Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Saint-Jean-Baptiste (église)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Saint-Jean (église) (avant 1789) source : Avant la Révolution, "l’église Saint-Jean-Baptiste" portait le nom "église Saint-Jean".


Nature(s) du lieu

Catégorie : Église, établissement religieux Masquer
Titre Image
  • Nature : Église, établissement religieux
    Précision sur la nature du lieu : église
  • Localisation : "L'église Saint-Jean-Baptiste" se trouve au centre de la Vieille Ville de Montaigu.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section AH

Données historiques

Histoire et archéologie

Avant la Révolution, la paroisse et l’église "Saint-Jean-Baptiste" étaient placées sous le patronage de saint Jean l’évangéliste, ainsi que le notent le Manuscrit de Luçon (1533-1534), le Pouillé d’Alliot (1648), le Livre rouge et Dom Fonteneau (XVIIIe siècle), registres administratifs mentionnant les biens et bénéfices ecclésiastiques du diocèse de Luçon[1]. Ce n’est qu’après la réorganisation de l’Eglise de France par le Concordat de 1801, et l’établissement d’une seule paroisse pour Montaigu, que le nom de "Saint-Jean-Baptiste" apparaît.

Extérieur de "l’église Saint-Jean-Baptiste" en 2010, côté nord ;
Intérieur de
"l’église Saint-Jean-Baptiste" en 2012 : la grande nef,
et les fonts baptismaux que le style et les formes font dater du XVIIIe siècle.

Après la démolition de la vieille église en 1863, la nouvelle "église Saint-Jean-Baptiste" entra en fonction durant l’été 1866[2]. Construite sur le même emplacement et avec la même orientation que l’édifice précédent, elle possédait désormais trois nefs et disposait d’une surface deux fois plus grande (environ 40 m sur 20 m, au lieu d’environ 30 m sur 15 m). La flèche prévue pour le clocher ne fut jamais édifiée en raison d’incertitudes quant à la solidité de la tour[3].

Son plan[4] a été conçu par l’architecte Victor Clair qui, durant sa période active en Vendée, construisit de 1855 à 1878 plus des deux-tiers des églises bâties alors dans le département. "Le répertoire dans lequel il puise ses références reste limité à des éléments simples : le clocher-porche en façade, une modénature discrète qui met en valeur des volumes réguliers dont les voûtes bombées [et les baies en lancettes du chœur (cf. photo ci-contre) que les orgues masquent aujour-d’hui] semblent inspirées par l'architecture angevine. L'austérité ornementale caractéristique des églises modestes se trouve exprimée plus puissamment dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Montaigu […]"[5].

En 1893, un autel de marbre blanc, dans le style néo-gothique en vogue à l’époque, remplaça l’autel provenant de l’église précédente[6]. Bien qu’on manque d’information sur leur origine, les fonts baptismaux, en marbre noir, proviennent très probablement eux aussi de l’ancienne église, leur style et leurs formes les faisant dater du XVIIIe siècle. Dans les années 1950, furent installés les intéressants vitraux modernes des nefs latérales représentant les saints locaux[7]. En 1967, deux nouvelles cloches furent ajoutées aux deux plus anciennes, en place à Montaigu depuis 1811 et 1851. Les grandes orgues, construites en 1892 pour l’église Saint-Laud d’Angers par le facteur nantais Louis Debierre, furent acquises et montées en 1955-1958 ; le nombre de leurs jeux fut porté de 18 à 22 en 1961, puis à 27 en 1984[8]. Une active association des "Amis de l’orgue de Montaigu" organise régulièrement des concerts variés (orgue, voix et autres instruments) très courus pour leur haute qualité. En mai 2000, une exposition sur les gargouilles du clocher a été une occasion pour revenir sur l’histoire de cette église.

Autres mentions

Victor Clair (1829-1885) conçut aussi, en 1864, la mairie de Montaigu. Architecte départemental, il fut le constructeur de nombreux édifices civils, dont une soixantaine d’écoles. Dès son époque, ses réalisations furent controversées. En 1878, sa révocation a été due à sa "gestion personnelle et contestable" des budgets et des deniers publics, et surtout au "caractère fictif d’une partie des mémoires de [ses] travaux" et à "l’absence de suivi dans les réalisations"[9]
Les fragilités qui en ont découlé expliquent l’absence de flèche sur le clocher de Montaigu et la fermeture momentanée de l’église en 2018.

Depuis septembre 1997, "l’église Saint-Jean-Baptiste" fait partie de la paroisse "Saint-Martin de Montaigu" réunissant avec elle les communes de La Boissière-de-Montaigu, de Boufféré, de La Guyonnière, de Saint-Hilaire-de-Loulay et de Saint-Georges-de-Montaigu. Avec les paroisses "Notre-Dame des trois Provinces" (autour de La Bruffière), "Louis-Marie Baudouin" (autour de Chavagnes-en-Paillers), et "Pierre Monnereau" (autour de Rocheservière), elle constitue l’un des treize doyennés créés sur la Vendée en mai de cette même année. Ce "doyenné de Montaigu", réunit au total vingt et une communes.

[1]

Aillery (Eugène), Pouillé de l’évêché de Luçon, 1860, p. 76-77. 

 
[2]

Mignen (Gustave), Paroisses, églises et cures de Montaigu "Bas-Poitou", 1899, p. 1… 

 
[3]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d'histoire (IVe-XXe siècle), 1958, p. 126.

 
[4]

Archives communales : dossier "édifices du culte", église Saint-Jean-Baptiste de Montaigu, 1810-1914 (Arch. dép. de la Vendée : 1 O 438). 

 
[5]

Halgand (Marie-Paule), "les Eglises en Vendée au XIXe siècle : neutralité et éclectisme", in l'Architecture religieuse au XIXe siècle : entre éclectisme et rationalisme, dir. Foucart (Bruno) et Harmon (Françoise), 2006, p. 134-135.

 
[6]

Sanchez (Angel), l’Église Saint-Jean-Baptiste de Montaigu, 2006. 

 
[7]

Loizeau (Pauline) et Phelipot (Geneviève), Rendez-vous place de l’église, 2007, p. 356. 

 
[8]

Site des Amis de l’orgue de Montaigu : http://jp.blaineau.free.fr/.

 
[9]

Halgand (Marie-Paule), Architecture et politique : la construction des bâtiments civils en Vendée au XIXe siècle, 2000, p. 628-638. 

 

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