Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Relais de poste (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Maison particulière Masquer
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  • Nature : Maison particulière
    Précision sur la nature du lieu : maison
  • Localisation : Le "Relais de Poste" est situé en bordure droite de la Maine, dans le "parc des Rochettes".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 569
    • Coordonnées cadastrales moderne : AC 208

Données historiques

Histoire et archéologie

C’est au XVIIe siècle qu’un bureau de la poste aux lettres aurait été ouvert de Montaigu[1]; et ce n’est qu’après le milieu du XVIIIe siècle qu’une poste aux chevaux y aurait été établie. Une tradition postérieure et d’une fiabilité douteuse voudrait que ce soit ces bâtiments dits depuis le "Relais de Poste" qui auraient servi de relais[2], mais pour beaucoup elle est à mettre en doute.

La poste aux lettres et la poste aux chevaux :
courrier arrivant à Montaigu (1811), de Florence (Gers) 
ou partant de Montaigu (1795) vers Paris (Seine) ;
cour et puits du "relais de poste" aux chevaux, 
le long de l’ancienne route de Nantes à La Rochelle.

En effet, il peut paraître surprenant qu’à cette époque un relais de poste aux chevaux ait été établi en cet endroit, vu l’accès malaisé et l’éloignement de ces bâtiments de la nouvelle route allant vers Nantes qui venait d’être ouverte entre 1752 et 1757. D’autre part, en avril 1779, un bail de location à Jean Vincent qui était devenu maître du relais de la poste aux chevaux à Montaigu le 1er juillet 1776, décrit son relais de poste aux chevaux comme étant constitué par "une maison consistant en chambres basses et hautes, caves, écuries, boulangeries, grenier au-dessus, appentis… bornée d’un costé au grand chemin de la Rochelle à Nantes, d’autres costés vers le midy et le couchant au chemin qui conduit à la fontaine des Rochettes… La ditte maison et jardin scis et scittués au quartier des Rochettes près cette ditte ville de Montaigu, néanmoins paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay"[2]. Une description qui le ferait plutôt localiser à l’entrée de la "rue des Rochettes", près de la "porte Nantaise"[[ref_3]].

Par ailleurs, le relais de poste aux chevaux de Montaigu semble s’être déplacé au fil des ans. Il a pu ainsi être un temps implanté dans les bâtiments que Jean Vincent acquit autour de 1790 dans la vieille ville, à l'actuel n°13-15 de la "Grand'rue" à proximité de la "porte Nantaise". Pour le service de la poste, il y disposait de treize chevaux. Il les mit au service de l’insurrection vendéenne à laquelle il prit part dès mars 1793, et il fit partie du nouveau "Comité" que les révoltés mirent à la tête de la ville. Il mourut à la fin juin de cette même année et sa maison fut entièrement pillée en septembre suivant par les troupes républicaines quand celles-ci prirent Montaigu[3].

Dans la dernière moitié des années 1790, un certain Jacques Sicot venu d’Eure-et-Loir s’installa comme nouveau maître de poste aux chevaux aux 10-12 de la "rue de la Boucherie"[4].

Pour certains, ces bâtiments dits aujourd’hui le "Relais de Poste" auraient abrité, avant la Révolution, la maréchaussée de Montaigu, qui comprenait "un lieutenant, un assesseur, un greffier, un sous-brigadier et quatre cavaliers"[5].

Pour d’autres enfin, il s’agirait d’un ancien logis venant des La Roche Saint-André, habité en 1793 par l’aînée des filles de l’amiral Du Chaffault, Augustine-Pélagie (veuve de Louis Le Maignan de l’Écorce)[6], et que la Révolution fit disparaître. Le 7 messidor An VI (25 juin 1798) la République s’en confirma la propriété, puis le vendit, "très dégradé", comme bien national[7].

Il échut au début du XIXe siècle, aux Fayau, famille de notables aisés et enrichis durant la période révolutionnaire, qui le garderont jusqu’en 1981, date à laquelle il fut acheté avec le domaine voisin par la Ville de Montaigu[8]. En 1983, celle-ci le transmit au Conseil général de la Vendée qui le restaura et en fit en 2003 une médiathèque particulièrement fréquentée, et accueillant aussi dans sa cour à la belle saison des concerts en plein air.

De tous les bâtiments de Montaigu présentant un caractère patrimonial, le "Relais de Poste" est considéré comme celui qui a été le mieux sauvegardé et utilisé. 

Autres mentions

Jusqu'en 1809, cette zone faisait partie de la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay.

La poste aux lettres, quant à elle, était située au n°8 de l’actuelle "rue des Résistants martyrs", appelée "rue de l’ancienne Poste", avant 1945. Cette ancienne poste aux lettres y avait longtemps partagé le même rez-de-chaussée que le "café de la Poste", tandis que le premier étage avait servi, au début du XIXe siècle, de local pour les réunions du conseil municipal.

[1]

Lenain (Louis), la Poste de l'ancienne France : des origines à 1791, 1965. 

 
[2]

"Notes d’histoire postale avant la Révolution", in Bulletin du District de Montaigu, n°16, 1984, p. 36. Cette identification se fie à une "tradition" basée uniquement sur les dires de "l’érudit local" du XIXe siècle, Charles Dugast-Matifeux, dont les écrits sur l’histoire de Montaigu sont souvent pris en défaut et, comme ici, non sourcés.

 
[3]

Acte de notoriété du 19 janvier 1815 pour Pierre-François Vincent, fils de Jean Vincent (Minutes du greffe de la justice de paix du canton de Montaigu), et lettre de demande de réparations du 29 juillet 1825, envoyée par le même au préfet de la Loire-inférieure.

 
[4]

Minutes de l’étude notariale de Bernard Gombault, 23 messidor An VI / 11 juillet 1798 (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 27/177).

 
[5]

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la caserne pour le "département de la maréchaussée" était établie aux n°7-9 de l’actuelle "rue de la Boucherie".

 
[6]

Goué (Alain de), Chronique paroissiale de Saint-Philbert-de-Bouaine, 1914, p. 99.

 
[7]

Mignen (Gustave), les Ventes des Biens nationaux de 2e origine dans le District de Montaigu de l’An IV à l’An XIII, manuscrit (Arch. dép. de la Vendée : Fonds Mignen, 36 J 60/2 ; et 1 Q 203).

 
[8]

Raigniac (Guy de), De Châteaux en Logis, 1998, t. IX, p. 123.

 

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