Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Sauvagère (la Basse)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Sauvagère (la Petite) source : On trouve indifféremment au fil du temps, les deux noms de "Basse Sauvagère" et de "Petite Sauvagère".


Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
Titre Image
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "La Basse Sauvagère" se trouve à 6 km à l’est du centre bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section C, 5e feuille (du Poiré)
    • Coordonnées cadastrales moderne : sections ZP et ZR (de Belleville)

Données historiques

Histoire et archéologie

"La Basse Sauvagère" (ou "Petite Sauvagère") est séparée de "la Haute Sauvagère" (ou "Sauvagère") par le cours de "la Vie", qui se trouve là à 2 km de sa source. Jusqu’en 1850 et en cet endroit, la rivière marquait la limite du Poiré, ce qui mettait "la Basse Sauvagère" dans cette commune, et "la Haute Sauvagère", moins peuplée, dans celle de Belleville dont le bourg est à seulement 1 km.


"La Basse (petite) Sauvagère" en 1766 sur la carte de Cassini,
en 1836 sur le plan cadastral du¨Poiré[1].
et sur une vue aérienne en 2014 (environ 285 x 195 m).
En 2017, l’emplacement de l’ancien étang
vu de l’extrémité du
"pré du bout de l’étang".

"La Sauvagère" est citée en 1260 à deux reprises dans les Hommages d’Alphonse, comte de Poitiers. A cette date, un certain "Faber de la Sauvagère, in perrochia de Pereyo" (dans la paroisse du Poiré), y est déclaré "homo ligius"(homme lige, vassal) du comte de Poitiers, frère du roi Louis IX (saint Louis) et doit, en échange de cette reconnaissance, s’acquitter du paiement de cens et de rentes[2].

L’encaissement du cours de "la Vie" en cet endroit avait permis autrefois la création d’un petit étang alimentant un moulin à eau. Leur présence est signalée en 1766-1768 sur la carte de Cassini, ainsi que celle d’un moulin à vent dit "de la Sauvagère", au-dessus de la rive droite, c’est-à-dire sur Belleville. Mais les uns et les autres avaient disparu en 1836-1837 quand furent levés les cadastres, où seuls se trouvent indiqués les prés "de l’étang" et "du bout de l’étang"[1]. Plus ou moins embroussaillées, on reconnaissait toujours ces deux parcelles sur le terrain en 2017.

En 1866, la construction de la voie ferrée reliant Nantes à La Roche-sur-Yon, puis à La Rochelle et à Bordeaux (et passant sur l’emplacement du moulin à eau), créa une coupure supplémentaire entre les deux "Sauvagères", et y établit un passage à niveau avec la maison de son garde-barrière, et son puits de l’autre côté de la voie.

Les maisons à l’entrée du village en venant du Poiré, font partie des maisons mises en valeur par des restaurations bien pensées depuis les années 2000. A l’époque de la Révolution, elles étaient habitées par les Faverout, Vrignaud, Guyard et Bernard, "de la Basse Sauvagère", qui participèrent à l’insurrection vendéenne et apportèrent leur soutien à la petite troupe de Charette[3] installée en 1794-1795 à Belleville ainsi que dans les villages de toutes les communes environnantes, et qui y résista jusqu’en mars 1796.


En 2017, l’entrée de "la Basse Sauvagère" en venant du Poiré ;
le passage à niveau et son puits ;
quelques-unes de ses maisons, avec certaines, comme en bas à droite,
de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

[1]

Plans et registres cadastraux de 1836 du Poiré et de 1837 de Belleville (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178 et 3P 019). 

 
[2]

Les Hommages d’Alphonse comte de Poitiers, sont une sorte de registre donnant l’état du Poitou, partie du domaine royal prise aux Plantagenets quelques années plus tôt, et confiée depuis 1241 en apanage à Alphonse (1220-1271), frère du roi de France Louis IX (saint Louis). Les fiefs, leurs détenteurs et leurs redevances y sont méthodiquement inventoriés, faisant connaître l’existence à l’époque d’un certain nombre de villages du Poiré et des communes voisines, et de certains de leurs habitants. Provenant des registres XI et XXIV du Trésor des Chartres, rédigés en latin mêlé de français, ils ont été transcrits et publiés en 1872 par A. Bardonnet.

 
[3]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Médiathèques municipales de La Roche-sur-Yon : ms 019) ; voir aussi de Lorvoire (Jean-Claude), "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré-sur-Vie", in Recherches vendéennes, n° 3, 1996, p. 257-299.

 

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