Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Montaigu > Pont Jarlet (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Saint-Jacques (pont de) source : Anciennement, les termes de "Jaillet" ou de "Jallet" se trouvent concurremment à "Jarlet", pour ce pont qui était aussi appelé parfois "pont de Saint-Jacques"[1].


Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
Titre Image
  • Nature : Voie de communication (rue)
  • Localisation : Le "pont Jarlet" traverse le ruisseau de "l'Asson" à l'endroit où celui-ci arrive près du "Château de Montaigu".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Sections A et B
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section AH

Données historiques

Histoire et archéologie

Franchissant l’Asson, le "pont Jarlet" constituait autrefois l’entrée sud de la ville de Montaigu. Il était situé entre, en aval "l’étang du Château", et en amont "l’étang Saint-Michel" tous deux disparus aujourd’hui. Le dernier était formé par un petit barrage tout proche du pont, édifié probablement à la fin du XIIe siècle, et accompagné sur sa rive gauche par un déversoir de trop plein[2].


Le "pont Jarlet" côté amont, vu du vallon de l’Asson en 2016,
et côté aval, vu du dessous de la place du Père Louis-Marie Baudouin en 2008.
Lithographie du
"pont Jarlet" d’Armel de Wismes, 
peu avant qu’il soit emporté par la crue de l’Asson de 1836 ;
et sa localisation sur le premier plan cadastral, de 1814, de Montaigu.

Primitivement, ce pont était un peu en amont de sa position actuelle et à un niveau plus bas, ce qui donnait une forte pente à la rue qui y menait. Il était défendu par la "porte Saint-Jacques", précédée par une barbacane. A la fin du XVe siècle, celle-ci fut remplacée par un bastion dont il restait encore en 2016 d’importants vestiges.
Entre 1752 et 1757, la construction, de la nouvelle route de Nantes à La Rochelle qui détruisit la porte et écorna le "bastion Saint-Jacques", fit disparaître l’ancien "pont Jarlet". Ses quelques restes montrent qu’il avait alors 5,80 m de large.
Le 24 janvier 1800 (4 pluviôse an VIII), il fut enlevé par les eaux de l’Asson[3], et de nouveau en 1836 par une crue mémorable : " pendant la nuit du 10 au 11 novembre éclata sur le canton de Montaigu, une pluie extraordinaire accompagnée de grêle et de tonnerre, [qui] ne cessa de tomber pendant six heures consécutives ; les ruisseaux et rivières débordèrent de toutes parts, et les eaux s’élevèrent à une grande hauteur, l’arche du pont Jarrelet qui avait alors trois mètres de haut et sur deux mètres de largeur, se trouva insuffisante, et dans quelques heures, il s’accumula sept mètres d’eau au-dessus de l’ouverture ; le pont qui avait été reconstruit en 1793, ne put soutenir cette masse, et il s’écroula le 11 à sept heures du matin, entraînant dans sa chute une portion de la maison y attenant. Le courant était si rapide et si violent, que des blocs de construction, pesant jusqu’à deux mille kilogrammes, furent roulés à plus de deux cents mètres du pont. La rivière déborda huit fois dans le même mois. Pour rétablir la circulation, un chemin provisoire fut pratiqué entre la rivière et le château, et le pont fut reconstruit pendant l’été de 1837 […]. Le radier a été établi sur une couche épaisse de béton, attendu que le solide ne se trouvait pas ; même avec une sonde de six mètres de longueur." Neuf ans plus tard, il fut doublé par un remblai afin de relier plus directement la "Grand’rue" au "faubourg Saint-Jacques"[4].

A proximité immédiate du "pont Jarlet" se trouvait la maison natale du Père Louis-Marie Baudouin (1765-1835), actif reconstructeur de l’Église vendéenne au sortir de la Révolution, et fondateur de plusieurs ordres religieux à Chavagnes-en-Paillers. Elle a été détruite dans les années 1970 et remplacée par un parking.

Autres mentions

Le "pont Jarlet" a longtemps été connu par les établissements Hervouet-Ponvert qui se trouvaient à proximité. Henri Hervouet, serrurier-mécanicien à Chavagnes, vint s’installer en 1869 à Montaigu. Il y exerça sa profession tout en y tenant "l’hôtel des Halles". Près de celui-ci, la famille y avait en 1910 un garage de "cycles & autos" et était concessionnaire De Dion-Bouton, puis Renault. Développant son atelier de mécanique, elle se spécialisa dans la fabrication des monte-paille et avait, autour de 1950, 9 employés au garage et 35 dans les ateliers. Dans les années 1960, ses héritiers, E. et E. Piffeteau, déplacèrent leurs activités (pétrins et mélangeurs), sous le nouveau nom de Vendée Mécanique Industrie, dans la Zone industrielle nord de Montaigu[5].

Les environs du "pont Jarlet" de Montaigu[6], en 1955.

[1]

Registres du Parlement de Paris, 1447 (Arch. Nat., X2a 24) ; A. d’Aubigné, Mémoires, éd. 1854, p. 261.

 
[2]

Mignen (Gustave), l'Ancien Montaigu, conférence du 13 mars 1910 à Montaigu.

 
[3]

Lettre du commissaire cantonal Audibert à l’administration départementale (Arch. dép. de la Vendée : L 255).

 
[4]

Arrêtés et délibérations de Montaigu 1793-1837, 17 décembre 1837 (Arch. dép. de la Vendée :146 D1).

 
[5]

Entretien en 2016 avec Michel Piveteau, né en 1931, et qui a fait son apprentissage en mécanique aux établissements Hervouet-Ponvert, de 1945 à 1948.

 
[6]

Photo Roger Henrard, 1955, collection du CAUE de la Vendée (Arch. dép. de la Vendée : 23 Fi 24).

 

Nous écrire