Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Graphies connues

Villefavreux (XVIIIe s.) source : archives notariales[1] et carte de Cassini


Nature(s) du lieu

Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
  • Nature : Siège d'exploitation agricole
    Précision sur la nature du lieu : ferme

Etymologie

Précisions étymologiques générales
Ville : Employé dans un toponyme, il signifie village, lieu d'habitation, et non agglomération d'importance.

Le toponyme provient d'un nom de terre dans l'Orléanais appartenant à la famille de Loynes (Villefavreux).

Données historiques

Histoire et archéologie

La cabanne de Villefavreux "contenant cent cinquante arpens ou environ, située sur le canal de la vie autrement dit le canal de la Chevrotière dans le desseichement du petit poitou" est arrentée en 1684 à François Gillois et Marie Mocquais par Jean-Baptiste de Loynes, seigneur de Nalliers-l'Isleau-les-Tours et son frère Jules de Loynes de Villefavreux ; elle provient des investissements de leur père, Julius, dans le petit-Poitou et le Vieux Desséché de Champagné.

En 1763, Renée Gillois reconnaît - avec d'autres héritiers - devoir payer une part de rente foncière à Jean-Baptiste-Jacques-Daniel de Loynes, deuxième marquis de la Coudraye, en sa maison de Luçon, rue du Port[1], notamment pour "la cabanne de Villefavreux contenant cent cinquante arpens ou environ, située sur le canal de la vie autrement dit le canal de la Chevrotière dans le desseichement du petit poitou"[2].

Le marquis de la Coudraye est alors devenu le "représentant seul" (unique héritier de la rente) de Jean-Baptiste de Loynes (1632-1687), seigneur de Nalliers-l'Isleau-les-Tours et de son frère, Jules de Loynes de Villefavreux (1635-1703), qui avaient baillé à rente foncière et perpétuelle, le 21 mars 1684, 2067 arpents de marais dans les paroisses de Champagné, Sainte-Radégonde et Puyravault. Ces terres proviennent d'investissements de leur père, Julius de Loynes de la Pontherie, et de leur mère, Jeanne Regnier, dans le Petit-Poitou et le Vieux Desséché de Champagné[3]. La rente foncière fut acquise contre un versement annuel de 3300 livres[4] par François Gillois, qui devient la même année fermier général de la commanderie de Puyravault[5], et son épouse, Marie Mocquais. 

Au décès de Marie Mocquais, les biens sont partagés entre cinq filles survivantes ; dans le titre de rente de 1763, quatre branches seulement sont mentionnées[6]. Renée, née en 1693 et baptisée catholique à Champagné, est une de leurs filles[7] ; elle est veuve, depuis 1732, de Jean Mouchard de Chaban[8]. En 1767, la cabane est donc affermée par Renée Gillois à Jeanne Pascaud, veuve de Mathurin Priouzeau (décédé en 1751), qui demeure à la cabane de Beaulieu ; le bail court pour 7 ans depuis la Saint-Michel-Archange (septembre) 1767, à raison de 1100 livres par an ; elle avait quelques jours auparavant renouvelé son bail pour la cabane voisine de l'Espérance, depuis la même Saint-Michel et pour la même durée[9].
Jeanne Pascaud décède en octobre 1774 (environ 70 ans)[10]. Au cours de le ferme de Jeanne Pascaud, c'est André Pageaud, venu de la paroisse de Chaillé, qui devient le bordier, au sixte des grains, de la cabane de Villefavreux[11].

A la mort de Renée Gillois (probablement en 1768), ses deux filles obtiennent l'usufruit de l'ensemble de ses biens, mais la nue-propriété va à son fils, François-Philippe-Amédée Mouchard de Chaban[12], dont "cinq cabanes situées dans le Petit-Poitou et paroisse de Champagné", estimées 104 000 livres[13] : Villefavreux, la Petite-Malmusse, le Fort, la Seuille et Mirande[14].
C'est au nom de François Philippe-Amédée que la Villefavreuse est affermée pour 9 ans à partir de la Saint-Michel 1781[15] à Marie-Madelaine Pellereau et à son fils, François Priouzeau, qui demeurent alors à la cabane de Colombiers contre 1580 livres par an[16].

François-Philippe-Amédée Mouchard meurt en 1781 ; son fils cadet vend en 1795 à Henry Roy, négocant de La Rochelle, "les cabanes de Villefavreuse et, semble-t-il, de Dufort (le Fort) ainsi que la moitié de celles de la Petite Marmeuse (Malmusse) et de Mirande"[17].

