Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Luçon > Pont-à-Didot

Graphies connues

Pont d'Aguideau source : Souvent prononcé et parfois écrit sous cette forme, selon E. Bocquier.


Nature(s) du lieu

Catégorie : Maison particulière Masquer
Titre Image
  • Nature : Maison particulière
    Précision sur la nature du lieu : hutte(s)
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales primitives : Section C du Grand Marais, parcelles 91 et 94 ; section D1 de la Vacherie, parcelle 54.
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section D4 de la Grande Roulière, parcelles 454, 459, 462-464 ; section E65 du Port, parcelles 1016, 1017.
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section D4, parcelle 278 ; Section E2 du Port, parcelles 117 et 118.

Etymologie

Précisions étymologiques générales
Pont-... : Nom porté par des lieux situés à proximité d'un pont, et le plus souvent d'un pont jeté sur un cours d'eau. Du latin pons, équivalent du celtique briva, qui a donné Brives, et du germano-saxon brigg.

Données historiques

Histoire et archéologie

Au moment du dessèchement du marais de la Vacherie – au milieu du XVIIème siècle - la cabane du Pont-à-Didot est située dans le fief de la Coudraye, appartenant à Denis de Sallo ("fondateur" en 1665 du Journal des sçavans). A propos de ce marais, l'historien René Riou (1907) a retrouvé un acte de société du 22 août 1658 établi probablement à l'instigation de Gabriel des Villates (seigneur de Champagné), qui concernerait environ 1900 ha[1].

La cabane du Pont-à-Didot se situe aujourd'hui au midi du Canal de Ceinture des Hollandais. Sur le plan de René Siette (1648), édité avant le dessèchement de la Vacherie, la ceinture des marais, au sud de Luçon, emprunte encore le probable ancien tracé de l'Achenal-le-Roi (fin du XIIIème siècle), soit l'actuelle Ceinture des Fenêtres-Rouges. Entre cette ancienne ceinture et "l'achenal de Lusson" (dans la paroisse de Champagné), figure bien le nom de "Sallo". C'est dans ces futurs "carrés" que l'on retrouve, après le dessèchement de la Vacherie, les cabanes du Farcin et de la Grand-Loge. En effet, la ceinture des marais fut repoussée vers le nord au moment du dessèchement des terres de la Vacherie[2]. Entre la nouvelle ceinture (dite "des Hollandais") et l'ancienne (Fenêtres Rouges)[3] sont donc comprises les terres du marais de la Vacherie de la paroisse de Luçon, dont Pont-à-Didot.

L'appartenance au fief de la Coudraye est confirmée par un acte d'assemblée des habitants de la ville de 1690 à propos des dîmes novales :  "[...] le dit sieur son père (Denis de Sallo) étant propriétaire de la terre de la Coudraye en Luçon dont les marais appelés la Vacherie en ladite paroisse de Luçon font partie, lesquels étaient en pacage qu'il affermait sans [...] aucun droit de dîme ..." avant le dessèchement. En 1690, les propriétaires insistent sur les faibles revenus de ces terres redevenues pacages ; le curé de Luçon rétorque qu'elles sont retournées en cet état en raison de l'impéritie des possesseurs, alors qu'elles avaient été fort rentables dans les dix années qui ont suivi le dessèchement[4].

Dans le cadre d'une succession complexe, le fief de la Coudraye passe à Jean-Baptiste de Loynes vers 1699 par un arrêt du Parlement de Paris en appel de celui du Châtelet de 1692 ; Claude-Denis de Sallo avait d'abord renoncé à la succession de son père, Denis, puis racheté la terre de la Coudraye qui devient ainsi un acquêt et passe, comme tel à son décès, à son plus proche parent et frère utérin, Jean-Baptiste-Philippe de Loynes (fils de Jean-Baptiste de Loynes et de Gabrielle-Elisabeth Menardeau, veuve de Denis de Sallo), encore seigneur de Nalliers-L'Isleau-les-Tours[5].

En 1752, Jacques Vincent, "garde bonde et ceinture du Marais de la Vacherie" demeurant à la Loge du Pont-à-Didot, s'est plaint auprès du sénéchal de Champagné de maltraitements commis le 3 août par les frères Pierre et Jean Faucher, laboureurs qui demeurent à la cabane ; retenus d'abord à la prison de Champagné et sommés de payer une provision alimentaire de 72 livres, ceux-ci préfèrent ne pas attendre le procès et transigent avec la victime en payant le montant de la provision et 120 livres 10 sols pour les frais engagés[6]. La cabane avait en effet été baillée à mi-fruits pour 7 ans par le deuxième marquis de la Coudraye (Jean-Baptiste-Jacques-Daniel de Loynes) à leur père, Jean Faucher, en 1746[7], puis, en 1753, à Jean- Baptiste Sicard (qui prend en outre le pré du Jard) ; le preneur verse chaque année 110 livres en argent et, pour menus suffrages, 20 livres de beurre net, 6 chapons, 6 dindons, 6 poulets, 6 canards, 6 oiseaux de rivière et 6 fromages. Les bestiaux, chevaux, juments, brebis sont fournis à moitié[8]. Le bail est renouvelé le 17 juillet 1758[9] , puis le 3 décembre 1766[10].

