Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Poiré-sur-Vie, Le > Vivier (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Le Vivier" est situé à 5 km à l’est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section C, 5e feuille (cadastre du Poiré)
    • Coordonnées cadastrales modernes : section YB (cadastre du Poiré) et section ZR (cadastre de Belleville)

Données historiques

Histoire et archéologie


"Le Vivier" sur une vue aérienne en 2014 (1450 x 760 m), 
et en 1836 sur le plan cadastral du Poiré,
avec l’emplacement de l’ancien "moulin des Vignes",
la limite entre Le Poiré et Belleville avant puis après 1850,
et une pierre blasonnée qui, près de
"Lande blanche" à la fin du XVe siècle,
bornait la principauté de la Roche-sur-Yon.

En 2109, 
"le Vivier" de Belleville vu du "Vivier" du Poiré.

Le village du "Vivier", qui faisait depuis toujours partie de la paroisse du Poiré, était constitué, dit un acte de 1743, par "une métairie dépendant du domaine des Princes de la Roche-sur-Yon"[1]. Cette métairie était une des plus grandes du Poiré, ce qui, joint à sa proximité de Belleville, peut expliquer qu’elle ait été de celles ayant le plus contribué par ses fournitures à soutenir l’armée de Charette durant l’insurrection vendéenne[2], et en 1836, elle s’étendait sur 60 ha, dont 20 ha de landes. Lorsqu’en 1850 la limite entre Le Poiré et Belleville fut déplacée, les terres du "Vivier" chevauchèrent les deux communes, les bâtiments se retrouvant sur celle de Belleville. Quelques décennies plus tard elle fut divisée, et de nouveaux bâtiments furent construits sur des parcelles situées sur le territoire de la commune du Poiré.

Fin octobre 2019, au "Vivier" côté du Poiré : l’habitation en cours de rénovation,
et dans une niche en haut du pignon de la grange-étable,
saint Christophe veillant sur le village.
Au fond, une des maisons de
"l’Arnaudière".

Ces deux exploitations de la fin du XIXe siècle se perpétuèrent dans leurs structures foncières jusqu’autour de l’année 2000.
L’agriculteur et l’agricultrice du "Vivier"[3] du Poiré qui y exercèrent leur activité de 1970 jusqu’un peu avant 2010 en ont été les derniers. Ils ont été représentatifs des profondes mutations et des efforts d’adaptation que leur profession a connu à cette époque : suivi d’une formation supérieure, augmentation des surfaces (de 27 à 44 ha), passage au travail en commun (grâce à la création en 1976, avec trois autres partenaires de "la Davissière", du GAEC "le Parasol"), adoption dès leur départ de circuits courts de commercialisation avec la vente de lait cru à domicile, choix d’un troupeau de blondes d’Aquitaine, inscrit à l’Organisation de sélection de cette race et maintes fois primé…
Ceci en même temps que l’agriculture voyait ses effectifs divisés par huit en un demi-siècle.

Les troupeaux de vaches allaitantes, blondes d’Aquitaine et charolaises,
de l’une et de l’autre des exploitations du
"Vivier" en 2000.

Quelques-uns des nombreux trophées, coupes et prix
remportés dans différents concours
par la ferme du
"Vivier" du Poiré, avant et après l’an 2000.

A 600 mètres au sud-est du "Vivier", sur une zone autrefois en landes, se trouvait depuis des siècles et jusqu’à la guerre de 1914-1918 "le moulin des Vignes", accompagné de la maison de son meunier. Ce moulin (ou un prédécesseur) est présent en 1768 sur la carte de Cassini[4]. En 2020, il avait depuis longtemps disparu, n’en subsistant, perdus dans l’épaisseur d’une large haie, que des vestiges de la maison : son puits, quelques tuiles, et des restes de murs d’environ 2 mètres de haut. 

"Le moulin des Vignes" sur la carte de Cassini en 1768,
et l’emplacement en mars 2020
des vestiges couverts de lierre de la petite maison de son meunier.


Autres mentions

A 800 mètres à l’est du "Vivier" se trouve "le Petit Beaulieu", village qui à la réputation d’avoir vu passer le roi de France Louis XI dans ses murs. En 2017, il y subsistait un bâtiment présentant des caractères architecturaux ayant toutes les chances de remonter au XVe siècle.

Louis XI, qui régna de 1461 à 1483, est bien venu dans la région alors qu’il s'efforçait de mettre fin à l’indépendance bretonne. Quand il signa à Poitiers, le 8 décembre 1472, une trêve d’un an avec le Duc François II de Bretagne, il entretenait déjà une troupe de plus de 120 hommes dans le château et la ville fortifiée de Montaigu[5], dans laquelle il se rendit ensuite pour s’assurer de son intérêt stratégique et en négocier l’acquisition. Ce que, moyennant compensations, consentit le seigneur du lieu, Louis de Belleville-Harpedane qui, comme son nom l’indique était aussi seigneur de Belleville[6]. C’est à cette occasion que Louis XI serait venu entre le 1er et le 5 janvier 1473[7] au "Petit Beaulieu", pour chasser sur les terres voisines.

En 2017 au "Petit Beaulieu" : le dernier des bâtiments contemporains de Louis XI,
avant sa transformation deux ans plus tard.

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Selon un acte  à dater autour de 1743 (Archives de Fonteclose : fond Mauclerc, 217).

 
[2]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Méd. mun. de La Roche-sur-Yon : ms 019) : réquisitions au Vivier.

 
[3]

L’essentiel des informations sur "le Vivier" contemporain proviennent d’entretiens en 2019 avec Denis et Chantal Bourcier, anciens agriculteurs du "Vivier" et y habitant.

 
[4]

Carte de Cassini, feuille 132 – les Sables, 1768-1770.

 
[5]

Cf. les mandements royaux de Louis XI du 13 mars et du 7 avril 1465 dans : Vaesen (Joseph), "Catalogue du fonds Bourré à la Bibliothèque nationale", Bibliothèque de l’école des Chartes, tome XLIV, 1883, p. 302-303.

 
[6]

Un traité définitif de cession de Montaigu au roi de France fut signé le 4 août 1473 à Sablé par Marguerite de Culant, épouse de Louis de Belleville-Harpedane, et ratifié par celui-ci le 26 décembre suivant (Paul Guérin, Archives historiques du Poitou, vol. 38, p. 395-400).

 
[7]

Ou entre le 1er et le 5 janvier 1472 selon le calendrier de l’époque, l’année ne débutant alors en France, et jusqu’en 1564, qu’à partir du jour de Pâques (soit pour 1473, le dimanche 18 avril).

 

Nous écrire