Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Temple (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Église, établissement religieux Masquer
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  • Nature : Église, établissement religieux
    Précision sur la nature du lieu : temple protestant
  • Localisation : L'ancien "Temple" (protestant) se situait le long de la "rue de Tiffauges", entre la "collégiale Saint-Maurice" et la "rue du Grand Logis".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 225, 226
    • Coordonnées cadastrales modernes : AE 305, 406

Données historiques

Histoire et archéologie

C’est de façon bien hasardeuse qu’on attribue la diffusion du protestantisme dans la région de Montaigu à la prédication qu'a pu faire Calvin lors de son séjour à Poitiers, en 1534. En 1560, tandis que les catégories populaires étaient restées catholiques dans leur majorité, la plus grande partie de la noblesse de la région avait adhéré à la religion réformée. Ce fut le cas des seigneurs en titre de Montaigu de 1585 à 1696[1].

En 1616, à la demande des La Trémoille, seigneurs du lieu, et des protestants de la ville, le synode provincial d’Anjou accepta enfin d’installer un pasteur à demeure à Montaigu. Jusqu’alors, le prêche y était assuré par celui de Vieillevigne[2].

Pour remplacer le temple précédent, probablement établi dans le Château, les protestants décidèrent en 1623 d’en bâtir un nouveau sur un terrain vendu par les descendants de l’ancien pasteur, Philippe de Saint-Hilaire de la Bougonnière, tout près de la "collégiale Saint Maurice" qui venait d’être édifiée en 1613. Cela allant à l’encontre des dispositions de l’Edit de Nantes (1598) puis de la Paix d’Alès (1629) entraîna une forte opposition de la population catholique qui, demandant l’application de la loi, obtint momentanément en 1632 l’interdiction de cette construction. Mais il n’en fut pas tenu compte. Celle-ci fut poursuivie et le temple fut achevé en 1638.

Hors des remparts, au-delà de la "porte Notre-Dame", le "cimetière Saint-Michel" était réservé aux protestants. Cependant, sans qu’on signale de répression à Montaigu, leur nombre y régressa au fil des décennies, et en 1683 le dernier pasteur, Marc Guitton, partit. En 1685, avec l’édit de Fontainebleau, le Temple fut fermé.

Par la suite, la présence protestante ne se manifesta plus à Montaigu que par quelques abjurations, la dernière ayant eu lieu le 18 avril 1700. En 1789, on ne trouve pas d’adeptes de cette religion parmi les 1500 habitants de la ville.

Illustrations

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Le 18 avril 1700, sur le registre paroissial de Saint-Jean,
la dernière trace de la présence de protestantisme à Montaigu :
"Suzanne Canteteau, âgée d'environ vint ans, servante domestique chez Mr des Rollandières,
à présent en ceste ville, a volontairement et de son bon gré fait abjuration de l'hérésie,
et protestée de la foy catholique, apostolique et romaine, en conséquence de laquelle
nous lui avons donné, par l'authorité de Mgr de Luçon, l'absolution,
en présence de Mr le Curé de St Nicolas et autres soussignés ; la ditte Canteteau est native des Herbiers en ce diocèse, et a déclaré ne scavoir signer,
et a prié M. le curé de St Nicolas de signer à sa requeste,
Mr Pierre Bridonneau et autres soussignés…".

[1]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d’histoire (IVe-XXe siècle), 1958, p. 38 à 44.

 
[2]

Dez (Pierre), Histoire des protestants du Poitou, 1936, p. 449-450.

 

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