Sources et références

Notice historique par Ph. Moreau (novembre 2021)

[1]

René Riou, Les marais desséchés du Bas-Poitou, Paris, 1907, réédition numérique, Editions des régionalismes, 2020, 206 p. Sur la confusion par Cavoleau, suivi par La Fontenelle puis de Dienne, entre le Vieux Desséché de Champagné et la Vacherie, voir les pages 61-63, voir également son Plan du groupe central des dessèchements aux pages 200-201. Ses sources (vers 1907) : "14° Archives et registres des délibérations du marais de la Vacherie (chez le directeur)".

 
[2]

Cf. Riou, précité. Cf. également René Siette, Plan et description particulière des maraits desseichés du petit poictou avecq le partaige sur icelluy faict par le sieur Siette, 1648, accessible sur le site de la BNF, Gallica ; on peut comparer, pour s'en assurer, la carte de Siette à la carte I.G.N. et prendre, par exemple pour repère le maillage des fossés autour de la cabane de Mire-Fleur (Petit-Poitou) dont le nom a été ajouté sur cet exemplaire du plan de Siette. Carte I.G.N. ; Luçon Saint-Michel-en-l'Herm, Série Bleue, 1327 SB. Les distances représentées sur la carte – ou plutôt le plan - de Siette sont en effet très approximatives et peuvent être trompeuses, faute de triangulation. Sinon, voir le site du Géoportail

 
[3]

Le canal des Fenêtres-Rouges n'est pas figuré sur la carte de Cassini, sauf, peut-être, sous la forme d'un simple fossé.

 
[4]

Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, étude E, 3 E 49 9-1, Simon Bourdeau, 1690-1691, Acte d'assemblée au sujet des dîmes novales dans le marais de la Vacherie, 2 avril 1690, vues 88-98/623 (site consulté en novembre 2021).

 
[5]

On peut se reporter au partage de 1699 entre Jean-Baptiste-Philippe de Loynes et sa sœur, Gabrielle, épouse de Jacques-Jules Le Bel de Bussy, passé devant le notaire parisien, Jean-Antoine Caron : Arch. Nat., Minutier central des notaires parisiens, Jean-Antoine Caron, 07/01/1699 – 09/30/1699, AN MC-ET-IV-300, partage entre Jean-Baptiste et Gabrielle de Loynes, 4 septembre 1699, vues 125- 189 /241. Sont partagés les biens de leurs père et mère et ceux de leur frère utérin, Claude-Denis de Sallo.

 
[6]

Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, étude J, 3 E 49 43, Louis Ranfray 1752-1753, 26 août 1752 : transaction entre le garde-ceinture et les frères Faucher, vues 193-194/571 (site consulté en novembre 2021).

 
[7]

par contrat passé le 13 mars 1746 devant François Chagnon, notaire à Luçon, minute non conservée ; obligation de 515 livres et 2 sols des frères et sœur Faucher envers le marquis de la Coudraye, en raison du bail à cheptel conclu en 1746 par leur père (Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, étude J, 3 E 49 43, Louis Ranfray, vues 403-404/571 (site consulté en novembre 2021).

 
[8]

Le preneur demeure encore à Chaillé-les-Marais où il avait épousé Anne Seillé en 1745 ; bail du marquis de la Coudraye représenté par son épouse, Henriette-Rose-Suzanne Baraud, à Jean-Baptiste Sicard, Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, étude J, 3 E 49 43, Louis Ranfray, 15 avril 1753, vues 407-408/571  (site consulté en novembre 2021). 

 
[9]

Le versement annuel en argent est diminué : 75 livres ; les autres clauses sont inchangées. Le même jour a été signé le bail de la cabane de la Vacherie, voisine de celle de Pont-à-Didot selon des clauses à peu près identiques. Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, étude I, 3 E 49 74-1, François Madien, 1753-1761, 17 juillet 1758, vues 122-123/492 (site consulté en novembre 2021).

 
[10]

de la saint Michel 1766 à la saint Michel 1773 ; le bail est signé par la marquise ; la procuration a été passée à Fontenay. Le même jour a été renouvelé le bail de la cabane voisine de la Vacherie (même marais, même propriétaire ; également à mi-fruits). Cf. Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 29-1 Jean-François Royer 1766-1767, 3 décembre 1766, vues 296-298/491 (site consulté en novembre 2021).

 

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