Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Sainte-Marie

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : quartier urbain
  • Localisation : "Sainte-Marie" se situe à 500 m au sud-ouest du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section G, 1re feuille
    • Coordonnées cadastrales modernes : section AH

Données historiques

Histoire et archéologie

en construction

Autres mentions

La famille Tenailleau à l’origine de "Sainte-Marie", a eu un rôle important dans différentes assemblées municipales du Poiré[1], en particulier après 1884, année à partir de laquelle le maire y fut élu par le Conseil municipal et non plus nommé par le Préfet.

Les descendants de Jean Tenailleau, de "la Tenaillère",
conseillers ou maires de la commune du Poiré entre 1790 et 2022.
(généalogie simplifiée, source E.-M. Vincent


C’est ainsi qu’en juin 1888, Jean Tenailleau (1833-1889) fut élu maire du Poiré. Sa famille composée de laboureurs et de meuniers[2] venait de "la Tenaillère" où le plus ancien de ses ancêtres connus, appelé aussi Jean Tenailleau, mourut en 1756. On trouve son oncle Mathurin (1797-1864) dans le Conseil municipal du Poiré entre 1838 et 1851, puis son père Jean (1809-1880) entre 1853 et 1870. Ce dernier avait fait construire en 1864 un moulin à vent près du "Plessis" où il était venu habiter, puis fut à l’origine en 1868 de l’actuel "moulin à Elise", et c’est lui qui fit édifier en 1872 la maison de "Saint-Marie".

Après son décès l’année suivante, son frère, Pierre Tenailleau (1837-1906) fut élu à son tour. Il sera maire du Poiré jusqu’en 1906 : le 25 décembre il signait l’acte de naissance de Marie Gouas (1906-1995) née la veille, et il mourut le lendemain, 26 décembre 1906. En avril 1902 et comme de nombreux autres maires, il avait été suspendu de ses fonctions par le Préfet (mais restant conseiller municipal) dans le cadre de la querelle scolaire de l’époque, avant d’être réélu en mai 1904. Durant cette période, ce fut son ami et adjoint Auguste Remaud, dit "Macaire", qui tint le rôle de maire.

En mai 1908, Eugène Tenailleau (1862-1944), fils de Jean et donc neveu de Pierre, fut élu maire. La guerre de 1914-1918 n’ayant pas permis la tenue d’élections en 1916, il le resta jusqu’en 1919. L’intérim entre fin décembre 1906 et mai 1908 avait été assuré par le notaire Henri Dorion.

En décembre 1919, Henri Tenailleau (1865-1941) fut élu maire. Il était un cousin d’Eugène Tenailleau, étant le fils de Pierre, et habitait "près du pont" (…de la route d’Aizenay). Il sera maire jusqu’en décembre 1940 : atteint par la maladie il dut alors abandonner sa charge à son adjoint, Jacques Dugast, et mourut en août suivant.

Au cours des années 1920 et de gauche à droite :
Joseph Mignet et Henri Tenailleau.


Comme en 1916, du fait de la guerre, les élections municipales qui auraient dû avoir lieu en 1941 furent reportées, et le Conseil municipal élu en 1935 fut reconduit. De 1941 à 1945 il sera constitué par des conseillers n’ayant pas été empêchés pour des raisons de mobilisation ou autres, et par 5 nouveaux. Le Poiré ayant plus de 2000 habitants et bien qu’alors les femmes n’aient pas le droit de vote, au moins un des conseillers devaient y être une conseillère[3], en vertu d’une nouvelle loi du 16 novembre 1940. Celle qui fut sollicitée pour cette charge fut Marguerite Tenailleau (1896-1978) qui, par sa mère, était une cousine germaine des anciens maires Eugène et Henri Tenailleau. Elle sera en charge avec Joseph Vrignon[4] de la Commission Assistance aux démunis et aux réfugiés, en un temps ou d’autres conseillers de la commune hébergeaient des familles juives à "la Pampinière" et ailleurs. En mai 1945, elle fera partie des 17 sortants (sur 23) reconduits aux nouvelles élections. Elle sera réélue en 1947, en 1953, en 1959[5].

 

Marguerite Tenailleau, le dimanche 24 mai 1953[6]
parmi les membres du Conseil municipal

lors de la cérémonie de décoration des mères de familles nombreuses.

  

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Délibérations du Conseils municipal du Poiré, de 1838 à 1962, et actes d’état civil du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : AC 178/3-18, et AD2E 178/1-…).

 
[2]

Depuis 1790 et jusqu’en 1884, les maires de la commune du Poiré avaient été, principalement des notaires ou assimilables (Joseph Tireau, Andre-Philippe Danyau, Arsène Bardoul, Armand Landois), milieu social très différent de celui de la famille Tenailleau, qui avait conservé bien des traits de mentalité de ses origines faites de laboureurs et meuniers. 

 
[3]

Parmi celles qui comme Marguerite Tenailleau, devinrent conseillères municipales en 1941, on trouve Hélène de Suzannet à Chavagnes bien connue : pour ses actions de résistance (filières d’évasions, accueils et caches d’enfants juifs, arrestation par la Gestapo…), pour avoir fait partie du Comité Départemental de Libération (cf. La Vendée libre, n°7 du 4 octobre 1944), pour avoir été élue en 1945 Conseillère générale du canton de Saint-Fulgent et une des 33 premières femmes députées (cf. de C. de Pommereau : "Hélène de Suzannet (1901-1961), combats humanistes d’une femme engagée pour la paix et pour l’Europe", in Recherches vendéennes, n°22 / 2015-2016, p. 55-122).

 
[4]

La famille Vrignon est connue pour ses actions de résistance entre 1940 et 1944 : un beau-frère de Joseph Vrignon (1896-1975), l’abbé Pierre Arnaud (1899-1944) fut arrêté pour faits de résistance et déporté en Allemagne où il mourut le 9 novembre 1944 dans le camp de concentration de Husum-Schwesing (J. Villeneuve, L’abbé Pierre Arnaud, 1947, 326 p.) ; un autre de ses beaux-frères, Paul Arnaud, échappa de justesse à l’arrestation et se réfugia dans la clandestinité sur Paris ; son frère aîné, le chanoine Louis Vrignon, supérieur de l’Institution Richelieu à la Roche, cacha des résistants recherchés dans le couvent voisin des Clarisses, et fut membre du Comité Départemental de Libération en septembre 1944 (cf. La Vendée libre, n°7 du 4 octobre 1944). 

 
[5]

Cependant, lorsqu’en 2020 il fut décidé de donner le nom de Marguerite Tenailleau à une rue du Poiré, cela donna lieu à des controverses sur des réseaux sociaux qui furent relayés par des journaux locaux.

 
[6]

Cf. les Délibérations du Conseil municipal du Poiré du 21 mai 1953 (Arch. dép. de la Vendée : AC 178 18, vue 52).

 

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