Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Poiré-sur-Vie, Le > Saint-Pierre

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Saint-Pierre" se situe à 2 km au nord-ouest du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section L, 3e feuille (emplacement)
    • Coordonnées cadastrales moderne : sections V et XB
Catégorie : Moulin à vent Masquer
  • Nature : Moulin à vent
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : idem
    • Coordonnées cadastrales moderne : idem

Données historiques

Histoire et archéologie

Le village de "Saint-Pierre" vers 1950 et le 1er septembre 2014
(environ 720 x 750 m).
Si le tracé de l’ancienne route d’avant 1840 du Poiré à Palluau est toujours présent,
celui du chemin de fer à voie étroite de 1901 à 1939 (en rouge) a disparu,
et le remembrement dans les années 1980 a transformé la trame du bocage,
supprimant sans compensation plus de la moitié de la couverture arborée.

Le village de "Saint-Pierre" est la suite de l’acquisition en 1884 d’une partie d’une des métairies de "la Blélière" par Pierre Remaud[1], qui fit édifier des bâtiments à l’endroit où la nouvelle route vers Palluau datant d’une quarantaine d’années, se séparait de l’ancienne. Cette dernière traversait "la Vie" un peu plus bas au "pont de la Braconnerie", constitué depuis des temps immémoriaux par un gué et une passerelle en bois pour les piétons (le "pont"), mais dont le tablier est désormais en béton armé. En 2019, Il se disait  que cet ancien tracé, qui a en partie échappé au remembrement, allait être remis en valeur.

En 1901 on construisit le long de la route un chemin de fer à voie étroite reliant La Roche-sur-Yon à Legé, en passant par Le Poiré et Palluau. Au niveau de "Saint-Pierre", pour rattraper la pente qui était trop importante, on fit une déviation contournant le village, ce qui ne fut pas possible de faire de l’autre côté de "la Vie". Aussi arrivait-il que l’on demandât aux voyageurs de descendre du train pour que celui-ci puisse monter la côte[2]. Cette petite voie ferrée fut fermée au début de l’année 1939.

Petit à petit d’autres constructions s’ajoutèrent à celles des Remaud, abritant une seconde exploitation agricole, des familles de maçons, et la population de "Saint-Pierre" passa de 5 habitants en 1886 à 21 en 1936. Depuis 1968, elle se situe autour d’une douzaine de personnes.

L’activité agricole a cessé dans les années 1980, et les bâtiments ont été repris et convertis en résidences par de nouveaux habitants. Cela s’est parfois traduit par l’élévation de clôtures de séparation, les nouveaux venus étant souvent portés à s’isoler de leurs voisins.

Le haut du village de "Saint-Pierre" et ses deux anciennes exploitations agricoles,
en 1996 sur un dessin d’Olivier Dugast[3],
et, en 2019, certaines de ses façades plus ou moins transformées.

A gauche en arrivant du Poiré, une croix en pierre porte gravé en lettres dorées : "O Crux ave spes unica / Pierre Remaud, Marie Potier et leurs enfants / 1909". Le texte en latin ("Salut ô Croix, notre unique espérance") est le début d’un des couplets du Vexilla Regis, cantique de la Semaine Sainte évoquant symboliquement la Passion du Christ qui apporte le Salut aux hommes. Le titre et premier vers du cantique peut être aussi traduit littéralement par : "Les étendards du Roi s’avancent…". Pour ces deux raisons le Vexilla Regis était chanté en 1793 par les Vendéens quand ils durent combattre les troupes envoyées pour les réprimer et les exterminer. Il n’est pas exclu que l’une et l’autre aient pu intervenir dans le choix de cette inscription.

Bénite en 1912 soit trois ans après son érection, cette croix appartenait toujours, en 2019, à la famille Remaud, qui l’a relevée dans les années 1970 après qu’elle eut été abattue par une tempête, puis en 2004-2005 après qu’elle eut été agressée par une voiture[4].

"La croix de Saint-Pierre" en novembre 2019
(environ 5 m de haut ; enclos 4,5 x 4,5 m)
avec son inscription indiquant qu’elle fut érigée par Pierre Remaud et sa famille
en 1909,
et la petite niche et les cœurs décorant son fut et ses bras.
En arrière-plan d’un dessin la représentant en 1926 :
le
"moulin de la Garde" ou "de l’Arguiller", deux ans avant sa démolition.
(
Ange gardien du 18 juillet 1926, dessin d’Alfred Tallonneau )

En arrière de cette croix et bien avant que Pierre Remaud eût créé le village de "Saint-Pierre", se trouvait un moulin à vent édifié en 1858-1859 par Pierre Blay et ses fils. Il était connu sous le nom de "moulin de la Garde" ou "de l’Arguiller", et plus tard appelé aussi "moulin de Saint-Pierre". Il fut démoli en 1928 ; on n’en a conservé qu’un vague petit dessin[5].

Autres mentions

A 250 mètres au nord-est et en contrebas de "Saint-Pierre" se trouve un champ pentu descendant vers "la Vie" et qui, en 2019, était occupé par un petit bois de sapins. Il porte le nom de "vieille ouche", et on prétendait qu’il y existait un souterrain, ce qui fut constaté dans les années 1970 par celui qui l’exploitait alors[6]. Un gros talus à sa proximité immédiate contient des pierres susceptibles de provenir d’anciennes constructions. De plus, son nom de "ouche" évoquait autrefois un terrain de bonne qualité, car bonifié par les effluents d’étables proches, et utilisé en potager ou en petit pâturage.

Tous ces éléments amènent à penser qu’à une époque difficile à déterminer, ce lieu a pu être un lieu d’habitat[7].

A droite, le chemin conduisant de "Saint-Pierre"
au terrain présentant des traces de souterrain,
et à gauche, une vue de ce terrain occupé en 2019 par un bois de sapins.

[1]

Acte de vente établi le 31 octobre 1884 devant Mre Ernest Auger, notaire au Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 24 / 112 à 147).

 
[2]

Témoignage recueilli dans les années 1960 auprès de membres de la famille Perraudeau habitant avant 1939 au "Chiron", de l’autre côté de "la Vie".

 
[3]

Dugast (Olivier), Le devenir du bâti ancien dans le Bocage de Vendée à travers l’exemple du Poiré-sur-Vie, 1996, p. 18.

 
[4]

Entretiens avec un membre de la famille Remaud à "Saint-Pierre", début novembre 2019.

 
[5]

Vincent (Eugène-Marie), les Moulins du Poiré-sur-Vie, 2012, 42 p. Etude inédite, s’appuyant sur la carte de Cassini, les documents cadastraux, les actes notariés, les registres d’impositions, et des relevés systématiques sur le terrain.
Le dessin du moulin provient de "l’Ange gardien", bulletin paroissial du Poiré à l’époque.

 
[6]

Cette présence d’un souterrain a été attestée en 2019 par Claude Rocheteau de "la Nilière", qui exploita cette terre jusqu’en 1980. 

 
[7]

Les éléments poussant à ces conclusions sont donc : la topographie (haut de versant et proximité d’une rivière), la présence de matériaux ayant pu servir à d’anciennes constructions, l’existence d’un souterrain (qui en des temps éloignés a pu être un refuge pour les habitants en cas d’insécurité), un toponyme caractéristique d’un lieu proche d’habitations. L’association de ces éléments se retrouve en bien d’autres endroits de la commune du Poiré.

 

Nous écrire