Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Saint-Jean (église)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Église, établissement religieux Masquer
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  • Nature : Église, établissement religieux
    Précision sur la nature du lieu : église
  • Localisation : "L'église Saint-Jean" se trouvait au centre de la Vieille Ville, à l’emplacement de l’actuelle "église Saint-Jean-Baptiste".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section AH

Données historiques

Histoire et archéologie

L’origine de l’ancienne "église Saint-Jean" de Montaigu, démolie en 1863, remonte avant 1241, comme pour les églises Notre-Dame et Saint-Nicolas, ainsi qu’une charte de fondations en faveur de "l'Aumônerie-Hôpital" en témoigne[1]. Jusqu’à 1627, sa paroisse s’étendait sur la partie de la Vieille Ville de Montaigu située à l’ouest de la "rue Saint-Lucas" et de la "rue de la Communauté", moins le Château qui relevait de la paroisse "Saint-Jacques". Comme les autres églises de Montaigu, elle a été incendiée en 1568 par les protestants. En 1627, la "paroisse Notre-Dame", ruinée et dépeuplée par les guerres de Religion (1562-1598), lui fut rattachée.

L’ancienne "église Saint-Jean" de Montaigu, côté sud, avant 1850
(dessin A. Douillard) ;
l’horloge du clocher y avait été installée en 1812.
Les anges en bois sculpté qui décoraient l'autel principal, en 2012.
L’ancien coq du clocher, en 1928
au-dessus de la villa de Georges Clemenceau à Saint-Vincent-sur-Jard,
et son remplaçant équeuté en 2012 en ce même lieu.

Cette "église Saint-Jean" mesurait environ 30 m sur 15 m. Son clocher en bois avait été refait en 1674, et sa voûte, elle aussi en bois, peinte couleur bleu ciel émaillée d’étoiles d’argent, avait, peut-être, remplacé une précédente voûte en pierre qui aurait été détruite lors des guerres de Religion. Elle était bordée par un petit cimetière, le "cimetière de Saint-Jean", qui fut désaffecté par souci de salubrité publique en 1790. Pendant la Révolution, elle échappa à la destruction car elle y servit d’entrepôt pour les foins, pailles et grains ainsi que les instruments agricoles et industriels pillés par les soldats de Kléber qui avaient ordre de mettre les alentours en coupe réglée et d’en affamer les habitants. Ses deux cloches, "Angélique-Marie" et "Joachine-Pélagie", fondues alors par les autorités républicaines, ne furent remplacées qu’en 1811 (avec "Napoléon-Joséphine") et en 1851 (avec "Louise-Marie-Léopoldine")[2].

Le 14 octobre 1791, les dirigeants de l’assemblée du District de Montaigu avaient nommé pour la paroisse désormais unique de Montaigu un curé assermenté, Claude Bouche, précédemment vicaire à Ardelay, au grand mécontentement des Montacutains. Le conseil municipal de la ville préféra démissionner plutôt que de l’installer et, réélu, reprit ses fonctions aussitôt après. En mars 1793, Claude Bouche fut arrêté par la population locale insurgée. Relâché un peu plus tard il partit de Montaigu[1]. Quant à l’ancien curé, Jacques Raillon (1762-1835), originaire du Dauphiné et en poste seulement depuis octobre 1790, il avait été obligé de partir pour avoir refusé de prêter  serment à la Constitution civile du clergé. Il finit par s’exiler en Suisse, dans le Tessin, puis à Venise. Rentré en France en 1802, ses qualités intellectuelles lui permirent de nouer de bonnes relations avec le pouvoir en place et d’être nommé évêque d’Orléans, en 1810, par Napoléon Ier. Après la chute de l’Empire et de nombreuses controverses, la charge d’évêque de Dijon lui fut confiée en 1829, puis celle d’archevêque d’Aix-en-Provence fin 1830. Jusqu’en 1922, il sera le dernier prêtre issu de Vendée à être promu évêque en France métropolitaine[3].

La Révolution passée, l’église put retrouver ses fonctions et certains objets de culte qui avaient échappé aux destructions y trouvèrent ou y retrouvèrent une place. Ils y étaient toujours en 2015 : deux "Christs en croix" en bois polychrome des XVIIe et XVIIIe siècles, les fonts baptismaux en marbre noir du XVIIIe, une croix de procession de 1777 de l’orfèvre parisien Claude-Pierre Deville († 1783), une lampe de sanctuaire de 1745, provenant de l’ancien "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur" de l’orfèvre parisien Alexis Porcher († 1781).

En 1812, le clocher fut réparé et équipé d’une horloge, et la voûte lambrissée fut refaite. En 1829, un orgue fut installé[4]… Les deux anges en bois polychrome, qui ornent depuis 2014 les autels latéraux de l’actuelle "église Saint-Jean-Baptiste", ont été ajoutés vers 1840.

En raison de sa trop petite taille, l’église fut démolie à partir de juillet 1863, et une nouvelle fut construite au même emplacement. Pendant les travaux, le culte et les cérémonies religieuses eurent lieu dans la grande salle de l’hôpital, comme cela avait été le cas à la fin de la Révolution[5].

Autres mentions

Après la réorganisation de l’Église de France par le Concordat de 1801, "l’église Saint-Jean", devenue la seule église de Montaigu, changea, peut-être par inadvertance, de nom et fut appelée "église Saint-Jean-Baptiste".

Le coq, qui surmontait l’ancien puis le nouveau clocher, a dû quitter Montaigu. A la suite des lois de séparation de l’Église et de l’État de 1905, les biens de la paroisse furent confisqués par l’État et furent attribués à la commune. Le maire, Joseph Gaillard, s’en considérant personnellement propriétaire, offrit le coq, à une date indéterminée, à Georges Clemenceau son cousin au septième degré. C’est ainsi qu’il veilla sur la villa de ce dernier, à Saint-Vincent-sur-Jard, jusqu’à ce qu’il disparaisse dans les années 1930. Aujourd’hui, c’est un remplaçant à courte queue qui y tient ce rôle[6].

[1]

Mignen (Gustave), Chartes de Fondations pour l'Aumônerie-Hôpital de Montaigu (Bas-Poitou), 1904, p. 22.

 
[2]

Mignen (Gustave), Paroisses, églises et cures de Montaigu "Bas-Poitou", 1899, p. 1… 

 
[3]

Baraud (Armand), le Clergé vendéen victime de la Révolution française, 1905, t. 2, "Notices biographiques des prêtres qui ont survécu", p. 469-473. 

 
[4]

Arrêtés et délibérations de la municipalité de Montaigu : 3 décembre 1811 et 22 mars 1830 (Arch. dép. de la Vendée : 146 R3).

 
[5]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d'histoire (IVe-XXe siècle), 1958, p. 126.

 
[6]

Enquête en 2012 auprès du Musée Georges Clemenceau, à Saint-Vincent-sur-Jard.

 

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