Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Saint-Jacques (porte)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Rochelle (porte de La)

Saint-Georges (porte de) [-de-Montaigu]

Jaillet (porte)[1] (1447 - ?)

Jallet (porte)[2] (1580 - ?)


Nature(s) du lieu

Catégorie : Fortification, tour Masquer
Titre Image
  • Nature : Fortification, tour
    Précision sur la nature du lieu : porte
  • Localisation : La "porte Saint-Jacques" était située à la sortie de la Vieille Ville, au niveau du "pont Jarlet".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section B
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section AH

Données historiques

Histoire et archéologie

Hiver 2012 : localisation des vestiges de l’ancien bastion de la "porte Saint-Jacques",
avec sa rampe d’accès et ses abords ;
au sud, le
"chemin de Barbecane", qui tient son nom d’une "barbacane" antérieure
dont des restes furent mis au jour lors d’un sondage en 2016.

(vue aérienne en 2009, environ 140 x 114 m, © GEOPORTAIL)

La "porte Saint-Jacques" à la sortie sud de la vieille ville de Montaigu, était située en avant du "pont Jarlet", selon Gustave Mignen. Elle était précédée d’un bastion, construit sur l’ordre de Louis XI en 1476, qui se substitua à une barbaca-ne antérieure. Les restes de ce bastion (ou "boule-vard d’artillerie") et de sa rampe d’accès consti-tuent un important monticule d’environ 52 m sur 39 m, situé après le "pont Jarlet", à l’angle du "chemin de Barbecane". La "porte Saint-Jac-ques" (toujours selon Gustave Mignen), était séparée du bastion par un pont-levis franchissant un fossé par où se déversait le trop-plein de "l’étang Saint-Michel", formé par un petit barrage sur l’Asson[3].

En septembre 2016, un petit sondage, aussitôt rebouché, a permis de trouver la trace d’un mur pouvant provenir d’une tour semi-ronde d’un diamètre 6,50 m, vestige de la barbacane qui, antérieurement au XVe siècle, se trouvait en avant des "porte Saint-Jacques" et ancien "pont Jarlet".


La trace d’un élément de l’ancienne barbacane 
mis au jour lors du sondage de septembre 2016, réalisé par Fabien Leroux, 
de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP).

Cet endroit est évoqué en 1742 par le sénéchal François-Frédéric Bellouard de Jémonville[4], dans Anecdotes de la Ville de Montaigu en Poitou : "Au-dessous du château était la porte de la Rochelle, où se voient encore quelques vestiges d'un bastion. C'était dans l'endroit où est à présent le jardin des Rayer, qui en a retenu le nom de Barbecane, en prenant la partie pour le tout. En continuant sur la route, on aperçoit un faubourg nommé Saint-Jacques de Montaigu. Dans ce faubourg, il y avait autrefois une porte qu'on appelait la porte de Saint-Georges, qui servait comme de première défense à la ville". Quand il reprend son texte en 1765, Fr.-Fr. Bellouard de Jémonville ajoute pour cette "porte de Saint-Georges" : "Elle a totalement disparu lors de l'ouverture de la grande route".

On ne retrouve effectivement aucune trace aujourd’hui de cette "porte de Saint-Georges" dans le "faubourg Saint-Jacques", et, entre 1752 et 1757, la construction de la nouvelle route venant de La Rochelle pour rejoindre Nantes, tracée dans la mesure du possible au droit, fit aussi disparaître les restes de la "porte Saint-Jacques" proprement dite, et écorna et ruina un peu plus le bastion qui la précédait.

Plus tard, ce bastion fut surmonté d’un calvaire en bois dont on devinait encore la base en 2012, et qui jusque dans les années 1960 était chaque mois de mai le but de l’une des trois processions des Rogations[5]. En mauvais état, une tempête l'abattit vers 1967.

Autres mentions

En 1967 ou 1968, une lame en acier a été découverte par M. Jean-Bernard Piveteau[6] près de la "porte Saint-Jacques", le long de la rive gauche de l’Asson qu’une crue venait de dégrader. La forme de cette lame et la présence à sa surface de "pailles de forge" peuvent la faire dater de la fin du XVIe siècle (l’absence d’homogénéité de l’acier à cette époque est à l’origine de l’apparition au fil du temps de ces manques dans le métal, causés par son oxydation inégale). Cette lame pourrait être un "souvenir" d’un des nombreux combats ayant eu lieu à cet endroit durant les guerres de Religion, entre les huguenots occupant Montaigu (dont Agrippa d’Aubigné en 1580) et les troupes royales ou de la Ligue qui vinrent les assiéger[7].


Comparaison d’une reproduction d’une dague "main gauche" du début du XVIIe siècle 
(en haut : longueur 51 cm),
et de la lame découverte près de la "porte Saint-Jacques" en 1967-1968 
(en bas : longueur 61 cm).

[1]

Registres des procès et arrêts rendus par le Parlement de Paris (Arch. nat., X2a 24, aux 27 et 28 février 1447) : le 9 janvier 1446, le sénéchal de Montaigu, Nicolas Queyré, entrant en ville, était tombé "à la porte Jaillet de Montaigu" dans une embuscade fomentée par le seigneur du lieu, Jean III Harpedane, et avait été jeté en prison… d’où le procès qui s’en suivit.

 
[2]

Aubigné (Théodore Agrippa d’), Mémoires, 1re éd. 1854, p. 261. Les noms de "porte Jaillet" et, ici en 1580, de "porte Jallet" sont à mettre en rapport avec celui toujours actuel du "pont Jarlet" au-devant duquel cette porte se trouvait immédiatement située.

 
[3]

Mignen (Gustave), l'Ancien Montaigu, conférence du 13 mars 1910, manuscrit (Arch. mun. de Montaigu).  

 
[4]

Bellouard de Jémonville (François-Frédéric), Anecdotes de la ville de Montaigu en Poitou, 1742 (Bibl. mun. de Nantes, Fonds Dugast-Matifeux, dossier 204).

 
[5]

Entretiens en 2012 avec Denise Favreau-Bourquie (1920-2015), née à Montaigu où elle a toujours vécu.

 
[6]

Entretiens en mai 2015 avec J.-B. Piveteau, découvreur de cette "dague".

 
[7]

Aubigné (Théodore Agrippa d’), Histoire universelle, édition 1626, livre 4 du tome 2.

 

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