Sources et références

Notice historique fournie par Ph. Moreau (sept.-déc. 2021)

[1]

Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, Guillaume Delavergne, 27 avril 1763, 3 E 1674-liasse 2, fol. 255-259

 

 
[2]

Au levant du canal de la Vye (ou de la Chevrotière), et à l'ouest de l'actuel Fossé-de-Dix-Pieds, les terres marquées de la lettre F sur le plan de René Siette, dépendent de la Commanderie de Puyravault : les cabanes de l'Espérance et de Villefavreux ont été attribuées aux Loynes. Voir René Siette, Plan et description particulière des maraits desseichés du petit poictou avecq le partaige sur icelluy faict par le sieur Siette, 1648 ; version avec mentions manuscrites, BNF, consultable en ligne sur le site Gallica

 
[3]

"Vieux-desséché", "Ancien-desséché" ou encore "Marais de Champagné vers la mer".

 
[4]

La rente de 1684 a été passée devant Billon, notaire à La Rochelle. Une moitié fait partie des biens partagés entre Jean-Baptiste-Philippe de Loynes et sa sœur, Gabrielle, en 1699 : revenu de 1650 livres ; l'autre moitié appartient toujours à Jules (de Villefavreux), leur oncle, qui décède en 1703 sans enfant survivant ; sa part revient donc à Jean-Baptiste et/ou à Gabrielle qu'il a choisie pour légatrice universelle (son testament est joint à l'inventaire après décès).

La rente est ensuite confirmée pour Jean-Baptiste-Philippe de Loynes, seigneur de la Coudraye et Jacques-Jules Le Bel, comte de Bussy, époux de Gabrielle, le 19 mars 1719 devant Micheau notaire à La Rochelle; mais Gabrielle décède, sans enfant survivant, en 1739. Le revenu intégral de la rente de 1684 revient alors au marquis de la Coudraye, désormais "représentant seul" de Jean-Baptiste et Jules de Loynes. Voir Guillaume Delavergne, 1763, et Archives nationales, Minutier central, Jean-Antoine Caron, 1 juillet-30 septembre 1699, -ET-IV-300, 4 septembre 1699 : partage entre Jean-Baptiste-Philippe et Gabrielle de Loynes épouse Le Bel de Bussy, vues 125-189/241.  Sur Jean-Baptiste de Loynes, voir sa notice dans le Dictionnaire de Vendéens

 
[5]

Voir Jean Maillaud, notes généalogiques, 2 Num 521 456, Gillois, vers Marans et Champagné-les-Marais (tome 12). A partir de mai 1684, le minutier de René Petit, notaire de Puyravault (étude C) conserve des baux passé par François Gillois en tant que fermier de la Commanderie.  Il demeure dans "sa maison de la Sénechetterie proche le passage de Moureille". Il est décédé avant le mariage de sa fille Marie avec son cousin François Gillois (minutier de Luçon ; Simon Bourdeau, 9 juillet 1702, vues 365-367).

 
[6]

Jean Maillaud, op. cit. La branche de Suzanne Gillois, épouse Duchesne du Mesnil, est éteinte. En 1778, après le décès de la plus jeune des sœurs, les héritiers de Jeanne-Aymée Gillois s'engagent à payer la rente de 825 livres aux héritiers de M. de la Coudraye ; soit le quart de 3300 livres de la rente de 1684 ; Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, Guillaume Delavergne, précité.

 
[7]

Les Gillois et les Mocquais étaient de confession protestante ; en 1683 encore, leur fille, Marie, est baptisée au temple de Marans . Arch. Dép. Charente-Maritime, Etat civil, Marans, registre pastoral 1669-1684, dimanche 23 mai 1683, vue 99/105

 
[8]

Issu d'une lignée protestante, appartenant à la "branche aînée", convertie au catholicisme dès la première moitié du XVIIème siècle, Jean Mouchard, seigneur de Chaban (paroisse de Landrais, Aunis, Charente-Maritime), est le fils d'un "marchand"/officier/financier qui avait anobli sa lignée par l'achat, en 1692, d'une charge de "Conseiller secrétaire du Roi, Maison et Couronne de France et de ses finances". Jean entre dans la carrière des armes en 1704, épouse Renée Gillois "de Prédeville" en 1714, décède en 1732. Voir Erick Noël : "Les Mouchard de Chaban au XVIIIe siècle : du commerce outre-mer à l'aventure parisienne", Revue de la Saintonge et de l'Aunis, t.XXII, 1996, pp. 49-76 (disponible sur Gallica) ; l'auteur a notamment utilisé les archives du château de la Malmaison, Marie-Anne Françoise Mouchard ayant épousé Claude de Beauharnais.

