Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Saint-Michel (église et cimetière)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Église, établissement religieux Masquer
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  • Nature : Église, établissement religieux
  • Localisation : "L’église Saint-Michel", aujourd’hui disparue, se situait en bordure ouest de la "place du Marché" du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : M 228
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section AE

Données historiques

Histoire et archéologie

Avant les années 1970, la circulation des véhicules et l’usure du temps avaient fortement dégradé le sol de la "place du marché" du Poiré. Cela fit affleurer, sur le milieu de son côté ouest, des restes du tracé des soubassements de "l’église Saint-Michel"[1]. Son origine remonte au XIe siècle et elle est considérée comme l’église paroissiale primitive du Poiré.


Sur un extrait (environ 328 x 238 m) du plan cadastral de 1836,
du bourg du Poiré-sur-Vie,
l’emplacement approximatif de l’ancienne
"église Saint-Michel"
tel qu’il avait été repéré au début des années 1970 par Alfred Tallonneau[1],
le cimetière qui l’entourait,
et les noms des lieux de son voisinage au début du XIXe siècle
.

Elle est donc antérieure à l’actuelle "église Saint-Pierre" qui date, elle, du début du XIIIe siècle[2], et son existence est attestée directement ou indirectement dans de nombreuses chartes :
- dans l’une d’elles, de 1092, Bernard, seigneur de la Roche-sur-Yon, donne à Saint-Martin et à ses moines de Marmoutier, l'église Saint-Lienne... l'église de Saint-Hilaire, de foris Rocha… l'église du château du Luc... et aussi l'église du Poiré "ecclesiam quoque de Petræto terræque mansuras tres"[3]...
- le 1er janvier 1105, dans une autre charte, saint Pierre II, évêque de Poitiers, confirme plusieurs donations faites au monastère de Marmoutier, entre autres des églises du Luc, de Beaufou "et ecclesiam de Petreto"[4]...
- puis une charte de 1120 environ, apprend que le même Bernard, précédemment cité, atteint d'une maladie mortelle et voulant assurer le salut de son âme, donne aux moines de Saint-Lienne "masuram terre que vocatur Bunio et est in parrochia de Pereio, cum omnibus consuetudinibus inde prodientibus", et à la même date, dans une autre charte, Joscelin, fils du dit Bernard, donne aux moines de Marmoutier qui servaient Dieu au prieuré de Saint-Lienne "mansuram terre unam que vocatur Maumiloneria et continetur infra parrochiam de Pereio"[5]...
- et encore, dans un Titre de fondation des Fontenelles, d’avant 1216, "Guillaume de Mauléon, seigneur de Talmond... avons fondé une abbaye de l'ordre de la Chancelade dans la forêt de la Roche… et ce du consentement de notre épouse Béatrix de qui nous tenons la terre de la Roche et la forêt dudit nom. Donc, désirant pourvoir la dite abbaye... nous avons donné... un homme du Poiré, dit Godet, avec ses héritiers et son airal qui est auprès de l'église de Saint-Michel du Poiré, avec tous ses autres biens, quittes et francs de toutes charges]"[6].

"L’église Saint-Michel" est décrite comme étant de petite dimension, avec seulement son chœur voûté de pierre[7], tandis que sa nef n’était couverte que d’une charpente de bois. Toujours existante à la veille de la Révolution, elle servait à faire le catéchisme aux enfants, et aussi de lieu de sépultures pour certaines familles de notables[8].

Vers le 23 novembre 1793, elle fut incendiée, par les troupes républicaines[9], et en 1826 ses ruines furent utilisées avec celles de la "chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle" pour la construction du nouveau clocher de l’église du Poiré[8]. C’est au-dessus de la porte de celui-ci que l’on peut voir les derniers restes de cette "église Saint-Michel" : un Christ en croix, accompagné de deux statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean (cf. photo ci-contre), et en-dessous, deux modillons avec têtes d'anges.

Le style de ces sculptures confirme la datation de la fin du XIe siècle de cette "église Saint-Michel". On remarquera par ailleurs et sans pouvoir aller plus loin, que les églises consacrées à saint Michel ont souvent remplacé d'anciens lieux de culte gaulois ou romains.

Dans les années 1930, le docteur Marcel Baudouin (1850-1941), connu par ses nombreux articles sur l’archéologie et la préhistoire locales, et pour son imagination débordante, a écrit un article sur "un vase funéraire mérovingien" trouvé dans le cimetière entourant l’ancienne "église Saint-Michel"[10]. Il avait été déposé entre 1840 et 1860 au Musée de la Roche-sur-Yon, et avait alors été classé en tant que "vase funéraire carolingien". En 2016, il y est présenté comme "un ‘pot tirelire’ en céramique transformé en encensoir du XIIIe siècle trouvé dans un tombeau de l'ancien cimetière du Poiré-sur-Vie (10,6 cm de haut et 11,5 cm de diamètre à la panse)"[11], mais ces qualification, transformation et datation semblent pour le moins sujettes à caution.


