Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Robinière (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
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  • Nature : Siège d'exploitation agricole
  • Localisation : "La Robinière" est située sur la rue du même nom qui continue celle de Tiffauges jusqu’à la limite de la commune.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 162 à 164
    • Coordonnées cadastrales moderne : AH 11, 112, 210

Etymologie

Ce type de de toponyme, composé d'un patronyme - ici "Robin" - et du suffixe "ière", est très fréquent dans la région depuis l'époque féodale.

Données historiques

Histoire et archéologie

Passant devant "la Robinière", l'ancienne route venant de Tiffauges arrivait à Montaigu à la "porte Notre-Dame" (ou "de Tiffauges"). Elle était passée par Saint-Symphorien, Treize-Septiers, Meslay. Traversant Montaigu, elle en sortait par la "porte Saint-Jacques" puis, par "le Pont Neuf", gagnait L'Herbergement, Les Lucs, Palluau, puis la côte. Avec la route de Nantes à La Rochelle, c'était l'une des deux routes importantes qui passaient par Montaigu[1].
Entre 1940 et 1944, durant l'Occupation, la ferme de "la Robinière", habitée par la famille Gauthier, a été un lieu de réunions clandestines et de passage de courriers pour le réseau de résistance Libération Nord dont le responsable départemental, Raymond Deflin, habitait à proximité, à l’extrémité de "l’esplanade des Olivettes". Ce mouvement bénéficiait du soutien actif d’habitants de ce quartier de Montaigu. Mais en août 1943, une vague d’arrestations par la Gestapo, dont celle de Raymond Deflin, et les déportations et exécutions qui l’accompagnèrent réduisirent considérablement les activités de renseignement de la Résistance dans le secteur de Montaigu[2].
Jusqu’à la Révolution, "la Robinière" était située aux limites de Saint-Hilaire-de-Loulay, de La Guyonnière et de Montaigu. Elle faisait partie des domaines de l’amiral Du Chaffault. Celui-ci étant mort dans les prisons nantaises en juin 1794, et une partie de ses héritiers ayant dû émigrer, elle fit partie des biens mis sous séquestre comme "biens nationaux". Un jugement de partage eut lieu le 7 messidor an VI (25 juin 1798) : "par l’effet du partage cy-dessus relaté, le domaine est échu au citoyen Juge Brassac, de Castres, propriété à la République"[3] (ce "citoyen" Joseph-Philippe de Juge de Brassac, qui avait été officier dans la marine royale, était l’époux de Marie-Adélaïde Du Chaffault, la dernière des filles de l’amiral). C’est ainsi que la métairie de "la Robinière" put devenir la propriété de de Louis Touzeau grâce à la nomination de ce dernier, par le Directoire exécutif départemental de la Vendée, à la tête de la municipalité cantonale du canton de Montaigu en 1797, y étant alors une sorte de maire non élu[4].
L’Asson passe à 50 mètres en contrebas de "la Robinière". Probablement vers le début du XVIe siècle, au vu des restes architecturaux subsistant, il fut aménagé. Un canal d’amenée d’eau fut créé afin d’établir un moulin à quelque 200 mètres en aval. Ce canal, toujours existant et opérationnel en 2016, à une largeur moyenne d’environ 2 mètres. Mais le moulin fut détruit au cours de la 3e guerre de Religion, par les combats qui se déroulèrent dans ces parages lors du siège de Montaigu de 1569 ; près de cinq siècles plus tard il n’en reste que quelques vestiges[5].


En janvier 2016 dans le bas de "la Robinière" et vu vers l’amont,
l’Asson à sa division entre :
- à droite, le cours normal de l’Asson ;
- à gauche, le début du canal d’amenée d’eau (à sec en été)
qui alimentait autrefois l’ancien moulin situé 200 m en aval.

Autres mentions

La tradition orale locale raconte qu’en 1824, Jacques Vachon (1794-1824), le métayer de "la Robinière", aurait découvert fortuitement une partie du "trésor" que l’amiral Du Chaffault avait caché afin de le préserver de l’avidité de troupes républicaines occupant alors le pays. Ce "trésor", trouvé dans un reste de vieux mur, aurait été composé de pièces d’or, ainsi que de la croix de Saint-Louis et de l’épée de l’amiral. Il décida de garder pour lui cette fortune inattendue, mais cela ne lui aurait pas porté chance. En effet, dit-on, il aurait été la gaspiller à Nantes où il sombra dans des excès de tous genres, excès qui auraient entraîné sa mort quelques mois plus tard[6]... 

Illustrations

montaigu_robiniere_1.jpg

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La métairie de la Robinière en 1814 (plan cadastral),
et en 2009 (vue aérienne,
© GEOPORTAIL), environ 120 x 75 m.
Des bâtiments incendiés lors de la Révolution,
seul celui en bordure de route sera relevé, les autres disparaîtront.

[1]

Carte de Cassini (1783-1786).

 
[2]

Coutaud (André), "Montaigu traversé par la Résistance", in Recherches vendéennes, n°11, 2004, p. 267-349.

 
[3]

Mignen (Gustave), les Ventes des Biens nationaux de 2e origine dans le district de Montaigu, manuscrit (Fonds Mignen, Arch. dép. de la Vendée : 36 J 60/2).

 
[4]

L’état de sections du cadastre de Montaigu de 1814 indique toujours Louis Touzeau comme propriétaire de la métairie de "la Robinière" (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146).

 
[5]

La Popelinière (Henri-Lancelot Voisin de), Histoire de France depuis l'an 1550 jusqu'à ce temps, édition 1582, tome 1er, livre 2nd, p. 368-372. Après les guerres de Religion, ce moulin sur l’Asson n’est jamais mentionné dans les papiers du couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur, sur les terrains duquel il se situait.

 
[6]

Entretiens en 2015 avec Claude Vachon, apparenté à l’infortuné "inventeur du trésor" de 1824.

 

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