Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Saint-Joseph

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Saint-Joseph" est situé à 650 mètres au sud-est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section G, 1re feuille
    • Coordonnées cadastrales moderne : section AD

Données historiques

Histoire et archéologie

Quand il fut créé, autour de 1900, le village de "Saint-Joseph" ne comportait qu’une borderie[1].  Il reçut pour appellation le prénom de son fondateur, prénom traditionnel dans la famille de celui-ci. En 2019, la population communale du Poiré ayant été multipliée par 2,5 en 50 ans, il se trouvait englobé dans la croissance de son bourg.

Les bâtiments de "Saint-Joseph" furent établis près de l’emplacement de ceux de l’ancienne métairie de "la Brachetière" qui, pour l’essentiel, avait été détruits par les troupes républicaines un siècle plus tôt. Vers 1845, ce nom réapparut, mais un peu plus loin, le long de la route sortant du Poiré pour aller à Mouilleron. Quant aux terres d’origines diverses de "Saint-Joseph", sur leurs environ 15 ha, 12 seulement étaient susceptibles de provenir de l’ancienne métairie de "la Brachetière" qui, elle, s’étendait en 1790 sur 230,5 boisselées (soit 26,3 ha)[2].

En 1950, la borderie de "Saint-Joseph" était constitué de 19 champs (12,25 ha), 5 prés (2,35 ha) et 1 vigne (0,4 ha)[3], certaines parcelles étant situées à 1,5 km de son siège. Parmi leurs noms on trouvait ceux de : "le beignon d’homme", "le bézier", "la tonnelle", "la mazure"[4]

Les battages à "Saint-Joseph", durant l’été 1961.
(photos d’Armand Mignet, coll. Jean Mignet)

A cette époque son exploitant, Fernand Pelé, se lança, sur 15 ares, dans la très contrôlée culture du tabac que l’État avait réservée jusque-là aux agriculteurs du sud-ouest de la France. Au Poiré cela constitua un appoint essentiel pour beaucoup d’exploitations très petites ou disposant d’une main d’œuvre familiale abondante[5].

En 2019, Dany Pelé, petit-fils de Fernand, a cessé cette culture et a été le dernier des "planteurs de tabac" de la commune, qui en avait compté 163 en 1959. "Saint-Joseph" perdant la plupart des terres de ses origines, il en a aussi été le dernier agriculteur, après avoir dû déplacer son activité sur "la Gendronnière" voisine.

Le nom du village n’est plus désormais rappelé que par celui de la "rue Saint-Joseph". Ses bâtiments anciens ont été intégrés au Foyer d'Accueil Médicalisé (F.A.M.) qui y a été créé en 2009 et qui est un des dix-huit mis en place en Vendée depuis 1988[6]. Une trentaine d’adultes handicapés y résidaient en 2019[2].

"Saint-Joseph" et ses terres en 1950, avec quelques-uns de leurs noms ;
et soixante-cinq ans plus tard,
l’emplacement de celles-ci, ses bâtiments et son saint patron.
(vues aériennes : le 1er juillet 1945 et vers 2015 - environ 1800 x 1720 m)

Autres mentions

"La Brachetière", près de l’emplacement des bâtiments de laquelle furent édifiés ceux de "Saint-Joseph", était l’une des dix-sept métairies appartenant avant la Révolution à la famille des Guinebaud de la Millière sur le Poiré. Ceux-ci ayant émigré, leurs biens furent mis sous séquestre et, après inventaire et estimations, ils furent mis en vente par blocs, comme le seront aussi les vingt-huit autres métairies devenues biens nationaux sur la commune.

Des Guinebaud restés en France purent cependant racheter l’ensemble de ces biens familiaux, mais Isaac Florent Guinebaud fut peu de temps après amené à vendre "la Brachetière". Cette vente se fit en dix-huit lots, pour l’essentiel entre 1808 et 1811, et les quatre dernières pièces de terres et la maison, en mauvais état, en octobre 1825. Les acheteurs furent pour la plupart des habitants du bourg du Poiré tout proche[7]. En 1836 les restes de ses bâtiments avaient disparu[4].

[1]

Listes nominatives des recensements de 1851 à 1911 (Arch. dép. de la Vendée : 6 M 280).

 
[2]

Estimations des biens nationaux du canton du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212).

 
[3]

Acte notarié du 25 octobre 1951 (étude de Jacques Dugast, le Poiré-sur-Vie).

 
[4]

Plan cadastral de 1836 du Poiré-sur-Vie (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178). Les significations de "bézier" ou de "beignon d’homme" sont inconnues ou très hypothétiques. Pour ceux qui ont conservé la connaissance des mots utilisés autrefois localement, un champ appelé "mazure" était un champ séchant, sableux et peu profond. Quant au nom de "la tonnelle", il correspond souvent à la présence d’un ancien moulin à vent du temps où ceux-ci étaient constitués d’une sorte de cage en bois reposant sur un pivot en bois enserré dans petite tour en pierre (tonnelle) et appelés en d’autres lieux "moulins turquois" ; en 1836, en bordure du chemin connu par la suite sous le nom de "chemin des amours", et tout proche de la terre de "la tonnelle" se trouvait aussi "le moulin de la Chapelle" ou "moulin Ardente", qui fut démoli en 1866 (E.-M. Vincent, les Moulins du Poiré-sur-Vie, 2012, inédit, 42 p.).

 
[5]

Mignet (M.), Culture et planteurs de tabac au Poiré-sur-Vie, mémoire manuscrit inédit, IGARUN, 1971, 45 p. En 1959, les 163 "planteurs de tabac" du Poiré, sur des surfaces allant de 10 ares à 71 ares, cultivaient au total 33,06 ha de tabac. Curieusement, les exigences culturales imposées aux planteurs de Vendée étaient nettement plus grandes que celles demandées à ceux du bassin aquitain, berceau de la culture du tabac en France, et elles nécessitaient d’y passer beaucoup plus de temps. La main d’œuvre familiale bénévole des enfants et des personnes âgées était la bienvenue…

 
[6]

La Vendée est un des trois départements ayant le plus de Foyers d'Accueil Médicalisé pour adultes handicapés (F.A.M.) par rapport à son nombre d’habitants. Leurs créations, à partir de 1988, se sont faites dans le cadre de la politique sociale du Conseil général de la Vendée de l’époque.

 
[7]

Adjudications des biens nationaux du canton du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 250 et 270) et minutes des notaires du Poiré du début du XIXe siècle (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 24 / 43 à 3 E 24 / 60).

 

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