Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Villebois-Mareuil (avenue Georges)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Gare (avenue de la) source : "L'avenue Georges Villebois-Mareuil" a été appelée précédemment "route de Nantes", puis "avenue de la Gare".


Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
Titre Image
  • Nature : Voie de communication (rue)
  • Localisation : "L'avenue Villebois-Mareuil" est le nom actuel de ce qui était appelé autrefois la "route de Nantes", du carrefour de l'Europe au pont du chemin de fer.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A
    • Coordonnées cadastrales modernes : Sections AC, AD

Données historiques

Histoire et archéologie

Au début du XXe siècle, la nouvelle route vers Nantes, qui avait été construite entre 1752 et 1757, fut appelée "avenue Georges Villebois-Mareuil".

Une des chansons populaires attestant de la consternation qui accueillit en France
la nouvelle de la mort du colonel Villebois-Mareuil, le 5 avril 1900, au Transvaal,
à une époque où la France était autant anti-britannique qu’anti-allemande ;
et sa nouvelle statue, en granit, qui remplaça en 1954
celle, en bronze, enlevée par l’occupant durant la guerre 1939-1945.
.

Né à Nantes en 1847, reçu à Saint-Cyr en 1865, Georges Villebois-Mareuil était dans l’infanterie de marine en Cochinchine quand la France de Napoléon III déclara la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. Il rentra en France, mais y arriva trop tard pour que sa valeureuse conduite début décembre dans la 2e armée de la Loire puisse changer quelque chose à la victoire sans appel des armées prussiennes et allemandes.
Ecole de Guerre, Tunisie, Sud-algérien... à 45 ans il était déjà promu au grade de colonel. Mais en 1897, en désaccord avec ses supérieurs qui lui refusaient de participer à l'expédition de Madagascar, il démissionna de l’armée.
En 1899, il partit se battre au Transvaal aux côtés des Boers, attaqués par les Anglais qui cherchaient à s’approprier les mines d’or et les mines de diamants récemment découvertes sur leur territoire. Il prit part à de nombreux combats à la tête de la "légion européenne" et fut tué le 5 avril 1900, à Boshoff où il fut enterré[1].

Son engagement et sa mort eurent un grand retentissement en France qui, déjà germanophobe depuis la perte de l’Alsace-Lorraine en 1870-1871, connaissait alors une forte vague d’anglophobie depuis l’affaire de Fachoda en 1898. Une statue en bronze, par Arthur Guéniot, de Bournezeau, lui fut élevée le 24 août 1902 à Montaigu, près de la gare (photo ci-contre). Elle avait la réputation de tourner le dos à l'Angleterre ! Fondue pendant l'Occupation, elle a été remplacée en 1954 par une nouvelle statue, en granit et moins "va-t-en-guerre" que la précédente, réalisée par R. Benad. En 1976, pour des raisons d’aménagements de voirie, elle a été un peu déplacée.

La demeure familiale de Georges Villebois-Mareuil était Bois-Corbeau, sur Saint-Hilaire-de-Loulay, qui lui venait de sa mère née Cornulier. Sa fille, qui épousera le colonel Paul Taylor (1871-1918), héritera de cette demeure qui était toujours dans la famille en 2017.

Autres mentions

En 1964, le nom de Villebois-Mareuil fut donné au nouveau collège de Montaigu, qui venait d’être construit sur un terrain cédé à cette fin par madame Taylor, descendante du colonel Georges Villebois-Mareuil.

Contigu du "parc des Rochettes", le no17 est (avec plus loin le n°35, le no9 de la rue Saint-Jacques, et plusieurs rue de Gaulle) une des "maisons bourgeoises" de Montaigu construites dans un style 1900 intéressant2. Avec celles de style Louis-Philippe (château des Rochettes, les nos19 rue Chauvinière et 17 Champ de foire), puis celles de style Second Empire (le no15 Champ de foire et les bâtiments administratifs telles les halles, la mairie, la gare, l’église, les écoles publiques…) et, dans les années 1920 et 1930, les constructions dans le style "villas balnéaires" (les nos12 rue de Vieillevigne ou 7, 9, 13 des Olivettes), elle s’intègre à Montaigu au mouvement qui s’est développé tout au long du XIXe siècle pour aboutir après 1950 à une disparition, qui semble définitive, d’un style architectural local.

Éléments de style architectural 1900 du n°17 de l’avenue Villebois-Mareuil : (1) toit en ardoise, (2) corniche, (3) fronton, (4) encadrements d’ouverture travaillés, (5) chaîne d’angle, (6) bandeau, (7) jardin clos de grilles et de murs hauts, (8) garde-corps ouvragés, (9) soubassement de pierres visibles[2].

[1]

Jean-Claude Lorvoire, "la 'Vendée africaine' contre les Anglais", in Recherches vendéennes, n°6, 1999, p. 19 à 23.

 
[2]

Conseil d’Architecture, d’urbanisme et d’Environnement de la Vendée (CAUE), Bien construire entre Sèvre et Maine, 2014, p. 52.

 

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