Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Trois Rois (auberge des)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Hôtel, auberge, café Masquer
  • Nature : Hôtel, auberge, café
    Précision sur la nature du lieu : auberge
  • Localisation : La localisation de cette ancienne "auberge des Trois Rois" est très incertaine, peut-être à proximité de l’actuel "carrefour de l’Europe".

Etymologie

Ce nom "d’auberge des Trois Rois" est très probablement à mettre en rapport avec Gaspard, Melchior et Balthazar, les trois "rois mages" des évangiles apocryphes[1].

C’était un nom qui n’était pas rare pour une auberge autrefois : les "rois mages" n’étaient-ils pas l’exemple même du voyageur que les auberges se proposent d’héberger ?

Ainsi en 1750, on trouve à trois lieues au nord de Montaigu sur la route menant vers Nantes, à Aigrefeuille, une "auberge des Trois Rois Mages", toujours existante sous l’actuel nom d’auberge "du Grand-Cerf". Pendant la Révolution, la connotation évangélique de son appellation étant devenue politiquement incorrecte, elle fut renommée "auberge du Pigeon blanc"… Bien que l’on ne dispose pas d’information à ce sujet, on peut penser que c’est de la même façon que le nom de "l’auberge des Trois Rois" disparut lui aussi de Montaigu.

Données historiques

Histoire et archéologie

"L’auberge des Trois Rois" est l’une des cinq auberges du Montaigu d’avant 1789 citées par Georges Laronze[2], les autres étant "la Corne du Cerf", "le Cheval blanc", "l’Écu", "le Grand Louis".

Localisations connues des auberges (*) et cabarets (.) de Montaigu, en 1814/1816,
et la situation probable des environs de la "
porte Nantaise" autour de 1790.
(tableau d’assemblage du cadastre de 1814, environ 770 x 910 m)

Le 9 octobre 1736, Charles de La Roche Saint-André (1709-1780) acquit "une maison située à Montaigu où pend l'enseigne des Trois Roys, moyennant la rente perpétuelle foncière annuelle de 206 boisseaux de seigle, mesure de Montaigu". Le 13 novembre suivant, il l’échangea "contre la maison à l'enseigne du Cheval Blanc"[3] (le long de la "rue du pont Saint-Nicolas", actuelle "rue de la Boucherie"). André Pineau, le nouvel "hôte des Trois Roys", qui mourra vingt-neuf ans plus tard "âgé d’environ quatre-vingt-dix ans", avait été précédemment "l’hôte de l’Ecu". En 1786, le nouveau "traiteur des Trois Roys" était François Muneret[4].

La localisation de cette "maison des Trois Roys" de 1736 est difficile à déterminer. Des indices incertains, comme la localisation de possibles descendants d’André Pineau[5], pourraient la faire localiser le long de l’ancienne "Grand’rue", à proximité de la "porte Nantaise" de l’époque et autour des actuels numéros 22-24 de la "rue Georges Clemenceau"[4]. En face de ces derniers se trouvait au début de la Révolution, la poste aux chevaux, tenue par son maître Jean Vincent, qui participa au soulèvement populaire de mars 1793 et qui mourut en juin suivant. Toutes proches, mais au-delà des "douves extérieures" et de la "porte Nantaise", deux autres auberges donnaient sur l’extrémité du "Champ de foire", dont sans doute celle de "la Croix d’or"  tenue par Jeanne Giraudelle, qui sera selon une solide tradition une héroïne déterminante en septembre 1793 de la bataille de Torfou[6]. Enfin, la maison située aux actuels nos 14-16-18 de cette "rue Georges Clemenceau", abritait alors la famille de Jean Deléard (1728-1796) dont plusieurs filles se réfugièrent à Nantes à la fin de cette année 1793 : le 18 mars 1794 (28 ventôse an II) le tribunal révolutionnaire en condamna une à la guillotine et une autre "à garder prison jusqu'à la paix", une troisième ayant été précédemment envoyée à la noyade. La sentence indique qu’elles "tenaient auberge et café à Montaigu"[7], mais sans qu’on sache s’il s’agissait là de "l’auberge des Trois Roys", pour laquelle on n’a plus de traces dans les années qui suivirent la période révolutionnaire.

Autres mentions

En 1782, on trouvait aussi à Montaigu, une "auberge à l’enseigne du Dauphin"[8], qui aurait pu se situer à proximité du "pont Jarlet".

Plus tard, les données du cadastre en 1814[5] et de la liste nominative du recensement de 1816[9] indiquent qu’à ces dates, six aubergistes étaient installés à Montaigu (dont ceux de "la Coupe d’Or", du "Grand Turc", du "Pélican" et de la poste aux chevaux). Curieusement, bien qu’ils soient tous assez âgés, aucun de ces aubergistes ne se trouvait à Montaigu avant la Révolution, venant de La Bruffière, de Clisson, de Saint-Philbert-de-Bouaine, de Saumur ou d’Eure-et-Loir. C’est une rupture dans la transmission des auberges qui jusqu’alors s’y faisait traditionnellement le plus souvent de père en fils. On trouvait aussi alors à Montaigu seize cabaretiers, parmi lesquels treize peuvent être localisés. Les secteurs de l’ancienne "porte Nantaise" et de la "place des Halles", actuelle "place Charles Dugast-Matifeux", étaient particulièrement bien dotés[5].

[1]

l’Évangile arménien de l’Enfance, in Peeters (Paul), les Evangiles apocryphes, 1914, t. 2, p. 131.

 
[2]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d'histoire (IVe-XXe siècle), éd. 2001, p. 60.

 
[3]

Archives de la famille La Roche Saint-André.

 
[4]

Registres paroissiaux de Saint-Jean de Montaigu (Arch. dép. de la Vendée : AC 146). 

 
[5]

État de sections et matrice du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146). 

 
[6]

Prunier (Pierre-Louis), la Vendée Militaire, 2e édition, 1904, p. 132-133.

 
[7]

Lallié (Alfred), la Justice révolutionnaire à Nantes, 1896, p. 214.

 
[8]

Minutes notariales de Jean-François Goupilleau, 5 mars 1782 (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 27/233-234).

 
[9]

Liste nominative du recensement de 1816 (Arch. dép. de la Vendée : 6 M 232).

 

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