Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Sainte-Anne

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Sainte-Anne" se situe à 2,5 km au nord-est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section M, 3e feuille
    • Coordonnées cadastrales modernes : sections X et YA

Données historiques

Histoire et archéologie

"Sainte-Anne" est un village situé à l’endroit où le chemin allant à "Montorgueil" quitte la route menant  à "la croix Bouet" et à "la Remaudière". Il est constitué d’une seule maison, avec son puits de l’autre côté de la route. Ce n’est qu’en 1906 qu’on le voit apparaître dans les recensements. Jusqu’à cette date, la famille du meunier Louis Fillâtre qui y habitait, était comptée dans "Montorgueil". Et c’est probablement au prénom de son épouse, Marie-Anne, que "Sainte-Anne" doit son nom.

"Sainte-Anne", son puits et son pont sur "la Vie", le 17 avril 2022,
et les particularités géologiques à l’origine du nom du
"guy nère"
( environ 1150 x 1100 m ).


Le pont voisin sur "la Vie", connu sous le nom de "pont de Sainte-Anne", a été construit à la fin du XIXe siècle. Contrairement à beaucoup d’autres, il ne fut pas emporté par la crue brutale de la nuit du 26 au 27 octobre 1909[1]. Dans les années 1970, il fut élargi, et passa aussi d’une arche à deux arches ; depuis, seuls ses deux parapets datent de son origine.

Auparavant c’était à gué ou par une "planche" dite la "planche de la Bardinière" qu’on franchissait la rivière en cet endroit qui était appelé "le guy nère" ("le gué noir"). Un nom qui se retrouve en d’autres endroits de la commune, comme près de "l’Aubonnière", à "la Piglière". Dans l’un et l’autre de ces endroits affleurent des filons de phtanite, une roche généralement noire[2].

Entre les deux guerres mondiales, Louis Fillâtre (né en 1860) abandonna son activité de meunier, et dans les années 1950 sa petite dizaine d’hectares furent repris par Eugène Gauvrit (1924-2003), qui venait de "la Proutière" voisine et qui fut le premier et dernier agriculteur à temps plein de "Sainte-Anne".

 

Autres mentions

Eugène Gauvrit fit aussi partie de ceux qui, durant l’été 1944, rejoignirent le maquis du bois des Gâts, dit "le maquis de Charette", sur Saligny / Dompierre. Il y avait été entraîné par un des instituteurs de l’école Saint-Joseph de "la Jamonière", avec Martial Moreau du "Beignon-Jauffrit", André Richard du "Chêne vert", Jean Chéneau et Henri Leignel du haut de "la place du marché", et bien d’autres du Poiré. Après la Libération de la Vendée en septembre 1944, et avec la plupart d’entr’eux, il s’engagea dans l’armée régulière et alla combattre jusqu’en mai 1945 du côté de Machecoul, sur le front sud de la poche de Saint-Nazaire[3].

Sur les 10 h 10, un dimanche matin autour de 1970 :
Jean Cornu de
"la Pampinière" et Eugène Gauvrit de "Sainte Anne"
au café des chasseurs.
( photo J. Dannenhoffer )

 

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Sur les inondations catastrophiques d’octobre 1909, voir les journaux de l’époque, comme l’Etoile de la Vendée du 31 octobre 1909, ou, en y corrigeant les erreurs de dates et de lieux, l’article de Samuel Guiet dans l’Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée, 1941, p. 19-24 (Arch. dép. de la Vendée : BIB PC 16/35).

 
[2]

Chèvremont (Philippe), Carte géologique de la France, feuille 561 du Poiré-sur-Vie, et notice p. 25-26, 2008. On remarquera par ailleurs qu’à deux cents ou trois cents mètres en amont du "pont de Sainte-Anne", la rivière coule directement sur le rocher.

 
[3]

Sur ce maquis, voir : Historique du Maquis R-1 de Dompierre-sur-Yon et du 2e bataillon vendéen FFI du 93e R.I. – 1944-1945 (1994, 48 p.), de Gaston Lorioux, qui en avait été le commandant. Son nom provient de ce que le bois des Gâts avait été en son temps un refuge de Charette, et de ce que ceux de ce maquis étaient eux aussi animés d’un esprit de résistance à une oppression, ce qui se traduisit dans le refrain de son chant : "Debout les Chouans, partons le cœur en fête, / V’la les enfants du Maquis de Charette. / […] Pour que la Vendée renaisse / Chassons les Allemands". Un état d’esprit qu’on retrouve chez ceux des maquis des Bouillères de Boufféré, de la Rairie de Bazoges-en-Paillers… ou encore chez ceux constituant le Comité Départemental de la Libération de la Vendée, de fin septembre 1944 (cf. la Vendée libre, n°7, du 4 octobre 1944). Par la suite, ce Comité fut amené à intégrer d’autres résistants, plus tardifs et plus dépendants d’organisations politiques.

 

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