Quant à ce "cimetière Saint-Michel" lui-même (devenu plus tard celui de "l’église Saint-Pierre"), il a occupé, à un moment ou à un autre entre le Moyen Age et le XVIIIe siècle, l’ensemble de l’actuelle place centrale du bourg du Poiré. Cela correspondait au fait qu’alors "le cimetière n’était pas seulement le lieu où on enterrait, mais aussi, avec l’église, le foyer de la vie sociale et correspondait autant à l’idée de la place publique  qu’à celle d’espace réservé aux morts […] Cette double fonction s’expliquait par le privilège du droit d’asile : avec les mêmes motifs […] le pouvoir laïc s’arrêtait devant le mur de l’église et de son cimetière. A l’intérieur de ces murs, les vivants étaient comme les morts dans la paix de Dieu". "C’est dans le cimetière que la communauté délibérait, élisait son syndic, etc. Le piédestal de la croix hosannière[12] servait de tribune publique d’où les orateurs, les prédicateurs s’adressaient au peuple"[13].

Au début du XIXe siècle, sur la bordure nord de l’actuelle place on trouvait "l’école mutuelle"[14], dont le nom évoque une méthode d’enseignement qui connut une certaine vogue de 1750 à 1840 et qui se pratiquait dans une grande salle de classe unique. La partie ouest de la place servait pour la tenue des marchés, et les trois quarts restant étaient occupés par le cimetière d’alors. Théophile Deniau-Lamarre, vicaire pendant six mois en 1836 du curé du Poiré, en a laissé quelques années plus tard une courte description :
"Le cimetière était vaste et situé au milieu du bourg ; il était environné de murs, mais mal entretenus depuis longtemps. L’entrée principale, autrefois était très belle ; c’était un beau portail de pierre de taille ; il se trouve maintenant dans une [illisible] portion qu’on a prise, depuis longtemps déjà, pour en faire une place du marché des denrées ; et dans le cimetière même restant, la vaste salle d’école communale a été prise. Enfin, depuis quelques années, le cimetière supprimé, le nouveau a été transporté sur la route de Beaufou.
Je n’ai rien vu de bien remarquable dans les cimetières de cette contrée, si ce n’est un certain nombre de tombes où désignait la profession des artisans en y gravant quelques instruments de leur état : enclume et marteau pour un maréchal, etc. etc."[15]

Cette description est complétée par les réponses faites le 29 juillet 1853 par M. Pierre Garnier, curé du Poiré de 1820 à 1864, à une enquête faite par Mgr Baillès, évêque de Luçon ; des réponses qui renseignent, de plus, sur le transfert, en décembre 1839 / janvier 1840, de ce cimetière le long de la route des Lucs :

"Il y a, au milieu du cimetière, une belle et antique croix de pierre, en forme de colonne, croix de l'ancien cimetière, transférée en 1840, élevée sur un large marchepied de granit. Sur la surface du piédestal, c'est-à-dire, au pied de la colonne, est une niche de forme gothique contenant une statue de Notre-Dame de Pitié, qui était jadis au-dessus de la porte de l'ancien cimetière.
On y va en procession le dimanche des Rameaux, le jour de la Toussaint, après les vêpres des morts, et le lendemain, jour de la Commémoraison des Fidèles trépassés, après l'office.
Le 4e dimanche de l'Avent, mil huit cent trente-neuf [22 décembre], on fit, après les vêpres, la bénédiction solennelle du nouveau cimetière. Plus des deux tiers des habitants de la paroisse y assistaient. On commença d'y inhumer au premier janvier mil huit cent quarante. C'est à cette même époque que commença l'interdiction de l'ancien cimetière qui existait au milieu du bourg. D'après, je ne dirai pas la loi, mais la jurisprudence actuelle, il ne sera pas permis de faire enterrer aucune famille dans ce dernier avant l'année 1849 révolue."[16]


La statue originale de "la Pieta" évoquée par M. Garnier porte des traces de polychromie et, à sa base, l’inscription "M. A. 1655 M. P.". La niche qui l’abritait est datée de 1840, année du transfert du cimetière et de sa "croix hosannière"[12] du XIe ou du XIIe siècle, qui fut installée sur une base faite de pierres tombales venant elles aussi de cet ancien "cimetière Saint-Michel". Elle a été aujourd’hui (2016) déplacée et remplacée par une copie.

