Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Poiré-sur-Vie, Le > Saint-Joseph

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Saint-Joseph" est situé à 650 mètres au sud-est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section G, 1re feuille
    • Coordonnées cadastrales modernes : section AD

Données historiques

Histoire et archéologie

Quand il fut créé, autour de 1900, le village de "Saint-Joseph" ne comportait qu’une borderie[1].  Son fondateur lui donna son prénom, qui se portait traditionnellement de père en fils dans la famille. En 2020, la population du Poiré ayant été multipliée par 2,5 en 50 ans, "Saint-Joseph"  se trouvait englobé dans la croissance du bourg.

Les bâtiments de "Saint-Joseph" avaient été édifiés près de l’emplacement de ceux d’une ancienne métairie, ruinée par les troupes républicaines un siècle plus tôt et qui avait ensuite disparu : la métairie de "la Brachetière". Un nom qui fut redonné vers 1845 à des maisons nouvelles, édifiées un peu plus loin le long de la route sortant du Poiré pour aller à Mouilleron.
Quant aux terres de "Saint-Joseph", elles ne recouvraient que partiellement les 230,5 boisselées (26,3 ha) qui composaient l’ancienne métairie en 1790[2]. En 1950, ses environ 15 hectares étaient formés par 19 champs (12,25 ha), 5 prés (2,35 ha) et 1 vigne (0,4 ha)[3], et certaines de ces parcelles étaient situées à 1,5 km du siège de l’exploitation. Elles portaient, entre autres noms, ceux du "beignon d’homme", du "bézier", de la "tonnelle", de la "mazure"4

Les battages à "Saint-Joseph", durant l’été 1961.
(photos d’Armand Mignet, coll. Jean Mignet)

A cette époque son exploitant, Fernand Pelé, se lança, sur 15 ares, dans la culture très contrôlée du tabac, que l’État avait réservée jusque-là aux agriculteurs du sud-ouest de la France. Au Poiré cela constitua un appoint essentiel pour beaucoup de fermes, très petites mais disposant d’une main d’œuvre familiale abondante[4].

"Saint-Joseph" et ses terres en 1950, sur une vue aérienne du 1er juillet 1945 ;
et soixante-cinq ans plus tard l’emplacement de celles-ci,
avec une photo de ses bâtiments et de son saint patron.

(environ : 1800 x 1720 m)



Puis l’urbanisation grignota la plupart des terres de "Saint-Joseph", et son activité agricole dut être déplacée sur "la Gendronnière" voisine. En 2019 Dany Pelé, petit-fils de Fernand, fut le dernier à cesser la culture du tabac sur la commune du Poiré qui, en 1959, avait compté jusqu’à 163 "planteurs".

Le nom du village n’est désormais plus rappelé que par la "rue Saint-Joseph". Ses bâtiments anciens ont été intégrés au Foyer d'Accueil Médicalisé (F.A.M.) qui y a été créé en 2009 et qui est un des dix-huit mis en place en Vendée depuis 1988[5]. Une trentaine d’adultes autistes y résidaient en 2019[2].

 

Autres mentions

La métairie "la Brachetière", sur l’emplacement des bâtiments de laquelle furent édifiés ceux de "Saint-Joseph", était l’une des dix-sept que possédaient la famille des Guinebaud de la Millière avant la Révolution sur le Poiré. Ceux-ci ayant émigré, leurs biens furent mis sous séquestre et, comme le seront les vingt-huit autres métairies devenues aussi biens nationaux sur la commune, ils furent mis en vente par blocs après inventaire et estimations.
Mais les biens des Guinebaud ne quittèrent pas la famille car un des membres de celle-ci, resté en France, réussit à les racheter. Cependant Isaac-Florent Guinebaud, rentré d’émigration, fut amené à vendre entre 1808 et 1811, l’essentiel de la métairie de "la Brachetière" partagé en dix-huit lots. Puis, en octobre 1825, il en vendit les quatre dernières pièces de terres ainsi que les bâtiments que la Révolution avait mis en si mauvais état qu'en 1836 ils avaient disparu[6]. Les divers acheteurs furent, pour la plupart, des habitants du bourg du Poiré tout proche[7].

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Listes nominatives des recensements de 1851 à 1911 (Arch. dép. de la Vendée : 6 M 280). 

 
[2]

Estimations des biens nationaux du canton du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212).

 
[3]

Acte notarié du 25 octobre 1951 (étude de Jacques Dugast, le Poiré-sur-Vie).

 
[4]

Cf. Mignet (M.), Culture et planteurs de tabac au Poiré-sur-Vie, mémoire manuscrit inédit, IGARUN, 1971, 45 p. En 1959, le Poiré comptait 163 "planteurs de tabac", ce qui était un record en France. Avec des surfaces allant de 10 ares à 66 ares, ils cultivaient au total 33,07 ha de tabac sur la commune. Curieusement, les exigences culturales imposées aux "planteurs" de Vendée étaient nettement plus contraignantes que celles demandées à ceux du Bassin aquitain, berceau de cette culture en France. Elles nécessitaient beaucoup plus de temps, et les enfants et personnes âgées de la famille étaient mobilisés en tant que main d’œuvre bénévole…

 
[5]

En 2020, la Vendée était, par rapport à son nombre d’habitants, un des trois départements ayant le plus de "Foyers d'Accueil Médicalisé" pour adultes handicapés (F.A.M.). Leurs créations se sont faites à partir de 1988, dans le cadre de la politique sociale du Conseil général de la Vendée de l’époque.

 
[6]

Plan cadastral de 1836 du Poiré-sur-Vie (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178). Les noms de parcelles apportent des renseignements pouvant présenter un certain intérêt, même si la signification de ceux de "bézier" ou de "beignon d’homme" est inconnue ou hypothétique. Ainsi une parcelle appelée "mazure" correspondait à un champ séchant, sableux et peu profond. Le nom de "tonnelle" pouvait rappeler l’ancienne présence d’un moulin à vent, du temps où ceux-ci étaient constitués d’une sorte de cage en bois tournant autour d’un pivot enserré dans petite tour en pierre (dite tonnelle) et qui était nommés en d’autres lieux "moulins turquois". Il se trouve qu’en 1836, tout proche de la terre appelée ici "la tonnelle", existait le "moulin de la Chapelle" ou "moulin Ardente", qui sera démoli en 1866 (cf. E.-M. Vincent, les Moulins du Poiré-sur-Vie, 2012, inédit, 42 p.).

 
[7]

Adjudications des biens nationaux du canton du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 250 et 270) et minutes des notaires du Poiré du début du XIXe siècle (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 24 / 43 à 3 E 24 / 60).

 

Nous écrire