 
[9]

Arch. dép. Vendée, minutier du canton de Chaillé-les-Marais, Moreilles, 3 E 51 71, Pierre Garnier 1758-1767, 6 octobre 1767 : bail de la Villefavreuse, vues 192-196/196 ; pour l'Espérance : 950 livres par an ; la cabane appartient à Jeanne-Aymée Gillois, sœur de Renée ; l'Espérance provient également de l'arrentement initial de 1684 par François Gillois et Marie Mocquais ; Pierre Garnier, 20 septembre 1767, bail de l'Espérance, vues 182-183/196

 
[10]

Les enfants survivants de Mathurin Priouzeau et Jeanne Pascaud sont majeurs et ne sont pas mentionnés dans les baux ; cinq d'entre eux sont nommés dans son acte d'inhumation. Jeanne Pascaud est donc "fermière" et plutôt "âgée", ce qui rend probablement obligatoire d'installer un bordier dans chaque cabane.

 
[11]

"Depuis la Saint-Michel dernière". Voir Arch. dép. Vendée, minutier de Chaillé-les-Marais, 3 E 51 17, Jean-Baptiste Buhaud de Courcelle 1769-1771, dimanche 23 avril 1769 : acte d'assemblée des habitants de Sainte-Radégonde-des-Marais, Mathurin Priouzau étant syndic, à propos de la taille d'André Pageaud, vues 13-14/198. Une définition économique des bordiers des marais est formulée lors de l'assemblée des habitants de Champagné-les-Marais de 1751 : "les bordiers [...] jouissent des [...] terres au sixte des fruits" et malheureusement, trop souvent, sans baux écrits. Voir Arch. dép. Vendée, minutier du canton de Chaillé, Champagné-les-Marais, 3 E 53 31, Raymond Bauld 1751, 31 janvier : acte de communauté à propos des prétendues lettres de noblesse de Benoît Bouzitat de Sélines et de sa demande d'être rayé du rôle de la taille, vues 26-27/118. Benoît Bouzitat de Sélines est le fils de Jeanne-Aymée Gillois, et son épouse, et cousine germaine , Marie Gillois, est également une petite-fille de François Gillois et Marie Mocquais.

 
[12]

François-Philippe-Amédée a épousé en 1738 sa cousine, Anne-Louise Mouchard (Erick Noël, op. cit.), la sœur cadette de Marie-Anne-Françoise Mouchard; plus connue sous le nom de "Fanny de Beauharnais" celle-ci est la tante par alliance de Joséphine et la marraine d'Hortense.  

 
[13]

Cf. Erick Noël, op.cit., et Arch. dép. Vendée, Bureau de l'enregistrement de Fontenay-le-Comte, Registres des formalités, Insinuation selon le tarif, 2 C 463, 4 janvier 1769, vue 7/104

 
[14]

La cabane de Mirande a été acquise également par François Gillois et Marie Mocquais, indépendamment de l'arrentement de 1684 ; elle constitue en 1760 le premier lot du partage de la succession de François-Augustin Gillois (fils de Marie) qui échoit à la Dame de Chaban (Renée Gillois), sa tante maternelle. Voir Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, Guillaume Delavergne, 3 E 1671-liasse1/fol.260-267 : partage des biens de François-Augustin Gillois de Prédeville, 7 juin 1760, vues 332/378 et suiv.    

 
[15]

Le bailleur demeure à Paris ; il est représenté par Louis Durand de Lavaux-Martin, son cousin germain, fils de Marie-Madelaine Gillois. La hausse du fermage est donc supérieure à 43% depuis 1767. Voir Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, Guillaume Delavergne, 3 E 1691-liasse1/fol.73-74, 17 février 1780, vue 91/276 et suiv.

 
[16]

François Priouzeau est "journalier" et déjà veuf lorsqu'il signe son contrat de mariage avec Marie-Madelaine Pellereau en 1748 (minutier de Chaillé-les-Marais, René Chauvet, 7 septembre 1748); la dot de l'épouse est de 500 livres. Peu après (1749 ?), les époux prennent à ferme la cabane d'Orange ; leur bail est renouvelé pour 9 ans à partir de la Saint-Michel (septembre) 1758 ; mais ils demeurent aux Portes de Vienne, toute proches (minutier de Chaillé-les-Marais, Moreilles, Pierre Garnier, 27 octobre 1758, vues 5-7/196 ; le bail est ratifiée par Marie-Madelaine Pellereau le 10 novembre. Mineur âgé d'environ 22 ans, François(-Venant) Priouzeau et né en octobre 1759 et demeure toujours au Colombiers lorsqu'il signe son contrat de mariage en 1785 avec une fille du maître de poste aux chevaux de Moreilles. Voir Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 101, Jean -Claude Pillenière 1785,  

 

 
[17]

Erick Noël, op.cit. Son frère aîné, François-Louis-René qui avait été officier des Gardes françaises devint préfet, conseiller d' Etat et comte d'Empire. La notice qui lui est consacrée dans Wikipédia (octobre 2021) ne mentionne pas le travail d'Erick Noël.

 

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