à son nouveau rétablissement : il s'engage à leur payer des versements jusqu'à Noël 1743[19]. Le total des dettes repérées, après vente des terres et réductions, se montait encore à plus de 1850 livres ; leur montant "brut" retrouvé s'était élevé à 2770 livres[20].

Marie Gaudineau, désormais séparée quant aux biens de son époux, achète dès 1739 trois chambres basses et contiguës au Sableau contre 190 livres[21]. La communauté Blanchet-Gaudineau ne s'est donc jamais installée à la cabane du Plessis[22]. Étourneau et Bureau, les deux bœufs, n'en ont pas labouré les terres.

Sources et références

Notice historique fournie par Ph. Moreau (déc. 2021)

[1]

marais desséché vers 1650, peu après celui du Petit-Poitou. voir Yannis Suire, Le Marais Poitevin une écohistoire du XVIe à l'aube du XXe siècle, C.V.R.H., 2006, p. 65.

 
[2]

ferme de la cabane du Bot-Nau à Pierre Blanchet, Paul-Louis Blanchet et Marie Gaudineau ; la cabane appartient à Jeanne Goupilleau, veuve d'Etienne Robert, vivant lieutenant général au siège de Fontenay. La ferme commence à la Saint-Michel 1736 et est censé s'achever à la Saint-Michel 1741. Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 55, René-Eloi Robin 1725-1741, 21 août 1735, vues 84-85/156

 
[3]

Au printemps 1738, c'est François Ouvrard qui demeure à la cabane du Plessis en communauté avec sa belle-mère, malgré le précoce décès de son épouse. La communauté, formée en février 1737, est dissoute le 21 mars 1738. Voir Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 57, Jean Morisset 1736-1741, 21 mars 1738 : dissolution de communauté entre François Ouvrard et Marguerite Bouhier, vues 147-148/258.

 
[4]

Bail passé devant Morisseau et Sabourin, notaires à Niort, le 31 décembre 1735, voir Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 53, Louis Buhaud 1735-1737, 28 janvier 1736 : ratification du bail par Pierre Blanchet et Marie Gaudineau, vues 45-46 /145.

 
[5]

voir Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 51 Louis Buhaud 1726-1730, 20 mars 1730 :  contrat de mariage de Paul-Louis Blanchet, laboureur, et Marie Gaudineau, fille de maréchal, passé au village du Sableau, vues 289-290/340.

 
[6]

Pierre Blanchet est bien dit "cabanier" dans l'acte d'inhumation de son épouse (Arch. dép. Vendée, état civil, Chaillé-les-Marais B.M.S. 1734-1737, 8 août 1735, vue 37/75). Celle-ci avait fait rédiger son testament dans la maison de la cabane du Bot-Nau, le 8 août 1735 : une grand-messe, si faire se peut, puis 12 services et 60 messes basses de requiem, le plus promptement que se pourra (Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 56, Jean Morisset 1729-1735, vues 234-235/246. Le testament de Pierre Blanchet, gisant au lit, malade de maladie corporelle, quelques semaines après le décès de son épouse, contient à peu près les mêmes souhaits (cf. minutes du notaire Louis Buhaud 1735-1737, précité, 29 septembre 1735, vues 30-31/145.)

 
[7]

Marie Gaudineau est en outre la tante paternelle de François Gaudineau (1753-1806), futur curé constitutionnel de Champagné-les-Marais. Elle avait dicté un testament dès 1731, alors qu'elle demeurait, elle aussi, à la cabane du Bot-Nau : une grand-messe si faire se peut, une messe de huitaine, 6 services le plus tôt qu'il se pourra, un service du bout-de-l'an, et 40 messes basses de requiem aussi tôt que faire se pourra (Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 52, Louis Buhaud 1731-1734, 5 novembre 1731, vues 68-69/271

 
[8]

En février 1737, Pierre, le père, lorsqu'il prend à ferme les terres d'un bûcheron, ne se présente pas comme "laboureur" ou "cabanier" mais comme "marchand". Voir Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 71, Jean Garnier 1729-1737, 4 février 1737 : ferme de Pierre Garnier à Pierre Blanchet, vues 3-4/4. 

 
[9]

Pierre-Louis se dit déjà  "marchand" en janvier 1736, lors du partage des biens de sa mère ; son père est encore présenté comme "laboureur" (voir minutes de Louis Buhaud, précité, 15 janvier 1736 : partage des biens de Marie Pageaud, vues 34-38/145).

 
[10]

Son père reconnaît que l'achat, pour 183 livres, est fait grâce à l'épargne de son fils et qu'il ne prétend rien dans cette acquisition, bien qu'ils soient en communauté (voir minutes Louis Buhaud, précité, 17 juin 1737, vues 120-121/145.

 
[11]

La part de Pierre Blanchet est évaluée à 750 livres, celle du couple à 450. Voir Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 57, Jean Morisset 1736-1741, 10 mars 1738, vues 145-146/258.

 
[12]

Acte passé au Bot-Nau ; l'acquéreur est le fermier de la commanderie de Puyravault et versera en outre une somme de 150 livres à la dame de Biarge (Marie Arrivé, veuve depuis 1736 de Charles-Paul de Bechet, seigneur de Nalliers-l'Isleau-les-Tours), à laquelle la terre a été "affectée, puisque les vendeurs ne peuvent payer"; reste donc une dette de 963 livres à rembourser jusqu'en 1741. Voir minutes Jean Morisset, précité, 21 avril 1738, vues 151-152/258.

 
[13]

Sentence rendue à Fontenay le 24 avril. Les meubles cédés sont estimés à 775 livres, 8 sols et un denier, principalement des bestiaux, dont une paire de boeufs de 5 ans, Étourneau et Bureau ; mais aussi des meubles et de la vaisselle. Voir minutes Jean Morisset, précité, 28 avril 1738, vues 153-154/258.

 
[14]

ibid., 29 avril 1739, vues 155-156/258.

 
[15]

ibid., 14 juin 1738, vues 163-164/258.

 
[16]

ibid., 14 juin 1738, vues 163-164/258.

 
[17]

Vente contre 350 livres ; voir Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 54, Louis Buhaud 1738-1740, 11 octobre 1738, vues 81-82/320

 
[18]

Minutes de Louis Buhaud 1738-1740, précité, 18 mai 1739 : accord avec les collecteurs de la taille pour 1738, vues 109-110/320

 
[19]

Minutes de Louis Buhaud, précité, 18 novembre 1738, vues 85-86/320 ; 20 septembre 1738, vues 87-88, 4 novembre 1739, vues 115-116

 
[20]

150 livres à Marie Arrivé, 1420 livres à Louis Biaille, 1200 livres aux Seguin, Cousinet et Faivre.

 
[21]

Minutes de Louis Buhaud, précité, 4 octobre 1739, vues 159-160/320

 
[22]

Cependant, dès 1740, la situation de Paul-Louis Blanchet semble en partie rétablie ; il demeure à Chaillé et se présente de nouveau comme "marchand" (voir minutes de Louis Buhaud, précité, 21 novembre 1740 : échange de terres à Vouillé, vues 309-310/320).

 

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