Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Porterie (tour de la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Fortification, tour Masquer
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  • Nature : Fortification, tour
    Précision sur la nature du lieu : tour
  • Localisation : La "tour de la Porterie" est située près de l'ancienne entrée du Château. Son emplacement est actuellement en partie masqué par l'ancienne salle des fêtes devenue une salle municipale.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 292
    • Coordonnées cadastrales modernes : AH 186, 187

Données historiques

Histoire et archéologie

On connaît le nom des tours et des défenses du Château de Montaigu par Alain de Goué. Dans un petit ouvrage, le Démantèlement de Montaigu (1581, 1586, 1589), il cite un "procès-verbal de visite" en date du 21 novembre 1586, faisant une description du Château[1]. Il s’agissait de vérifier que les destructions effectuées durant les mois précédents avaient bien mis fin au rôle militaire de Montaigu, en application d’une décision prise à la paix du Fleix qui, le 26 novembre 1580, avait terminé la septième guerre de Religion. Pendant six ans, Jeanne de La Trémoille qui en était la châtelaine, avait multiplié les retards dans l’espoir de garder son château intact, mais en vain.

La "tour de la Porterie" était une importante fortification de 15 m sur 20 m qui, comme son nom l’indique, faisait communiquer le "Château de Montaigu" avec la Vieille Ville située de l’autre côté des "Douves intérieures". Venant du Château, cela se faisait jusque vers 1850 en deux temps : un premier pont-levis donnait d’abord accès à un ravelin (ouvrage avancé) dont les murailles étaient "de dix à douze pieds d'epaix"[1] (entre 3,25 et 3,9 m), puis un second pont-levis faisait accéder à la Vieille Ville. Elle était renforcée par deux tours semi-rondes proches, de 4 à 5 m de diamètre. L’une d’elle, donnant sur les "Douves intérieures", a été remise au jour en juillet 2012 par la destruction des constructions annexes des anciennes halles / salle des fêtes, puis de nouveau masquée ; l’autre, qui donnait sur "l’étang du Château", est toujours visible aujourd’hui. L’architecture et la forme plus ou moins carrée de la "tour de la Porterie" font dater son origine au plus tard des tout débuts du XIIe siècle.

Après que le Château eut été acquis en 1843 par la ville, Armand Trastour (le maire de Montaigu de 1837 à 1844, puis de 1848 à 1870), dont toutes les actions montrent combien il était imperméable à la notion même de patrimoine, fit détruire les niveaux supérieurs subsistant de la "tour de la Porterie"[2] et condamner l’accès aux salles inférieures. Régulièrement "oubliées" par les services municipaux, celles-ci seront "redécouvertes" par inadvertance par ceux-ci vers 1890, puis de nouveau en 1909, et encore de nouveau en 2012…

En 1854, Armand Trastour fit combler la partie des "Douves intérieures" immédiatement en avant de la "tour de la Porterie", enterrant les restes de celle-ci, pour y construire de nouvelles halles[2]. Ces dernières, désaffectées, devinrent en 1948, malgré leur acoustique problématique, une salle des fêtes utilisée aussi comme salle de théâtre et de spectacles.

En 2012, la destruction de ce bâtiment des anciennes halles bouchant les "Douves intérieures", cachant en bonne partie la "tour de la Porterie" et masquant la perspective sur le Château, fut l’occasion d’une possible remise en valeur de cette tour. Mais, en dépit de la "zone de protection" qui avait été constituée le 25 septembre 1953 dans cette perspective par un décret du Conseil d’État pour sauvegarder "le vieux Château de Montaigu, ses remparts et ses douves"[3], il fut décidé de maintenir à grands frais ce bâtiment parasite, afin d’y installer une salle de réunions.


Les ruines de la "tour de la Poterie" en 1841.
Au premier plan, le
"pavillon des Nourrices; à l’arrière-plan, "l’église Saint-Jean" de l’époque,
non masquée alors par les bâtiments élevés plus tard sur le ravelin en avant de la tour. 
(dessin de Fortuné Parenteau, 1814-1882)[4]

 

Illustrations

montaigu_porterie_tour_3.jpg

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La "tour de la Porterie", porte d’entrée et élément majeur du "Château de Montaigu" :
- la base de son flanc sud-est sur une photo de 2012 ;
- ses restes autour de 1835-1840, sur une lithographie d’Armel de Wismes[5] ;
- son emplacement sur une vue aérienne de 2009
(environ 90 x 110 m, nord et
"Douves intérieures" à gauche).

[1]

Goué (Alain de), le Démantèlement de Montaigu (1581, 1586, 1588), 1910, p. 57-58.

 
[2]

Bonetti (Philippe) et David (Abel), Montaigu, parcours historiques, 1998, p. 38. 

 
[3]

Enquête en 2012 auprès du Service Territorial de l’Architecture et du Patrimoine de la Vendée (Monuments historiques).

 
[4]

Parenteau (Fortuné), Carnet à dessins, 1841, 146 p. 18,5 cm de large sur 14,8 cm de haut, p. 10, collection particulière.

 
[5]

Wismes (Armel de), la Vendée, 1840 (lithographie).

 

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