Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Saint-Jacques (église)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Église, établissement religieux Masquer
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  • Nature : Église, établissement religieux
    Précision sur la nature du lieu : église
  • Localisation : Autrefois entourée de son cimetière, "l'église Saint-Jacques" se localisait dans l'angle sud-est du cimetière actuel.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : B 592
    • Coordonnées cadastrales modernes : AK 197

Etymologie

Le nom "Saint-Jacques", comme celui du faubourg où cette église se trouvait, est à mettre en rapport avec leur localisation, sur le "chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle" et en 1174, sa "maison hospitalière" ayant pour mission de "recevoir les pauvres malades et les pèlerins"[1].

Données historiques

Histoire et archéologie

L'existence de la "paroisse Saint-Jacques", et donc d'une église, est attestée dès l'an 1182, dans la seconde charte de fondations de "l'Aumônerie-Hôpital de Montaigu" qui nous soit parvenue.

La "paroisse Saint-Jacques" ne comprenait pas "la Caillauderie" ni "la Crépelière" qui dépendaient de La Guyonnière, mais incluait le "Château de Montaigu". Selon Gustave Mignen, ceci incite à penser que lorsque le premier château fut construit, il n'existait pas alors à Montaigu d'autre église que celle de "Saint-Jacques"[2].

L'église, qui avait été fermée et interdite comme celle du "faubourg Saint-Nicolas" le 1er avril 1792, fut rouverte en mars 1793 puis incendiée avec le reste du faubourg sur ordre de Kléber, autour du 1er octobre suivant[3]. Son dernier curé, Pierre Marion (1734- ? ), pourchassé, se cacha dans "les Maines" de Saint-Georges-de-Montaigu, à proximité de l’inexpugnable forêt de Grasla. En août 1795, il était présent au synode diocésain du Poiré-sur-Vie. Faisant partie de la petite quarantaine de prêtres réfractaires qui en Vendée réchappèrent aux persécutions de la Révolution, il revint en 1800 à Montaigu, et put y célébrer le culte dans la grande salle de l’hôpital, les différentes églises y étant soit ruinées, soit désaffectées ; il mourut peu de temps après[2].  

Telle qu’on peut la voir sur le plan cadastral de 1814, "l'église Saint-Jacques", située à l’intérieur de son cimetière, s'étendait sur 216 m², soit sur un peu plus de 25 m sur 8 m. On y accédait par l’actuelle "impasse de l’église". Son entrée se faisait à l’ouest par un portail avec double ogive. A l’est, le chevet plat du chœur était percé par un grand vitrail, et chacun des murs latéraux par une baie en ogive. Couverte par une toiture basse en tuiles, elle  avait un clocher en bois couvert d’ardoises. En 1763, y avaient été bénis un tabernacle neuf et, surmontant le maître-autel, un tableau représentant la Transfiguration qui venaient d’être acquis par les habitants de la paroisse et leur curé ; ils avaient été réalisés par "Monsieur Le Doux, sculpteur et doreur à Nantes"[2].

Ci-contre, le retable du maître-autel de l’église Saint-Sauveur de Rocheservière[4], relatant la Transfiguration[5]. Le sculpteur y a intimement intégré le tabernacle à la scène qui le surmonte. "La transfiguration, manifestation de la divinité du Christ, se trouve liée avec l'Eucharistie : c'est le même Christ que les apôtres adoraient hier sur la montagne et que les Chrétiens adorent aujourd'hui dans l'Eucharistie"[6].

Ce retable est le seul connu à représenter cet épisode des Évangiles en Vendée au XVIIIe siècle, avec celui de "l’église Saint-Jacques" de Montaigu. Il donne une bonne idée de ce que pouvait être ce dernier avant que Kléber le fasse détruire par ses troupes en octobre 1793, trente ans après que les habitants de la paroisse l’aient fait réaliser.

Après la Révolution, la paroisse Saint-Jacques n’existant plus, les ruines de son église furent laissés à l’abandon. "L'arcade ogivale de la grande porte de l'église Saint-Jacques, ombragée et soutenue par les frondaisons d'un lierre vigoureux, fut longtemps la seule partie restée debout"[2], et en mai 1837, le maire Armand Trastour décida de faire disparaître ces restes, ce qui permit d’augmenter à moindres frais le nombre des places disponibles dans le cimetière de quelques unités[7]. Curieusement, les nouvelles tombes, situées sur l’emplacement de l’ancienne église, furent utilisées pour les sépultures des familles de notables francs-maçons de la ville de Montaigu[2] ; les services techniques municipaux, chargés de la restauration du cimetière après 2014, devraient les faire disparaître.

Autres mentions

Le seul témoin de l’existence de cette "église Saint-Jacques" subsistant encore aujourd’hui est la présence  de "l’impasse de l'église", qui était l’ancienne rue y conduisant.

Illustrations

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"L’église Saint-Jacques" en ruine dans son faubourg, en 1814
(tableau d’assemblage du plan cadastral).
(environ 460 x 350 m)

[1]

Mignen (Gustave), Chartes de Fondations pour l'Aumônerie-Hôpital de Montaigu (Bas-Poitou), 1904, p. 15. 

 
[2]

Mignen (Gustave), Paroisses, églises et cures de Montaigu "Bas-Poitou", 1900, p. 145 à 171.

 
[3]

Kléber (Jean-Baptiste), Mémoires politiques et militaires, édition 1989, p. 116-117.

 
[4]

Cliché Claude Arrignon, in : Arrignon (Claude) et Renaud (Joseph), Patrimoine religieux en Vendée, 2003, p. 112.

 
[5]

Nouveau Testament, Marc IX, 2-10.

 
[6]

Lorvoire (Jean-Claude), Retables baroques de Vendée – XVIIe-XVIIIe siècles, mémoire de maîtrise d'histoire, Nantes, 1981, p. 152.

 
[7]

Délibérations du conseil municipal, 10 novembre 1837 (Arch. dép. de la Vendée : 146 D1).

 

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