A l’automne 1945, l’orme considéré comme multiséculaire qui se trouvait là ayant été abattu au début de septembre 1939, on planta des tilleuls dans cette partie ouest du haut de la place du marché. Cela fit exhumer des crânes et autres os qui furent, momentanément, alignés en bordure des trous qui avaient été creusés. Cela fit exhumer des crânes et autres os, momentanément posés dans la terre du bord des trous qui avaient été creusés. Les enfants qui passaient par là pour revenir de l’école en furent marqués au point que, soixante-treize ans plus tard ils se souvenaient encore de ces restes surgis de l’ancien "cimetière Saint-Michel"[17].


Ancienne "église Saint-Michel" du Poiré
et édifices les plus notables d’art roman primitif (XIe siècle)
subsistant en Bas-Poitou,
selon René
Crozet et Michel Dillange[18],
(le Bas-Poitou était séparé du Haut-Poitou par les cours du Thouet et de l’Autize)

Autres mentions

La "place du marché", c’est-à-dire les emplacements de "l’église Saint-Michel" et de son cimetière, ont été en 2017 l’objet d’un projet d’aménagement de la part de la municipalité du Poiré, entraînant des travaux qui pouvaient permettre de retrouver le tracé de cette ancienne église et d’en rappeler le tracé et le souvenir. Ceci dans la suite de la politique de mise en valeur du patrimoine du centre du bourg, dont l’élément majeur fut la restauration en 2014 de l’église Saint-Pierre qui remonte au tout début du XIIIe siècle[19].
L’objectif de ce projet de rénovation est d’apporter du dynamisme au centre du Poiré et de lui donner des activités et animations originales[20], y intégrant à la fois la redécouverte et la préservation d’un patrimoine qui lui est spécifique.


Le futur "abri-halle" de la place du marché
et
l’emplacement approximatif de l’ancienne
"église Saint-Michel".

Effectivement, fin août 2018, les investigations de MM. Nicolas Bonnin et Jérôme Briand, de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) ont permis de confirmer l’existence de cette ancienne église et certaines des caractéristiques de son emplacement.

Sur le plan cadastral de 1836 (environ 100 x 100 m),
sur une vue aérienne prise vers 2014,
et sur le projet d’aménagement du centre du bourg,
la localisation approximative de
"l’église Saint-Michel",
et celle des excavations des fouilles faites en 2018.

En haut à droite : recherche de traces 
de l’ancienne
"église Saint-Michel", en août 2018 ;
et à gauche : vestiges de tombes du XIe  siècle ;

Au milieu à droite : restes d’un mur de l’ancienne école,
ébréché par une pelleteuse en juillet 2018.

Sur les plans et photo ci-dessus, l’ancienne "église Saint-Michel" est représentée avec des localisation et dimensions approximatives. Elle est dite, avant 1826, "à deux pas de l’auberge"[7] (maison de la Croix blanche) et a une longueur limitée par la rue longeant sa façade ouest et par l’école se trouvant à son chevet, soit dans les 20 à 25 m. Sa nef étant charpentée, sa largeur dépendait de la longueur de ses poutres, et était de 8,5 m au plus, épaisseur des murs comprise.
Quant aux éléments permettant de déterminer son âge, ce sont : l’attestation de son existence en 1092, les sculptures toujours existantes en provenant, le vase funéraire d’époque incertaine trouvé dans son cimetière, et enfin la datation des quelques vestiges[21] remis au jour en 2018.

[1]

Selon les indications d’Alfred Tallonneau (1894-1975) rencontré alors, et qui habita sa vie durant en bordure immédiate de l’emplacement de cette ancienne "église Saint-Michel". 

 
[2]

Lorvoire (Jean-Claude), les Sites cultuels du Poiré-sur-Vie, Office du Tourisme du Poiré-sur-Vie, 1998, 8 p. 

 
[3]

Cartulaire du Bas-Poitou, Prieuré de la Roche-sur-Yon, IV, p. 152.

 
[4]

Cartulaire du Bas-Poitou, Prieuré de Marmoutier, II, p. 64.

 
[5]

Cartulaire du Bas-Poitou, Prieuré de la Roche-sur-Yon, XV, p. 160.

 
[6]

Le Grip (Ed.), "Histoire de l'abbaye des Fontenelles", in Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée, 1877, 2e série, vol. 7, p.179. L’auteur y cite "Le papier Saumier concernant les droits et revenus mentionnés aux titres de l'abbaye royale de Notre-Dame des Fontenelles...", qui est une sorte d'inventaire des titres de l'abbaye.

