Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Saint-Nicolas (faubourg)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
  • Localisation : Le "faubourg Saint-Nicolas" se situe à la sortie de Montaigu, au-delà du pont Saint-Nicolas. D'abord aligné le long de l’actuelle rue de Vieillevigne, il s'est ensuite étendu le long de la rue Saint-Nicolas tracée après 1810 pour relier Montaigu à La Roche-sur-Yon.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : B 11 à 70, B 100 à 125, B 141 à 182
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AM

Etymologie

Ce faubourg de Montaigu tient son nom du patron de son ancienne paroisse : saint Nicolas de Myre, en Lycie (en actuelle Turquie ; v.270-345). Celui-ci était autrefois un saint très populaire et son hagiographie était particulièrement fournie. Il était invoqué entre autres par les navigateurs et par les mariniers, pour avoir sauvé des matelots lors d’une tempête[1], et son nom a été souvent donné à des paroisses de villes portuaires ou situées le long de fleuves ou de rivières.
La Maine, en dépit de la modestie de son cours, est probablement à l’origine du vocable de cette paroisse de Montaigu, dont l’église avait été érigée en bordure immédiate des prairies inondables qui la longent et très près du pont qui la franchit. 

Données historiques

Histoire et archéologie

Par rapport à la ville, le "faubourg Saint-Nicolas" de Montaigu se situait de l'autre côté de la Maine, le long du "chemin de Vieillevigne". Avant 1789, il se confondait avec la paroisse du même nom, qui n'incluait pas "la Gaudine", relevant de celle de Boufféré, mais qui comprenait depuis 1726 la "chapelle Saint-Lazare". La population de cette paroisse qui disparaîtra avec la Révolution, était alors de l’ordre de 200 habitants[2].

Fin septembre et début octobre 1793, le "faubourg Saint-Nicolas" fut incendié par les troupes de Beysser puis de Kléber[3], et il en resta à peine trois maisons utilisables. Vingt ans plus tard, sur le cadastre de 1814, un peu plus de la moitié de celles qui n’avaient pas disparu entre temps avaient déjà été relevées[4].

L’établissement de la préfecture de la Vendée à La Roche-sur-Yon entraîna, en 1811, la construction d’une route vers cette ville.  A sa sortie de Montaigu, elle doubla l’ancien "chemin de Vieillevigne", et fit disparaître les restes incendiés de "l’église Saint-Nicolas" qui se situait non loin du pont sur la Maine.

Pendant longtemps, le "faubourg Saint-Nicolas" a été habité par une population d’artisans et ouvriers, encore plus modeste que celle du "faubourg Saint-Jacques". Cela se traduisait dans l’habitat, tout particulièrement le long de l’ancien "chemin de Vieillevigne", et aussi dans la mentalité et l’orientation politique de ses habitants[5]. Il en reste encore des traces aujourd’hui, même si, depuis la fin des années 1980, la forte urbanisation y a globalement modifié la composition professionnelle, les niveaux de vie, et les sociabilités. 

Autres mentions

Au début du XIXe siècle, la population du "faubourg Saint-Nicolas", comme le montrent l’examen des registres paroissiaux et d’état civil, les particularités socio-économiques des habitants, l’érection d’un calvaire autour de 1820 (cf. reproduction ci-dessous), et malgré une forte diminution, marquait une grande continuité avec celle qui s’y trouvait avant la Révolution… Elle tranchait avec la population du reste de la ville qui avait été en grande partie renouvelée par les actions des troupes républicaines de septembre 1793 à 1796.


"Vue de la cascade de Montaigu, prise du pré derrière le calvaire"
(lithographie de Gibert, imprimée à Nantes chez Charpentier père, le 15 janvier 1844)

Illustrations

montaigu_st_nicolas_faubourg_3.jpg

montaigu_st_nicolas_faubourg_3.jpg


Le "faubourg Saint-Nicolas" sur le plan cadastral de 1814,
les maisons en jaune sont non-imposables car toujours en ruines, vingt et un an après leur incendie,
et les maisons en rose sont imposables.
Vue aérienne correspondante en 2009 (environ 485 x 245 m,
© GEOPORTAIL).

[1]

Voragine (Jacques de), la Légende dorée, 1261/1266, chap. III – 6 décembre.

 
[2]

Mignen (Gustave), Paroisses, églises et cures de Montaigu "Bas-Poitou", 1900, p. 171 sq. 

 
[3]

Kléber (Jean-Baptiste), Mémoires politiques et militaires, édition 1989.

 
[4]

Plan, état de sections et matrice du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146).

 
[5]

Entretiens en 2012 avec Denise Favreau, née en 1920 et ayant toujours vécu à Montaigu, et avec d’autres anciens habitants de ce faubourg.

 

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