Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Saint-Michel (étang)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Fortification, tour Masquer
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  • Nature : Fortification, tour
    Précision sur la nature du lieu : étang de protection
  • Localisation : "L'étang Saint-Michel" se situait sur l'emplacement des étroites prairies bordant l'Asson, en amont du "pont Jarlet".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 178 à 186, B 202, 207 à 213, 216, 217
    • Coordonnées cadastrales moderne : AH 139, 435 à 437, 441

Données historiques

Histoire et archéologie

Les origines de "l’étang Saint-Michel" remontent probablement à la fin du XIIe siècle. C’est à cette époque que Montaigu fut doté de nouvelles fortifications qui, remaniées plus tard, donneront à la vieille ville sa configuration générale actuelle. "L’étang Saint-Michel" en constitue la protection sud, à l’est du Château et de la "porte Saint-Jacques". Il était formé par un petit barrage établi sur l'Asson, un peu en amont de l’actuel "pont Jarlet", avec un déversoir de trop plein du côté "faubourg Saint-Jacques"[1]. La retenue d'eau devait avoir environ 300 m de long, et une largeur de l’ordre 40 m pour la partie qui bordait les murailles de la ville et leurs trois tours, toujours visibles aujourd’hui. Ces tours, semi-rondes et pleines, de 7 à 8 m de diamètre et dont le sommet actuel domine d’environ 8 m la prairie en contre-bas, sont à dater elles aussi de la même époque. Plus en amont se voient les vestiges d’une quatrième tour, ronde et creuse, et d’un diamètre plus important d’un peu plus de 9 m. On en trouve une cinquième au nord de la "porte Notre-Dame", et les traces ou le souvenir de deux autres subsistent de part et d’autre du "pont Saint-Nicolas".

A droite de la tour qui est la plus proche du "pont Jarlet", apparaît dans le bas de la muraille le sommet d’un arc de pierre[2] d’une portée de l’ordre de 3,20 m. Sa position dans l’alignement de la rue actuellement dite "de la Communauté", sa situation aujourd’hui presqu’enterrée, l’antériorité manifeste de la muraille où il se trouve par rapport à la construction de la tour voisine, la profondeur du sous-sol rocheux au niveau du "pont Jarlet"[3]… en font un témoin de Montaigu avant ses transformations et ses agrandissements du XIIe siècle. Il pourrait montrer que précédemment l’entrée sud de la ville se situait en cet endroit, et que "l’étang Saint-Michel" n’existait pas encore. Il suggèrerait que la création de l’enceinte du XIIe siècle a pu agrandir la ville jusqu’alors plus réduite, accolée à la Maine et au Château, et centrée sur "l’église Saint-Jean". A l’est lui aurait été intégré ce qui n’était qu’un "faubourg Notre-Dame". Ce serait là l’origine des différences de densité dans le bâti de la vieille ville.

Lorsqu’entre 1476 et 1481, Louis XI fit renforcer les fortifications du Château de la ville de Montaigu, il dut juger la défense apportée par cet "étang Saint-Michel" à cette partie de la ville suffisamment efficace puisqu'il y fit seulement renforcer la "porte Saint-Jacques" par la construction d’un bastion ; il en subsiste d’importants vestiges à l’angle du "chemin de Barbecane" et de la "rue Saint-Jacques". Cependant, en mars 1569 durant la 3e guerre de Religion, c’est par "la queue de l’étang" que l’armée royale commandée par Landreau choisit d’attaquer et de prendre la ville occupée par des huguenots. Ses canons démolirent la tour qui s’y trouvait et firent dans la muraille une brèche toujours visible en 2016.

Quant à la dénomination de l’étang, Gustave Mignen a suggéré qu’elle viendrait d'une chapelle élevée à l’extérieur de la ville, à proximité de la "porte Notre-Dame", et dédiée à saint Michel[4].

Il est difficile de dater la disparition de cet "étang Saint-Michel". A priori, elle a pu avoir lieu en 1586 lorsque le "Château de Montaigu" fut démantelé et que sa digue, retenant les eaux de "l’étang du Château", fut coupée à la suite de la 7e guerre de Religion[1]. Son emplacement se trouva alors occupé par une étroite et longue prairie. Avec les restes de "l’église Notre-Dame" et de ses annexes, elle fut donnée en décembre 1626 par Henri de La Trémoille (1598-1674), alors seigneur de Montaigu et passant pour un huguenot des plus militants[5], à Charlotte et Paule de Fiesques quand elles vinrent y fonder le "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur". Par la suite un petit étang résiduel fut constitué dans la patrie amont et, pour améliorer la qualité de la prairie par un meilleur drainage, le ruisseau fut canalisé dans la partie aval et ses berges empierrées, ainsi qu’on les voit un peu dégradées aujourd’hui (cf. photo ci-contre)[2].

Illustrations

montaigu_st_michel_etang_8.jpg

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Vue aérienne en 2009 de l’emplacement de l’ancien "étang Saint-Michel" avec,
des restes des fortifications de Montaigu plus ou moins dissimulées dans la végétation :
courtines et trois tours du XIIe siècle,
tracé de la partie détruite lors du siège de Montaigu en 1569,
et bastion du XVe siècle de la
"porte Saint-Jacques"
(environ 430 x 125 m, © GEOPORTAIL).

En bas : arc dans la muraille, à droite de la tour la plus proche du "pont Jarlet".

[1]

Mignen (Gustave), l'Ancien Montaigu, conférence du 13 mars 1910 à Montaigu.

 
[2]

Relevés sur le terrain en 2010, 2014, 2015 et 2016.

 
[3]

Cf. les fouilles faites en 1837 pour la reconstruction du "pont Jarlet" (Arch. mun. de Montaigu). 

 
[4]

Mignen (Gustave), les Religieuses Fontevristes de Notre-Dame de Saint-Sauveur à Montaigu, Bas-Poitou (1626-1792), 1902, p. 32, note.

 
[5]

Ibidem, p. 2. Cependant deux ans plus tard, en juillet 1628 lors du siège de La Rochelle, Henri de La Trémoille abjura le protestantisme pour devenir catholique ; pour autant, il ne chercha pas à obliger son épouse à se convertir, ni à interdire le culte protestant dans ses possessions.

 

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