Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Propagation (école de la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : École Masquer
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  • Nature : École
  • Localisation : "L'école de la Propagation" était située entre la "rue Traversière", la "rue du Vieux Couvent" et la "rue de Tiffauges".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 204 à 207
    • Coordonnées cadastrales modernes : AH 89, 461 et 462

Etymologie

Le nom d’école de la "Propagation" vient de "propagation de la Foi"… auprès des protestantes, mission pour laquelle avait été créée en 1681 à Fontenay-le-Comte, la congrégation à qui cette école de Montaigu était confiée en 1702. En 1703, cette congrégation reçut les constitutions et règles de "l’Union Chrétienne de Saint Chaumond", qui avait été fondée en 1652 par "Monsieur Vincent" (de Paul) et la vénérable Madame de Polaillon.

Données historiques

Histoire et archéologie

"L’école de la Propagation", destinée aux jeunes filles de milieux modestes, a existé sous cette appellation de 1702 à 1836. C’est Gabriel-Antoine de Crux, seigneur de Montaigu, et sa dame qui, reprenant une école qui existait déjà depuis au moins 1660, l’avaient fondée avec ce nom en 1702, en la dotant de locaux, de statuts et de revenus. Comme l’Hôpital de Montaigu, elle avait été confiée aux religieuses dite par la suite "de l'Union Chrétienne", et elle devait instruire gratuitement parmi ses élèves, neuf filles pauvres : quatre de la paroisse Saint-Jean, trois de la paroisse Saint-Jacques et deux de la paroisse Saint-Nicolas, ainsi que "les autres filles qui pourront se trouver à la charge des dits seigneur et dame et leurs successeurs"[1].

Extrait du cadastre de 1814 et vue aérienne en 2009
(environ 94 x 88 m, © GEOPORTAIL :
l’emplacement de "
l’école de la Propagation" dont les bâtiments, incendiés en 1793,
sont alors en ruine (d’où leur couleur jaune sur le plan).
Le livre de Gustave Mignen, faisant référence sur ce sujet :
"
les Maîtresses et Maîtres d'école de Montaigu avant et depuis 1789".

En 1789, elle comptait trente pensionnaires et un beaucoup plus grand nombre d’externes. Trois religieuses, dites les "dames propagandes", y exerçaient, ainsi qu’une stagiaire admise durant quelques années afin de s’y former à l’enseignement.

Le nom de "la Propagation" sous entendait alors "propagation de la foi" car, à son origine, en 1681, la congrégation de l’Union Chrétienne, de Fontenay-le-Comte[2], s’était donnée pour mission de donner un asile et d'instruire les jeunes filles ou les femmes désirant quitter ce qu’on appelait alors "l’hérésie calviniste". D’où le nom de cette école de Montaigu, bien que, après 1700, on n’y trouvât plus de traces de protestantisme.

Fin septembre début octobre 1793, elle fut incendiée par Kléber et les trois enseignantes furent envoyées dans les prisons nantaises. Une seule, Perrine Pottier (1746-1815), en revint. De retour à Montaigu et dans différents locaux de fortune successifs, elle s’efforça de relever son école dont les bâtiments étaient en ruine (ruines qui seront vendues par la municipalité en 1827). Après sa mort et des péripéties diverses, les religieuses de Chavagnes, prirent en 1836 la suite de "l’école de la Propagation" qui était alors l’école communale de filles de Montaigu, et l’installèrent rue des Essarts. En 1837, elles y adjoignirent un pensionnat.

En 1901, la loi sur les associations, visant à supprimer les congrégations enseignantes, interdit aux municipalités de confier les écoles publiques à des religieuses. Aussi, en 1903, ce qui avait été autrefois "l’école de la Propagation" dut changer de statut. Elle devint une "école libre" et prit le nom "d’école Jeanne-d’Arc"[3].

Des formations professionnelles et complémentaires furent ajoutées à l’enseignement primaire. En 1960, elle devint en même temps Collège d'Enseignement Général puis, en 1987, lycée sous le nom de "lycée Jeanne-d’Arc", d’enseignement général et technologique, qui lui doit ses plus de 350 ans d’ancienneté.

Autres mentions

Le nom de la "rue du Vieux couvent" qui longe l’emplacement de l’ancienne "école de la Propagation" ne date que de l’établissement du cadastre en 1814. Auparavant, elle était appelée "rue Notre-Dame", du nom de l’ancienne "église Notre-Dame" située à son extrémité et qui, en 1626, était devenue la chapelle du "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur" voisin, fondé cette année-là.

[1]

Archives de l'hôpital, manuscrit, 8 pages, liasse 131.

 
[2]

Sur la congrégation de l’Union Chrétienne, de Fontenay-le-Comte, voir : Teillet (abbé), Histoire de la Congrégation de l'Union Chrétienne, 1898 ; Molette (Charles), Guide des sources de l'histoire des congrégations féminines françaises de vie active, 1974 ; Annuaire catholique 1993-1994, p. 610 ; Billy (Anne), "la Chapelle de l’Union chrétienne", Lettre-info n°11, des Amis du Patrimoine Religieux de Saint-Hilaire de Fontenay-le-Comte, décembre 2014, 5 p.

 
[3]

Mignen (Gustave), les Maîtresses et Maîtres d'école de Montaigu avant et depuis 1789, 1907, p. 9 à 34.

 

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