Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Rochettes (parc des)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Fayau (parc) source : Autrefois, le "parc des Rochettes" était souvent appelé le "parc Fayau", du nom de la famille de ses propriétaires.


Nature(s) du lieu

Catégorie : Équipement de loisirs Masquer
Titre Image
  • Nature : Équipement de loisirs
    Précision sur la nature du lieu : parc d'agrément
  • Localisation : Le "parc des Rochettes" est situé entre la Maine, "l'avenue Villebois-Mareuil" et la voie ferrée.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 35 à 46, 552 à 607 et 639-640, et Saint-Hilaire-de-Loulay, I 719, 723 à 726
    • Coordonnées cadastrales modernes : section AC

Etymologie

Les "Rochettes" tiendraient leur nom de la nature du terrain du quartier voisin où des carrières ont existé.

Données historiques

Histoire et archéologie

S'étendant sur une surface d'environ 11 hectares, le "parc des Rochettes" provient d’un ancien bien national qui, après être passé entre plusieurs mains, fut acquis dans la première moitié du XIXe siècle par les Fayau, famille de bourgeois républicains qui s’étaient remarquablement enrichis grâce à la Révolution[1]. Une tradition incertaine veut que le logis qui s’y trouvait, à proximité de la Maine, ait servi de relais de poste aux chevaux au XVIIIe siècle.

Avant 1814, les prairies longeant la rivière appartenaient à Pierre Bernard qui y avait sa "boutique" (nom que les artisans donnaient alors à leur atelier) de teinturier[1]. Il devait y étendre son ouvrage à sécher, à une époque où douze tisserands et autant de fileuses ou de dévideuses (le plus souvent leurs épouses) s’activaient à Montaigu[2]. Ces prairies furent intégrées ensuite à la propriété des Fayau avec, en 1859, la partie de l’ancienne route de Nantes passant en cet endroit et aussi, sur sa bordure, la "fontaine des Rochettes" qui alimentait en eau potable les habitants du quartier voisin[3].

Le tout fut aménagé en parc au milieu du XIXe siècle, époque à laquelle la mode était au jardin paysager : étang ou rivière calme, allées sinueuses, vues encadrées... créant l'illusion d'une nature idéale retrouvée. La "maison de campa-gne" (ici le "château des Rochettes", édifié en 1841) entourée de son "parc paysager était alors le signe d'appartenance à une élite éprise de nature domestiquée. Ainsi trouve-t-on dans le "parc des Rochettes", les arbres remarquables, communs à toutes les grandes propriétés de cette époque dans la région : chênes d'Amérique, conifères, magnolias, cèdres de l’Atlas ou du Liban, tulipiers de Virginie, ginkgo du Japon...[4] Comme il se devait, une ferme attenante était destinée à pourvoir et à entretenir le domaine : la "Petite Salade".

En 1940, au moment de l’occupation de Montaigu par les Allemands, et avant de savoir que ceux-ci allaient faire de la propriété le siège de la Kommandantur, des armes réquisitionnées y furent cachées. Elles n’ont jamais été retrouvées depuis[5].

En 1981, le "parc des Rochettes" fut vendu à la commune de Montaigu qui le céda (moins le château) au Conseil général de la Vendée en 1983.

En 1988, Gaétane de La Forge, du Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et d'Environnement (CAUE) de la Vendée, a proposé un circuit présentant diverses essences d'arbres et arbustes préalablement étiquetés. Vingt-cinq ans plus tard et malgré quelques disparitions dues aux tempêtes, l’intéressante brochure d’accompagnement de ce circuit-promenade était toujours d’actualité[4].

Autres mentions

Cette zone, initialement de la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay, fut rattachée à Montaigu : une partie en 1809 (le quartier des Rochettes, l’emplacement du château et le secteur boisé du futur parc), et l’autre partie en 1891 (le secteur en prairie du parc).

Illustrations

montaigu_rochettes_parc_2.jpg

montaigu_rochettes_parc_2.jpg


Le "parc des Rochettes" (vue aérienne de 2009, environ 500 x 500 m, © GEOPORTAIL),
avec le château, le pavillon d’entrée,
l’ancien logis connu sous le nom de
"relais de poste",
les restes de la ferme de la
"Petite Salade"
et, couverte de tuiles en 2013, la fontaine des Rochettes.
En orange, le
"circuit botanique" en 34 essences d’arbres,
tel que proposé en 1988 par G. de La Forge
et le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) de la Vendée.

[1]

Cadastre de Montaigu de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146). Cadastre de Saint-Hilaire-de-Loulay de 1818 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 224). 

 
[2]

Listes nominatives des recensements de Montaigu, 1816 (Arch. dép. de la Vendée : 6 M 232).

 
[3]

Délibérations du conseil municipal, 8 juin 1859 (Arch. dép. de la Vendée : 146 D2).

 
[4]

Enquête en 2012 auprès du Conseil en Architecture Urbanisme et Environnement de la Vendée.

 
[5]

Entretien en 2012 avec André Coutaud, auteur de "Montaigu traversé par la Résistance", in Recherches vendéennes, n°11, 2004.

 

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