 
[7]

Morteau (Abel), Notes historiques, entre 1887 et 1906 (manuscrit, Archives paroissiales du Poiré-sur-Vie). 

 
[8]

Boutin (Hippolyte), Chronique paroissiale du Poiré-sur-Vie, 1907, p. 13 à 17. En 1737, Louis Vaz de Mello fut inhumé "dans la chapelle de St-Michel" (Arch. dép. de la Vendée : 2 E 178/1, vue 16).

 
[9]

Cf. Manuscrits de Collinet (1788-1804), édition du Centre Vendéen de Recherches Historiques (C.V.R.H.), 2003, p. 183.

 
[10]

Baudouin (Dr Marcel), "Découverte d’un vase mérovingien au Poiré…", le Phare, vers 1930. 

 
[11]

Informations et photo transmises en 2016 et 2018 par Mme Sarah Chanteux, chargée des collections du Musée de la Roche-sur-Yon.

 
[12]

Une "croix hosannière", était un monument religieux formé d’une colonne surmontée d’une croix, érigé au centre d’un cimetière, comme une sorte de guide pour les âmes des défunts vers la vie éternelle. Son nom vient de l’hébreu "hosanna" qui se traduit par "(Dieu) sauve-nous !".

 
[13]

Ariès (Philippe), l’Homme devant la mort, 1977, p. 68-69 et 73.

 
[14]

"L’école mutuelle" est le nom qui est donné en 1836 au bâtiment M 229 dans les états de sections du cadastre du Poiré (Archives départementales de la Vendée : 3P 178). Cette "école mutuelle" faisait suite à l’école qui existait au Poiré avant la Révolution, et dont l’origine remontait au moins au XVe siècle (cf. Hippolyte Boutin, Chronique paroissiale du Poiré-sur-Vie, 1898, p. 28 : à cette époque, le seigneur de Pont-de-Vie, au Poiré, Vincent de Pont-de-Vie, voulut contester au prieur de Saint-Lienne, de la Roche-sur-Yon, le droit que celui-ci avait de mettre dans la paroisse du Poiré un homme clerc et lettré pour tenir les écoles en icelle ; une sentence rendue à Paris en 1448 maintint les droits du second). Le 20 octobre 1793, son instituteur, Pierre-Louis Bougreau avait été guillotiné à Fontenay-le-Comte comme "brigand de la Vendée" (Louis de La Boutetière, La justice révolutionnaire à Fontenay-le-Comte en 1793, 1879, 16 p.) et il fallut attendre la Restauration pour que l’instruction primaire y fût durablement remise en place, à une époque de controverse entre l’enseignement mutuel qui s’était progressivement établi à partir du milieu du XVIIIe siècle dans les paroisses populeuses, et l’enseignement simultané qui l’emportera bientôt.

 
[15]

Deniau-Lamarre (Théophile) : court tour d’horizon écrit sur "le Poiré-sous-Bourbon" à la fin de "Notes et remarques faites et recueillies, à partir du 16 déc. 1835 jusqu’au 28 déc. 1846, sur les coutumes…" (manuscrit provenant des Archives municipales d’Avrillé, Vendée, 9 p.).

 
[16]

Réponses aux articles 47 et 80 de la Circulaire de Mgr Baillès, datée de Chantonnay le 29 mai 1853, collectant des renseignements concernant les patrons, les titulaires, les fêtes locales, etc. pour chacune des paroisses de son diocèse (Archives du diocèse de Luçon).

 
[17]

Entretien en juillet 2018 avec Marthe Bernard-Archambaud, née en 1939 et habitant alors au "Chemin". Délibérations du Conseil municipal du Poiré-sur-Vie, 19 août 1945 (Arch. dép. de la Vendée : 178 D 15, vue 142/202).

 
[18]

Crozet (René), l’Art roman en Poitou, 1948, 292 p. ; Dillange (Michel), Eglises et abbayes romanes en Vendée, 1983, 264 p. (pour les spécificités des constructions d’art roman primitif, voir les pages 25 à 30).

 
[19]

Cette politique patrimoniale a débuté en 1978 quand la municipalité fit restaurer le retable baroque de cette église, puis s’est poursuivie au fil des ans avec, en particulier en 2000, le classement aux Monuments historiques de ses grandes orgues datant de la fin du XIXe siècle...

 
[20]

Echanges en janvier 2017 avec Mme Véronique Martin, directrice générale des services de la commune du Poiré-sur-Vie, et bon connaisseur de son patrimoine et de sa préservation.

 
[21]

Froidevaux (Yves-Marie), Techniques de l'architecture ancienne : construction et restauration, 4e éd. 2001, 189 p. ; cf. plus particulièrement les pages 39 à 46.

 

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