Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Saint-Jacques (faubourg)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
  • Localisation : Le "faubourg Saint-Jacques" est situé au sud de la Vieille Ville de Montaigu, le long de la route allant vers La Rochelle puis Bordeaux.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section B
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section AK

Etymologie

L'origine du nom "Saint-Jacques" pour ce faubourg et son église est à mettre en rapport avec sa localisation au sud de la ville, c'est-à-dire sur le "chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle", ce qui est conforté par la charte de fondations de 1174 de la "maison hospitalière" ayant pour mission de "recevoir les pauvres malades et les pèlerins"[1].

Données historiques

Histoire et archéologie

Selon Gustave Mignen, l’existence du futur "faubourg Saint-Jacques" aurait précédé celle de la ville même de Montaigu. En témoigneraient des trouvailles archéologiques, aujourd’hui disparues, qui y auraient été faites à proximité. Avant d’être réduit à un faubourg de Montaigu peu après l’an Mil, il aurait porté le nom de "Denais" (ou "Dinais") antérieurement au VIIe siècle, puis ceux de "Saint-Jacques-de-Dinais" et enfin de "Saint-Jacques"[2].

En 1174, "Maurice, fils de Briant de Commequiers, seigneur de Montaigu" déclarait y avoir précédemment "fondé une certaine maison hospitalière, scize à Montaigu, pour y recevoir les pauvres malades et les pellerins"[1]. On en étaient aux débuts du futur hôpital, établi à la sortie sud de la ville, le long du chemin conduisant de Nantes à Bordeaux et de là, comme le suggère le texte cette charte de Maurice II, vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Une localisation qui avait valu son nom à ce faubourg et à la paroisse qu’il constituait. Cette dernière incluait aussi le "moulin de l’Egault", le "Pont Neuf", "l'Anglais", et le "Château de Montaigu", mais excluait "la Caillauderie" et "la Crépelière" qui relevaient de la paroisse Saint-Pierre de La Guyonnière.

Situé à l’extérieur des fortifications, le faubourg fut souvent occupé par les troupes assiégeant Montaigu, en particulier dans la deuxième moitié du XVIe siècle, pendant les Guerres de religion qui y virent passer en 1588 Henri de Navarre, le futur Henri IV[3]. Le bâtiment sud de l’actuelle "Cour de la poterie", possède des restes antérieurs à cette époque qui le font remonter au moins au début du XVe siècle, ainsi que des traces d’un souterrain-refuge dont les origines sont difficiles à déterminer. Avec la petite maison du n°4 de la "rue du Pont-neuf", ce sont là les vestiges les plus anciens du faubourg, les restes de son église du XIIe siècle ayant été démolis en 1837 par Armand Trastour, alors maire de Montaigu, et ceux de l’ancienne aumônerie-hôpital l’ayant été à leur tour en 1906 par le maire de l’époque, Joseph Gaillard.

Au XVIIIe siècle, le "faubourg Saint-Jacques" comptait plus de 400 habitants. Il était peuplé de populations modestes, et abritait une tannerie (au village du "Pont-neuf") et les boucheries de Montaigu qui, en raison de leur insalubrité, avaient été exclues de la ville[4], où elles ne reviendront que plus tard.

Autour du 1er octobre 1793, il fut, à l’exception de l’hôpital, incendié sur les ordres de Kléber[5]. En 1814, les ruines étaient loin d’avoir été toutes relevées et de nombreuses "masures" y subsistaient, principalement au sud et à l’est[6].

Jusqu’au milieu du XXe siècle, les habitants de ce "faubourg Saint-Jacques" ont cultivé une réputation de "dangereux rouges" (et de bons chrétiens). Ils affichaient une attitude frondeuse vis-à-vis de la "ville de Montaigu" "bourgeoise et bleue", jouant les "communes libres", et ils se nommaient un "maire de Saint-Jacques". Ainsi Charles Brosset, mécanicien habitant dans la "cour de la Poterie", fut honoré de ce titre autour des années 1930 à 1950[7]… tout en étant aussi un des membres du conseil municipal de la commune de Montaigu de 1925 à 1959.

Autres mentions

La rue principale traversant le "faubourg Saint-Jacques" est appelée "rue Saint-Jacques".

L’architecture traditionnelle des bâtiments de ce faubourg reflète l’appartenance de sa population à des catégories socio-professionnelles modestes.  Cependant le n°9 de la "rue Saint-Jacques" (cf. photo ci-contre) détonne. Il s’agit de la vaste maison familiale et siège de leur entreprise de construction que les frères Coutaud s’édifièrent en 1911, dans le style et avec les matériaux "modernes" de l’époque. Ils visaient ainsi à montrer en même temps leur savoir-faire, leur modernité et leur réussite. 

Illustrations

montaigu_st_jacques_faubourg.jpg

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Le "faubourg Saint-Jacques" :
l’embranchement des routes de la Boissière et de Saint-Georges
en 1905 et durant l’hiver 2012,
la
"rue Saint-Jacques" durant l’hiver 2012 et en 1935.

[1]

Mignen (Gustave), Chartes de Fondations pour l'Aumônerie-Hôpital de Montaigu (Bas-Poitou), 1904, p. 15.

 
[2]

Mignen (Gustave), Paroisses, églises et cures de Montaigu "Bas-Poitou", 1900, p. 8 et p. 146.

 
[3]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d'histoire (IVe-XXe siècle), 1958, p. 35.

 
[4]

Richard de la Vergne (Louis), Mémoire sur la topographie médicale de la ville de Montaigu, manuscrit, 1787, p. 11.

 
[5]

Kléber (Jean-Baptiste), Mémoires politiques et militaires, édition 1989, p. 116-117.

 
[6]

Plan et état de sections du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146).

 
[7]

Entretiens en 2012 et en 2013 avec Anselme Badreau et avec Marie Tourancheau, tous les deux de la "Cour de la poterie" et natifs du "faubourg Saint-Jacques".

 

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